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Karim Zaz retrouve ses juges


L’ex-patron d’Inwi poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation



Karim Zaz retrouve ses juges
Arrêté à Casablanca en mars dernier, l’ex-patron d’Inwi, Karim Zaz, qui devrait comparaître aujourd’hui, pour la seconde fois, devant le Tribunal correctionnel de 1ère Instance à Casablanca, a bien compris qu’il ne s’agissait, en aucun cas, d’un poisson d’avril survenu avant heure. 
En effet, cet homme d’affaires, à qui il est reproché d’avoir détourné et trafiqué des télécommunications internationales, est depuis lors, maintenu en détention préventive à la prison d’Oukacha à Casablanca ainsi que 11 de ses complices présumés. 
Le procès, de celui qui fut considéré comme un excellent manager, a débuté le 11 août dernier pour finalement être reporté à aujourd’hui. 
La Chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Casablanca a décidé ce report pour permettre à la défense, représentée par Me Amine Idriss Lahlou, de préparer ses plaidoiries.
En effet, il ne s’agit pas d’une mince affaire au vu des chefs d’accusation retenus : constitution de bande criminelle, détournement des appels internationaux et faux et usage de faux. Les douze personnes mises en cause sont vraiment dans les choux. D’aucuns ont constaté, au tout début de l’affaire, que cela allait faire du bruit dans le landerneau économique, sachant que l’ancien patron de Wana Corporate, faisait l’objet d’une enquête depuis 2012.
Pour rappel, en ce temps déjà, un brouillage dans le réseau télécom de Wana, émanant d’un quartier à Casablanca, avait mis la puce à l’oreille de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Dès lors, plusieurs plaintes ont été déposées et une enquête a été ouverte par la BNPJ. Il est à rappeler que c’est Inwi qui a été la première à se plaindre et cette année-ci, Maroc Telecom et Méditel viennent de lui emboîter le pas.
Il aura beau rouler des yeux de merlan frit, Karim Zaz n’est pas du tout « Zaz » depuis son arrestation inopinée il y a cinq mois. 
Pourtant, ce fondateur en 1999 de Wanadoo (alors filiale de France Telecom au Maroc), a connu une période faste qui lui a valu d’être l’un de ces golden boys qui ont su saisir assez tôt les opportunités liées à la libéralisation des télécoms amorcée au début des années 2000. L’on se souvient, en effet, que ce polytechnicien formé à Paris, avait procédé au lancement en grande pompe en 2004 de Maroc Connect (Attijariwafa Bank et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) étaient entrés dans le tour de table de Wanadoo Maroc qui devint Maroc Connect suite au désengagement de France Telecom), l’une des premières expériences de portails Internet sous le ciel marocain. Et c’est en 2007 que Maroc Connect devient Wana, troisième opérateur Fixe et Internet 3G au Maroc. Deux ans plus tard, Wana décroche, sous sa marque Inwi, la troisième licence GSM au Maroc. Et en 2010, Wana lance l'offre GSM Inwi et devient le troisième opérateur mobile au Maroc. Mais dans la foulée, Wana a, au courant de cette même année, connu un véritable flop avec la solution de téléphonie à boucle restreinte. S’en est suivi également le « débarquement » de Karim Zaz de Wana. 
Revenons à l’histoire qui défraye la chronique avec l’arrestation tout de même d’un spécialiste avéré des télécommunications, considéré par plusieurs comme étant un esprit brillant et averti. Son avocat, dont la tâche n’est pas une sinécure, clame en tout cas, haut et fort, l’innocence de son client. Pour Me Amine Lahlou, Karim Zaz ferait plutôt l’objet d’une vengeance de collaborateurs dont il s’était séparé en mauvais termes : « Zaz  n’a rien fait d’illégal. Il a juste sous-traité via sa société française à des entreprises marocaines appartenant à certains de ses anciens collaborateurs à Wana -qui ont quitté cette structure en mauvais termes- des contrats d’assistance qu’il avait décrochés auprès d’autres sociétés étrangères. Cela n’a rien d’illégal quand bien même ses sous-traitants marocains seraient soupçonnés de faire dans le trafic international de télécoms », a-t-il plaidé dans la presse nationale.
Pour leur part, plusieurs acteurs du marché des télécoms, avaient estimé les pertes à plus de 4 milliards de DH dont quelque 860 millions de DH pour les trois opérateurs dont Wana, détentrice de la marque Inwi. Vu que le détournement du trafic à l’international se paie en devises, l’Office des changes et la Douane sont entrés en ligne. Ils se sont déclarés partie civile. 

Meyssoune Belmaza
Lundi 18 Août 2014

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