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Habitat insalubre : Quand lutte rime avec précarité

Absence d’équipements de base, difficultés d’intégration socio-urbaine, paupérisation, chômage et mobilité réduite …




 
Une étude sur l’inclusion des ménages démunis par le logement en milieu urbain à travers le programme de lutte contre l’habitat insalubre relève que si les programmes de recasement des bidonvillois ont permis l’amélioration des conditions de logement des populations, ils rencontrent, en revanche, des difficultés au niveau de leur intégration urbaine et de leur insertion sociale, en raison du déficit des infrastructures socio-collectives et des mesures mises en place pour accompagner l’opération de recasement.
En effet, l’étude réalisée par le département de la recherche de l’Agence française de développement en collaboration avec le groupe Al Omrane, sur le programme de lutte contre l’habitat insalubre, a démontré qu’en dépit de l’amélioration de leur logement, les familles font face, sur presque tous les sites, à des difficultés d’intégration urbaine sur leur nouveau lieu de vie du fait du très faible niveau de réalisation des équipements socio-collectifs et des équipements de quartiers (fours collectifs, hammams, garderies...). A titre d’exemple, ce document cite certains sites qui ne disposent ni d’équipements socio-collectifs ou de quartier, alors que les ménages s’y sont installés depuis plusieurs années, ni d’une desserte en commerces et services; ni d’espaces verts et d’espaces publics aménagés. A cela s’ajoutent des problèmes de fonctionnement et de gestion lorsque les équipements publics ont été réalisés, d’inachèvement des voiries, d’un éclairage public la plupart du temps défaillant, d’un environnement souvent très dégradé ; les déchets ménagers n’étant pas (ou pas toujours) collectées. En écho à ce constat, et au regard de leur situation antérieure, les ménages ont donc le sentiment d’une dégradation de leurs conditions de vie.
Ils restent ainsi très majoritairement insatisfaits de leur cadre urbain et souffrent du dualisme logement/habitat. Le décalage entre le peuplement des quartiers et la mise en place des équipements et des services est vécu d’autant plus difficilement qu’ils ont le sentiment que cette situation dure depuis trop longtemps et que leurs réclamations sont restées sans réponse. Un sentiment d’isolement et d’être laissés-pour-compte s’installe au sein d’une population très fortement dépendante de l’offre publique de services (éducation, santé, transport). La réponse quasi générale des ménages, face au relogement, est une réduction des dépenses essentielles et une faible capacité à mobiliser de nouvelles ressources suite à l’effort consenti pour accéder au logement. La dépense alimentaire, déjà inférieure à la moyenne nationale, s’en trouve réduite davantage sur la quasi-totalité des sites. Le budget transport demeure encore très élevé comparé à la moyenne nationale. Ce coût, qui est une charge monétaire, amplifie le sentiment d’enclavement et de marginalisation du bidonvillois recasé, spécialement lorsqu’il a quitté un bidonville bien localisé.
Les familles font également des économies au niveau de l’habillement et de la santé. L’accès à Internet et l’achat d’un ordinateur restent un luxe quasiment inaccessible. La hausse des factures d’électricité est vivement critiquée. En certains lieux, on observe même un recul du nombre de logements électrifiés – comme si certains ménages renonçaient à ce confort (ou choisissaient des solutions alternatives, comme le branchement clandestin). Et malgré cette restriction affichée des dépenses, la hausse de la consommation des biens durables (réfrigérateur, machine à laver, cuisinière, télévision) est globalement confirmée. Une baisse est cependant enregistrée sur les sites de Sidi Laarbi et Taddert, alors qu’à Borj Aoulout le niveau d’équipement est le plus faible. Est-ce une dissonance ? Une irrationalité des ménages? Dans leurs représentations mentales, le déménagement, attendu, fantasmé durant des années, exige un certain niveau d’équipement : réfrigérateur, machine à laver, etc. La dépense pour le sacrifice rituel de l’Aïd Al-Adha (toujours en hausse malgré les prix élevés) relève aussi d’un comportement de sociabilisation nécessaire au sein du groupe. L’examen des revenus confirme les difficultés exprimées : la très grande majorité des chefs de ménages ont un revenu inférieur à 2.000 dirhams par mois. Le cumul des revenus de l’ensemble des membres du ménage améliore légèrement la situation. Seul Adrar (Agadir) se détache du lot comme un site relativement privilégié par rapport aux autres sur le plan des ressources.
Peut-on conclure à un appauvrissement des ménages ? La réduction des dépenses essentielles en est un signe. Cependant, avant d’arriver à cette conclusion, on doit aussi reconnaître que ces ménages sont devenus propriétaires et ont, à leur actif, un bien immobilier de plus ou moins grande valeur selon le site, son emplacement et son degré d’achèvement. Cet appauvrissement est-il passager, le temps d’amortir le coût de construction et des différentes formes d’endettement plus ou moins formelles?  L’ensemble des indicateurs étudiés converge enfin vers le constat d’une différenciation socioéconomique importante d’un site à l’autre.
