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Il faut être américain pour le faire : Contre toute attente, Trump élu 45ème président U.S

Quelles retombées sur les relations américano-marocaines ?




La victoire de Donald Trump aura-t-elle un impact négatif sur le Maroc? Oui, à en croire les déclarations de ce dernier concernant le Royaume et ses citoyens lors de la campagne électorale. En effet, le candidat républicain  n’avait pas cessé de multiplier des  propos désobligeants traitant les Marocains d’« animaux » et de « terroristes » et leur pays de « terre fertile de terrorisme ». 
Les Marocains ne sont pas prêts d’oublier sa phrase : « Nous avons affaire à des animaux » ou celle : « Ils arrivent, ils arrivent » lancée lors d’un meeting à Cleveland (Ohio)  qui parlait des Marocains, mais aussi des Philippins, des Somaliens et d’autres nations qualifiées par le candidat Trump de « terroristes ».
Le candidat républicain n’a pas hésité également à afficher  son allergie aux Marocains en se disant hostile à leur entrée sur le territoire américain car ils les soupçonnent de chercher à tuer les citoyens américains, y compris ceux ayant acquis la nationalité de son pays, qui sont tous, selon lui, des terroristes potentiels venant d’un Etat « terroriste ».
Pourtant, Abdelhamid El Ouali, professeur émérite des relations internationales à l'Université Hassan II de Casablanca et ancien haut fonctionnaire des Nations Unies pense que ces déclarations ne doivent pas être prises au sérieux. Elles doivent être replacées dans leur contexte, celui de la surenchère qui a caractérisé la campagne présidentielle, qui fut l’une des plus virulentes campagnes électorales dans l’histoire des Etats-Unis.  D’ailleurs, les propos outranciers de Trump ne sont pas restés limités au Maroc, mais ont touché d’autres pays. « Ces propos ont été destinés, dit-il, à une frange de l’opinion publique américaine, en particulier les secteurs de la population qui ont été gravement affectés  par la mondialisation ».  Il y a, souligne-t-il, un côté excessif et impulsif chez Trump qui s’est démultiplié lors de la campagne électorale. Mais, la quête du pouvoir est une chose et son exercice, en est une autre. Monsieur Trump devra oublier le premier aspect car il est appelé à diriger la première puissance mondiale. Or, l’exercice du pouvoir suppose de tenir compte d’un certain nombre de contraintes. Il faut se féliciter que son premier discours après l’annonce de son élection comme 45ème  président des Etats unies ait été conciliant et rassembleur.
En réalité, estime Abdelhamid El Ouali, l’élection de Trump est un coup de semonce pour l’establishment américain et les dirigeants des pays occidentaux qui n’ont pas cherché à encadrer la mondialisation de manière à atténuer ses effets pervers pour les classes défavorisées. Il faudrait, dit-il s’attendre à l’émergence d’autres Trump dans ces pays car leurs gouvernements ne semblent pas disposés à adopter courageusement des politiques visant à maîtriser la mondialisation et ses effets dévastateurs. Peut-être, s’interroge-t-il, sommes-nous au début d’une crise similaire à celle qui a emporté la première mondialisation dans les années 1920 et qui a suscité le chaos dans le monde entier ? Peut-être aussi que le premier pays qui sera touché sera les Etats-Unis car la population américaine a été habituée à un niveau de vie auquel elle ne pourra pas renoncer.
Notre source est ainsi d’avis qu’il ne faudrait pas s’attendre à des changements majeurs dans la politique étrangère américaine que ce soit à l’égard du reste du monde ou à l’égard de notre pays «Certes, ajoute notre interlocuteur, Il y aura des changements, mais plus de forme que de fond, plus de méthode que de contenu car le nouveau Président doit tenir compte des contraintes internationales. Il ne peut pas lancer son pays dans des politiques aventureuses. Un changement majeur n’interviendra dans la politique étrangère que si la crise que connaît l’Amérique atteint un seuil de gravité qui deviendrait insupportable pour l’écrasante majorité de la population américaine, ce qui n’est pas encore le cas. Pour ce qui est des relations maroco-américaines, il est à prévoir qu’elles-non plus ne connaîtront  pas de changements radicaux car le Maroc est un allié stratégique des Etats-Unis, surtout à un moment où la position et le rayonnement du Maroc sont dans une phase ascendante à l’échelle du continent africain et du monde arabe ».
Abdelhamid El Ouali est même d’avis que la réadaptation de la politique étrangère américaine pourrait éventuellement être à l’avantage du Maroc. Il est probable que la question des droits de l’homme passe au second plan ou du moins qu’elle cesse d’avoir la même intensité qu’elle a eue sous la présidence d’Obama. Mais, il ne faut pas non plus tomber dans l’angélisme car l’instrumentalisation des droits de l’homme a été inventée par les Américains durant la guerre froide. Elle est devenue un des moyens d’influence des Etats-Unis dans le monde, mais elle revêtira moins d’intensité ». Néanmoins, quoi qu’il arrive, le Maroc est tenu plus que jamais de promouvoir les droits de l’homme car la pression viendra de la société civile qui nourrit en la matière de grandes ambitions pour le pays. Certes beaucoup de Marocains auraient aimé voir Hillary Clinton passer aux commandes car elle connaît bien le Maroc et a entretenu  des relations privilégiées avec notre pays, mais il ne faut pas craindre le pire car les Républicains ont toujours eu une politique favorable au Maroc. « Rappelons-nous à ce sujet, affirme-t-il, le soutien déterminant accordé, en particulier dans l’affaire du Sahara, par feu Reagan et les Présidents républicains qui lui ont succédé. D’ailleurs, il est possible que Trump fasse confiance à des hommes comme Kissinger, qui ont été et demeurent très proches du Maroc, et tienne compte des réalités ainsi que du capital de sympathie qui unit le Maroc aux Etats-Unis sans oublier les considérations stratégiques qu’aucun Président américain, quel qu’il soit, ne peut ignorer ». Mais encore faut-il que les Républicains soient effectivement associés à l’exercice du pouvoir. C’est là une autre paire de manche car tous les calculs pourraient être faussés si le côté impulsif, excessif et imprévisible dans le caractère de Trump l’emporte sur le réalisme traditionnel des Républicains. Dans ce cas, conclut Pr.El Ouali,  ce n’est pas seulement le Maroc qui en ferait les frais, mais aussi l’Amérique et le monde avec.

Hassan Bentaleb
Jeudi 10 Novembre 2016

Lu 1387 fois


1.Posté par DR IDRISSI MY AHMED le 09/11/2016 17:49
Barak, baraka ! Trump triomphe ! Hillary rigole ! Et nous autres indiens on avale les lapidations ..

2.Posté par abdelaziz warrach le 11/11/2016 18:30 (depuis mobile)
Et ben c'est une vue atravers des lunettes optimistes. Cette victoire de trump seme une incertitude incroyable . Elle est capricieuse et deroutante pour tout le monde. Peut-etre c'est une catastrophe qui va nous occuper pendant quatre annees(1461js)

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