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Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle : 42 millions de personnes se prostituent à travers le monde




Journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle : 42 millions de personnes se prostituent à travers le monde
L’exploitation sexuelle. Un sujet qui a fait et fera encore couler beaucoup d’encre d’autant plus que les victimes en sont généralement les femmes et les enfants.
Le 4 mars de chaque année, la communauté internationale est invitée à marquer un temps d’arrêt afin de prendre davantage conscience de l’ampleur du fléau et de le combattre
Un trafic très fructueux qui brasse des sommes se chiffrant à des millions de dollars à l’échelle mondiale. Il n’a rien à envier au trafic de drogue ni à celui des armes. Il est clair que nombreux sont ceux qui veulent l'expansion d'un marché si rentable. Bénéficiant de complicités à tous les échelons de la société, ils ont les moyens financiers et médiatiques pour faire fructifier leur commerce. C’est ce qui ressort du premier rapport mondial sur l’exploitation sexuelle, publié en France par la Fondation Scelles en janvier 2012. Pour la première fois, un rapport dresse l’état des lieux des réalités et des dangers de l’exploitation sexuelle.
Les constats sont effarants. 40 à 42 millions de personnes se prostituent à travers le monde. 75% d’entre elles ont entre 13 et 25 ans et sont à près de 80% des femmes ou des fillettes. Toujours d’après le rapport, en Europe occidentale, un à deux millions de personnes se livrent à la prostitution en majorité des migrantes victimes de la traite des êtres humains. Peu instruites, originaires de pays pauvres, « importées », « vendues » ou « données » par leur famille, elles sont le plus souvent en situation irrégulière. Privées de leurs papiers et plus ou moins séquestrées, elles sont souvent victimes de toutes sortes de sévices et il est difficile de les repérer pour leur venir en aide.
Par ailleurs, le rapport va plus loin en faisant un rapprochement entre les événements sportifs et l’accentuation des offres des réseaux. Ainsi « Football et JO sont identifiés comme les théâtres les plus connus d'exploitation sexuelle. Les compétitions de Formule 1 ne sont pas en reste», est-il encore souligné. Pour les auteurs, «le Comité international olympique, fidèle à ses liens avec les instances internationales, reste mesuré et discret sur le sujet». Il faudra attendre un prochain rapport pour connaître l'impact des JO de 2012 à Londres sur la prostitution. Le cybersexe est aussi en plein développement. Des sites lui sont dédiés. « Ils font miroiter des carrières de mannequin et utilisent leurs victimes pour recruter d’autres victimes », souligne le rapport.
Qu’en est-il du Maroc? Côté cour, tout un arsenal juridique est prévu. Le trafic des êtres humains est incriminé par l’article 2-274 du Code pénal marocain. L’exploitation sexuelle et le travail forcé sont également incriminés par le même code en vigueur.  Concernant plus particulièrement les enfants, le Maroc a ratifié les principaux instruments internationaux qui soutiennent cette lutte. La Convention sur les droits de l’enfant en 1993 puis, en 2001, son Protocole facultatif concernant la vente d’enfant, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Le Royaume a institué l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) en 1994, adopté le Plan d’action de Stockholm et il a activement participé à la préparation des travaux de la conférence de Yokohama (Japon) sur l’exploitation sexuelle des enfants (2001).La société civile n’est pas en reste. Ainsi, 33 associations ont décidé de constituer, en 2006, une Coalition contre les abus sexuels sur les enfants (COCASSE). Plusieurs autres associations plaident pour la même cause.
Côté jardin, le tableau n’est pas reluisant. Les conditions économiques conjuguées à l’analphabétisme, la précarité, les divorces poussent beaucoup de femmes dans les bras de la prostitution voire dans ceux des proxénètes. Des parents qui ont envoyé leurs filles travailler comme bonnes les ont perdues à jamais. Dans les meilleurs des cas, des associations les recueillent, les sauvant ainsi de la violence de la rue. Le rapport de force est souvent mis en cause.
Mais s’il est une exploitation qui relève de l’insoutenable, c’est bien celle des mineurs.  C’est un sujet tabou mais le voile commence à se dissiper. Le phénomène a pris de l’ampleur avec l’expansion du tourisme sexuel.
La presse fait l’écho de plusieurs affaires qui ont défrayé la chronique et dont sont victimes des mineurs.
La dernière en date a trait aux déclarations d’un ministre français relatives à l’implication d’un confrère dans un scandale de pédophilie à Marrakech. L‘affaire a été étouffée à l’époque. L’Association «Touche pas à mon enfant» s’est constituée partie civile et a porté plainte contre X. Mais combien d’affaires sont passées sous silence et en toute impunité? Combien de pédophiles protégés par le sentiment de la «hchouma» sévissent en toute tranquillité?
Dès lors, peut-on invoquer, comme un droit humain, celui de disposer de son propre corps dans des conditions qui contreviennent si explicitement au respect de la dignité et de l'intégrité de la personne ? Un droit pourtant reconnu par la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, adoptée le 2 décembre 1949 par les Nations unies!

Nezha MOUNIR
Samedi 3 Mars 2012

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