En haut de l’échelle, figurent les programmes Essalam et Adrar alors que Sidi Laarbi et Borj Aoulout se situent en bas. A Essalam, c’est davantage l’accès au tiers associé, que les capacités propres des ménages, qui distingue ce site. Un impact des déplacements sur l’emploi difficile à apprécier pour des populations fortement dépendantes du travail. Les enquêtes quantitatives de l’étude ont indiqué quelques tendances mais traduisent mal les évolutions de nature plus qualitative et à l’échelle des bassins d’emploi.
L’impact du recasement sur l’activité du chef de ménage semble globalement faible. Le taux de chômage est bas et, presque partout, inférieur à la moyenne nationale en milieu urbain. A Taddart notamment, il a fortement fluctué entre la situation au bidonville, celle constatée lors de la première puis de la deuxième enquête (il est passé respectivement de 15 % à 21 % puis à 4 %). Les attributaires travaillent : les charges supplémentaires supportées pour la construction et le paiement des services les y obligent. Ceux qui le peuvent travaillent plus et épargnent pour faire face aux nouvelles dépenses de logement. Le nombre d’inactifs progresse partout, sauf à Taddart. Parmi les inactifs, le nombre de femmes au foyer et des personnes en incapacité de travailler augmente significativement. Les économies familiales, provenant le plus souvent d’un seul salaire au sein du ménage, sont fragiles. La maladie et les accidents de travail entraînent, outre, une baisse des ressources, des coûts additionnels parfois très élevés. Dans ce sens, la solidarité familiale joue un rôle essentiel, en particulier pour les personnes isolées, âgées, sans emploi.
Les ouvriers journaliers ou salariés, les commerçants et les indépendants, notamment ambulants, sont les plus nombreux. Les industries, lorsqu’elles sont présentes, constituent une source essentielle d’emplois pour les habitants de ces quartiers (industrie de la mer et de la pêche à Taddart, zones d’activités industrielles de la banlieue est de Casablanca). Pour lutter contre le commerce informel, les activités commerciales ont été interdites dans les logements. Des espaces spécifiques ont été prévus pour accueillir les activités économiques, mais ils ne sont pas encore livrés ou pas fonctionnels. Dans certains sites, malgré cette interdiction, la plupart des constructions comportent des commerces au rez-de-chaussée. De nombreux bénéficiaires demandent qu’ils soient autorisés à les exploiter pour améliorer leurs revenus; d’autres pensent qu’un trop grand nombre de commerces ne peut être viable. De fait, à Essalam, beaucoup de rez-de-chaussée sont fermés, transformés en logements ou consacrés à d’autres usages tels des salles de prière. En conclusion, malgré le maintien de taux de chômage faibles, la hausse du nombre  des inactifs constitue une source d’inquiétude. L’hypothèse de l’impact négatif du programme sur l’activité des femmes se confirme. La hausse du nombre de femmes au foyer dans plus de six sites en témoigne.
La répartition entre catégories professionnelles (baisse des salariés et hausse des journaliers) indique une dynamique de précarisation de l’emploi. Les revenus sont faibles partout, même à Adrar, site où ils sont pourtant les plus élevés. Ces bas salaires s’expliquent du fait que les métiers les plus fréquents sont ceux d’ouvriers peu qualifiés, de manœuvres ou encore de marchands ambulants. Cette dernière catégorie paraît assez instable, comme s’il s’agissait d’une activité d’ajustement, que l’on adopterait ou abandonnerait en fonction d’opportunités meilleures. Le prêt familial, très présent, renseigne sur la solidarité familiale. La deuxième enquête de l’étude confirme les grandes tendances concernant le mode de financement du logement, également très diversifié (fonds propres, prêt familial, emprunt bancaire, microcrédit, tontine et crédit fournisseur).
L’on constate notamment une faible présence du crédit bancaire et du crédit Fogarim. L’état des impayés crée un climat anxiogène sur les sites concernés. Il est la conséquence des conditions d’octroi des crédits (une simple déclaration sur l’honneur du client), des difficultés d’appréciation des revenus des ménages par les banques, des pressions fréquemment exercées par l’autorité locale pour accélérer la démolition des baraques, mais aussi des risques «d’effet de contagion» dans un contexte de forte pression sociale. Or, le crédit n’est pas un outil de solvabilité des ménages. Il est destiné à des ménages qui ont une capacité d’épargne et donc de remboursement. Comment alors calibrer l’effort financier? Comment distinguer les personnes solvables de celles qui ne le sont pas ? Comment identifier les «vrais» insolvables ?
