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L'Italie s'inquiète d'une augmentation du nombre de migrants arrivant de Libye


Première visite à Tripoli des ambassadeurs de France, GB et Espagne depuis 2014



Après une nouvelle vague de 4.000 migrants arrivés via la Libye en 48 heures, l'Italie s'inquiète de voir l'augmentation du début d'année se confirmer, au moment où ses voisins semblent prêts à fermer les frontières.
 Au total, les autorités italiennes ont enregistré 25.816 arrivées depuis le début de l'année, soit environ 7.000 de plus que l'année dernière à la même date (le total annuel avait atteint 154.000 en 2015) et 4.000 de plus que 2014 (année record avec un total de 170.000).
 Mais la différence s'est surtout faite dans les deux dernières semaines de mars, et comme les départs restent très liés à la météo, il est encore trop tôt pour savoir s'il s'agit d'une augmentation durable ou juste d'une anticipation de la "saison" des départs, qui augmentent toujours fortement à partir d'avril.
 Alors que des responsables européens ont parlé ces dernières semaines de centaines de milliers de candidats au départ en Libye, la presse italienne donnait un fort écho jeudi à des propos du général italien Paolo Serra, conseiller militaire de l'émissaire de l'ONU en Libye Martin Kobler, qui a parlé mercredi d'un million de personnes devant une commission parlementaire.
 Jeudi au micro de la RAI, il a précisé que la Libye, riche pays pétrolier de 6 millions d'habitants, avait toujours compté un million d'immigrés, dont beaucoup n'ont jamais eu l'intention de se rendre en Europe mais dont certains ont commencé à embarquer pour échapper à la crise, au chaos et aux violences.
 "Si on n'intervient pas, à la fin 2016 il pourrait y avoir 250.000 arrivées", a-t-il averti.
 A cela s'ajoute la crainte - pour l'instant non effective - de voir une partie de l'immense flux bloqué par la fermeture de la "route des Balkans" se détourner vers l'Italie, tandis que l'échec du programme européen de répartition et la fermeture des frontières risque de piéger une grande partie des nouveaux venus.
 La France a montré l'année dernière que la frontière de Vintimille pouvait réapparaître et l'Autriche se prépare à des contrôles très stricts au col du Brenner, à la grande "préoccupation" de la Commission européenne.
 Pour l'Italie, comme les années précédentes, l'heure est désormais à la recherche de places dans les structures d'accueil, qui hébergeaient 29.000 demandeurs d'asile en mars 2014, 67.000 en mars 2015 et plus de 106.000 le mois dernier.
 Selon le Corriere della Sera, le ministère de l'Intérieur a lancé un appel aux préfets de région pour trouver 15.000 places en urgence.
Par ailleurs, les ambassadeurs de France, d'Espagne et du Royaume-Uni sont arrivés jeudi à Tripoli pour apporter le soutien de leur pays respectif au nouveau gouvernement d'union nationale, deux jours après la visite du chef de la diplomatie italienne, a constaté un journaliste de l'AFP.
 C'est la première visite de diplomates européens à Tripoli depuis la décision des pays de l'Union européenne de fermer leurs ambassades à Tripoli durant l'été 2014 à cause des combats.
 Les ambassadeurs français Antoine Sivan, britannique Peter Millet et espagnol José Antonio Bordallo sont arrivés à l'aéroport de Metiga avant de se diriger vers la base navale de Tripoli où se trouve le chef du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj.
Ce dernier avait appelé mardi, en recevant le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, au "retour des missions diplomatiques à Tripoli le plus tôt possible et à la reprise des liaisons aériennes directes" avec l'Italie.
 Les trois diplomates repartiront après cette visite avant un possible retour permanent.
 Deux attachés militaires - français et britannique - accompagnent les trois diplomates dans ce déplacement dans la capitale libyenne, selon les services du protocole libyen.

Libé
Vendredi 15 Avril 2016

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