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L’Intérieur s’embourbe dans le traitement des eaux usées

Le Plan national d’assainissement accuse un retard significatif




L’Intérieur s’embourbe dans le traitement des eaux usées
Qu’en est-il des enveloppes budgétaires allouées au Fonds national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées (FALEEU), pour le financement du Plan national d’assainissement (ANA), six ans après sa création ? Créé en 2007 et financé par le Secrétariat d’Etat à l’eau et l’environnement et les ministères de l’Intérieur, de l’Economie et des Finances, ce Fonds a mobilisé près de 1,116 million de DH entre 2005 et 2012.
Selon Mohand Laenser, ministre de l’Intérieur, le FALEEU a participé, entre 2006 et 2012, au financement des travaux dans 163 communes dont 81 ont été achevés, 52 sont en cours et 30 seront lancés prochainement. Une participation estimée à 4 milliards de DH dont près de 50 % ont été financés par le ministère de l’Intérieur, soit 2,14 milliards de DH. « Ces fonds ont permis de préserver le même rythme de réalisations même si on enregistre un certain retard dû au refus de certains propriétaires de payer leurs cotisations », a précisé le ministre en réponse avant-hier à une question orale à la Chambre des conseillers.  
Mohand Laenser a indiqué, par ailleurs, que 73 stations de traitement des eaux usées ont été réalisées et que le taux des eaux traitées dépasse aujourd’hui les 28% contre 7% en 2005 tout en précisant que près de 630 millions de DH seront engagés dans ces opérations. Des propos qui ne semblent pas avoir convaincu les parlementaires. Pour eux, le Plan national d’assainissement accuse du retard. Nous sommes loin d’atteindre les objectifs fixés, à savoir un niveau de raccordement global au réseau d’assainissement en milieu urbain de 75% en 2016, de 80% en 2020 et de 100% en 2030.  Il en est de même pour le volume des eaux usées traitées de 50% en 2016, de 80% en 2020 et de 100% en 2030.
Pour Mohamed Daidiaa, président du Groupe fédéral à la Chambre des conseillers, seuls 300 Mm3 des eaux usées rejetées sont épurées sur un volume total  estimé à 700 Mm3  et qui atteindra 900 Mm3 à l’horizon 2020. Quant aux 400 Mm3 restants, ils sont souvent déversés dans le milieu naturel sans traitement. Des propos confirmés par certaines études qui ont démontré que la plupart de ces eaux usées sont déversées dans le milieu naturel sans traitement et que 8% seulement sont épurées.  L’Atlantique reçoit à lui seul 356 Mm3/an, soit 54 %. La Méditerranée recueille 29 Mm3/ an (4,5%) et  le reste, soit l’équivalent de 659 Mm3 (41,5%), est versé dans les rivières et oueds.
Dix grandes villes rejettent près de 67% contre 33% en provenance de 305 villes moyennes et petits centres urbains.
Le président du Groupe fédéral a remis également en cause les chiffres avancés par le ministre de l’Intérieur concernant le taux des eaux traitées et qui dépasse selon ce dernier les 28% contre 7% en 2005. Pour Mohamed Daidiaa, ce chiffre est erroné puisque ce taux ne dépasse pas les 24 %. Une remise en question confortée par un document du département de l’eau relevant du ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau  et de l’Environnement, datant de 2012, parlant d’un taux ne dépassant pas les 20%. 
Le même document a fait savoir qu’au niveau de la mise en place des nouvelles stations d’épuration (STEP), 49 STEP ont été réalisées contre 21 en 2005 et 33 en cours de réalisation. Le département de l’eau a indiqué que le nombre de STEP avec niveau tertiaire d’épuration a atteint 26 STEP dont 17 achevées et 9 en cours.
Des contradictions qui en disent long sur le retard enregistré au niveau de la réalisation de ce plan alors que des investissements globaux de plus de 15 milliards de dirhams ont été injectés pour accélérer le rythme des travaux, promouvoir la politique environnementale et combler le déficit en la matière. En effet, le PNA recèle de vrais enjeux à la fois de santé publique et de développement économique pour le pays. Pour le Royaume, l’amélioration des systèmes d’assainissement et en particulier de l’épuration, est un défi majeur pour préserver et améliorer la qualité des ressources existantes. Notamment dans un contexte marqué par la diminution de ces ressources et l’augmentation des besoins. Les demandes en eau sont en hausse constante, alors que  les ressources d’eau sont en diminution et leur qualité se dégrade.
A ces enjeux, il faut également rappeler que le Maroc honore ses engagements relatifs à la cible 7C des Objectifs du Millénaire pour le développement qui prévoit de « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base ». Le Maroc sera-t-il au rendez-vous?

Hassan Bentaleb
Vendredi 24 Mai 2013

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