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Jalousie et désillusion




Tous des jaloux. Même les Japonais s’y mettent maintenant. A peine avions-nous entrepris de bomber le torse pour avoir vu un des nôtres, fort qui plus est de sa petite trentaine d’années, se hisser au sommet de l’Everest que les Nippons ont cherché à faire de même, mieux, si ce n’est pas pire. Leur casse-cou, à eux, qui a atteint les mêmes sommets se trouve être un vulnérable octogénaire avec, au compteur, pas moins de quatre opérations à cœur ouvert. Des jaloux, il n’y en a pas que du côté  de Tokyo ou de Kyoto, mais un peu partout. Jusqu’au FMI et autres organismes du genre. L’actuel gouvernement, avant qu’il ne soit gouvernement, au gré d’une certaine campagne électorale, et via ceux qui allaient le présider par la suite, promettait un taux de croissance de plus de 7%. Mais toute une bande de jaloux s’accorde à revoir la chose bien à la baisse. Pire que la jalousie, il n’y a pas «mieux» que l’auto-jalousie. Ce serait là une invention purement marocaine. Des exemples ? Il y a un peu plus d’un an, le Maroc était promis à des élections qui ne devaient pas ressembler à toutes celles qui les avaient précédées.
Cela s’est quelque peu avéré. Mais avec des conséquences plutôt néfastes, c’est à croire que, mus par quelque élan masochiste, les électeurs ont tenu à infliger au pays des bleus qui nous font broyer du noir et qui n’ont toujours pas fini d’apprendre, multipliant bourdes, gaffes et bévues.
Et dans le même registre de l’auto-jalousie, c’est le Benkiranator qui tient la palme. On s’est tué, Constitution aidant, à l’installer là où il est, non pas comme premier… truc, mais comme Chef. C’était sans doute trop beau, et pour nous,  et pour lui. Quelques petites semaines plus tard, il nous sort un trop affligeant : « Je ne suis que le chef du gouvernement » !
Têtus comme tout, nous avons persisté à vouloir faire de lui un Chef, un vrai, en lui offrant une tribune mensuelle sous la Coupole pour qu’il nous parle de nos problèmes et surtout des solutions qu’il devrait envisager. Au lieu de cela, il se perd dans des relents de tribun trop tribal, comme si la campagne qui avait précédé les législatives  qui l’ont placé là où il est, était toujours en cours.
Basta, «p’tit chef» ! Trêve de discours aussi populiste que creux, de joutes oratoires où des termes de caniveau le disputent à des vocables puisés dans un glossaire spécial faune.

Mohamed Benarbia
Vendredi 24 Mai 2013

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