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Jan Fischer, vice-président de la BERD : “La nécessité d’améliorer les conditions de vie des peuples est prioritaire”




Jan Fischer, vice-président de la BERD : “La nécessité d’améliorer les conditions de vie des peuples est prioritaire”
Les travaux de la journée de débat sur les moyens de  «favoriser la croissance et l’investissement pendant la transition», organisée par la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) ont pris fin avant-hier à Casablanca. Une centaine d’experts du Maroc, de la Turquie, d’Europe centrale et d’Europe de l’Est ont partagé leurs expériences concernant les réformes, spécialement en faveur du secteur privé.
En effet, la transition dans le monde arabe offre des possibilités uniques, mais induit aussi de graves difficultés économiques. Les Etats de la région sont confrontés à des tensions sociales et financières croissantes.
Pour ces experts, l’incapacité à prévoir clairement le résultat de cette transition, dont c’est le début du processus qui sera nécessairement long, laisse penser que les défis pour définir un nouveau modèle économique seront nombreux.
En se basant sur  les expériences précédentes en matière de transition, les participants à cette journée estiment que l’enchaînement des réformes politiques, économiques et sociales dans un contexte économique et politique incertain est très important, comme le sont le rôle des institutions publiques, du climat des affaires et des points d’ancrage extérieurs. Selon eux, dans un tel environnement, la durabilité et l’impact du soutien des institutions financières internationales seront fatals.
Dans ce cadre, l’accent a été mis sur les progrès institutionnels réalisés par la BERD pour lui permettre d’opérer en Méditerranée orientale et méridionale. La Banque ambitionne de répondre aux demandes de soutien financier pour faciliter les besoins de financement de la transition.
Pourtant, la BERD n’est pas encore opérationnelle pour agir dans la région méditerranéenne. Elle doit pour cela modifier ses statuts, et la procédure de ratification est en cours, avec le passage devant le Parlement de chacun de ses Etats actionnaires.
Pour le moment, elle ne peut intervenir que via le Fonds fiduciaire qu’elle a institué et doté d’environ 70 millions d’euros. Selon certains experts, la BERD est dans une phase qu’ils qualifient d’investissement humain, pour bien comprendre les besoins de la région.


Libé : La BERD est en train de redéployer ses efforts destinés à la rive sud de la Méditerranée. Qu’est-ce que ce redéploiement pose comme défis et enjeux?

Jan Fischer : Je préfère de ne pas parler d’un redéploiement mais plutôt d’un élargissement de notre zone d’activité. D’ailleurs, cette action a reçu beaucoup d’encouragements de la part de nos actionnaires et de la part du président américain Barack Obama lui-même. Pour nous, il est temps que la BERD s’installe dans la région où l’on a constaté qu’il y avait beaucoup de choses à faire.
Il faut savoir que les transitions sont des processus complexes et longs qui demandent des approches spécifiques. Ils dépassent  la seule sphère financière ou économique. Les questions sociales et la nécessité d’améliorer les conditions de vie des peuples sont également prioritaires et d’une grande importance puisqu’on cherche  à établir des sociétés stables qui s’inscrivent dans la longue durée.
Aujourd’hui, on est en train d’établir des contacts avec les autorités des pays de la région mais pas seulement. Il y a aussi les ONG, les entreprises, et les acteurs de la société civile. On pense que cela est important afin de sonder les avis et d’avoir une idée claire sur les attentes et les ambitions de chaque pays.
Nos priorités dans la région visent en particulier le secteur privé, notamment le marché du travail. On estime que l’investissement dans le secteur privé est capable d’endiguer le problème du chômage et de créer des postes d’emploi. Cela reste très important pour nous, car on estime que c’est un facteur important de la stabilité sociale.

Pensez-vous que l’expérience des pays de l’Europe de l’Est peut- être dupliquée facilement dans les pays de la région ?

 Je crois que c’est possible d’exporter l’expérience des pays de l’Europe de l’Est au monde arabe, même si on a  reconnu qu’il y a certaines différences entre ces deux aires géographiques et qu’’il y a des spécificités propres à chaque pays.
Pourtant, on croit que l’expérience qu’on a pu accumuler sur 20 ans dans les pays de l’Est peut servir d’exemple pour établir des stratégies pour chaque pays de la région. On compte donc  profiter de cette expérience et la mettre en œuvre.

Que pensez-vous du souhait du Maroc de bénéficier du soutien de la BERD et de ses investissements ?

On pense qu’il y a une grande volonté de changement au Maroc, notamment au niveau politique et économique. Dernièrement, on a effectué  une série de dialogues fructueux avec des officiels marocains.
Parmi les secteurs prioritaires qu’on cible au Maroc, il y d’abord le secteur privé qui reste d’une grande  importance vu sa capacité à booster l’économie et à générer des postes d’emploi stables, notamment dans le contexte du chômage des jeunes.
Il y a également le secteur de l’agro-alimentaire, les collectivités locales, l’approvisionnement en eau potable, les systèmes de gestion des déchets, le système bancaire, notamment le crédit pour PME/PMI et enfin, l’utilisation des énergies renouvelables. 

Propos recueillis par Hassan Bentaleb
Mercredi 29 Février 2012

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