Une première réponse consisterait à dépasser l’idée largement répandue selon laquelle les ménages bidonvillois sont identiques et qu’ils requièrent un traitement uniforme. Mettre en place un accompagnement social capable de fournir un diagnostic fin du profil des ménages et de leurs capacités économiques est une deuxième réponse. C’est à ces conditions que l’on redonnera au crédit Fogarim son rôle d’accompagnement et que l’on trouvera des solutions adaptées. Si certains ménages ont des capacités d’endettement, d’autres, très pauvres, ne peuvent ni payer ni construire. Aucune solution n’est totalement appropriée. C’est l’adéquation aux situations qui en détermine la pertinence et l’efficacité. Ainsi, la formule du tiers associé appliquée à Essalam avec un impact très positif pourrait être, dans la mesure du possible, une solution parmi d’autres, telles que le locatif, le logement évolutif, etc. L’analyse de l’impact de l’accès à la propriété foncière n’a pas eu la pertinence escomptée du fait du très faible taux de délivrance des titres fonciers individuels (seul un quart des attributaires qui occupent leur lot en dispose à l’issue de l’étude). Ce faible bilan est dû aux lenteurs des procédures d’éclatement des titres mères, aux difficultés d’enregistrement des copropriétés au niveau de la Conservation foncière, au non-paiement du lot par les ménages dans certaines opérations, et aux frais d’enregistrement et coûts associés.
La sécurisation foncière s’inscrit comme un élément important pour 92% des ménages. 70% des ménages disent éprouver un sentiment de sécurité, par rapport au bidonville, et de reconnaissance. L’étude n’a cependant pas permis de tirer des conclusions sur l’impact économique et la contribution à l’amélioration des conditions de vie des habitants de ce changement de statut. Les difficultés rencontrées par ceux qui se sont endettés en hypothéquant leur titre foncier, en particulier à Ain Al Aouda, illustrent toutes les incertitudes à ce niveau. L’absence de titre foncier ne semble pas constituer un frein pour revendre, acheter ou échanger des lots par le biais de pratiques informelles. Le faible niveau d’accès aux titres fonciers dans les opérations, et donc aux bases d’identification des propriétaires, nécessaires au calcul des impôts fonciers et des taxes locales, constitue enfin un manque à gagner important pour l’Etat et les communes. Cette contrainte pose à terme la question des ressources nécessaires à la gestion et à l’entretien des quartiers.
Sur le terrain, la faiblesse de l’encadrement et de la régulation des contrats d’association, la quasi-impossibilité de recours pour les ménages ou de médiation face aux problèmes rencontrés entraînent parfois des situations particulièrement critiques pour les familles (logements inachevés, malfaçons diverses, etc.). Les conflits contrecarrent le succès et l’intérêt du dispositif, même s’ils ne touchent qu’un tiers des ménages concernés. L’occupation des rez-de-chaussée commerciaux et des terrasses des immeubles par des membres des familles complexes ou de nouveaux ménages, constatée lors de la deuxième enquête, risque à terme d’accroître les difficultés de gestion et d’entretien des constructions et d’attiser les conflits entre copropriétaires.
Et si l’étude n’a pas relevé d’importants changements au niveau de la mobilité des actifs, la mobilité des familles semble, en revanche, poser davantage de problèmes. L’enquête montre l’impact négatif des relogements sur la mobilité sociale, scolaire et extraprofessionnelle des femmes et des jeunes notamment, en particulier sur les sites les plus éloignés, avec une baisse des déplacements, liée à de probables restrictions budgétaires des ménages. Cet état de fait expliquerait la faible évolution des budgets de transport, même sur les sites en périphérie urbaine. Toutefois, des questions de sécurité ou des choix répondant aux codes sociaux et aux représentations mentales peuvent aussi, en partie, être à l’origine de la baisse de mobilité dans les nouveaux quartiers. Au total, 60 % des familles ont le sentiment d’une dégradation de la desserte en transport sur leur nouveau lieu de vie. L’insatisfaction est générale concernant l’accès aux transports publics. Elle s’établit entre 90 et 100%. L’absence de bus, très mal vécue, accentue le sentiment d’isolement des habitants.
Ces difficultés renvoient à l’enjeu de la mobilité et de l’accessibilité comme facteurs d’insertion sociale et urbaine des ménages, de surcroît sans équipements ni services publics et privés sur les sites d’accueil durant la phase intermédiaire. Elles mettent en exergue les risques d’une dégradation des capacités de mobilité et d’accès à la ville des groupes socioéconomiques affectés par des opérations de recasement. Des relations sociales fragilisées par le recasement, des difficultés qui touchent en premier lieu les femmes et les jeunes. Les liens de voisinage semblent, dans de nombreux cas, avoir été maintenus, mais les ménages interrogés indiquent que les liens d’entraide et de convivialité sont moins forts qu’au bidonville et constatent une tendance au repli sur soi du fait des difficultés qu’ils connaissent au quotidien. Certaines familles expriment même un fort sentiment d’insécurité lié, entre autres, au regroupement de personnes issues de plusieurs bidonvilles.
Les femmes et les jeunes sont les plus touchés par l’absence d’équipements, d’activités, d’espaces leur permettant de se retrouver. Les mosquées construites sur les sites ne fonctionnent pas et les lieux provisoires créés par les habitants sont réservés aux hommes. Les femmes, libérées de la corvée d’eau, souhaiteraient mettre à profit ce temps pour se réunir, se former ou développer des activités génératrices de revenus. Elles ne peuvent le faire, faute de lieu adéquat et de solutions de garde pour leurs enfants. Elles se plaignent en particulier de l’absence de transports, d’écoles à proximité, de centres de santé, d’espaces publics et de loisirs pour les enfants et les jeunes. Le recasement n’a pas entraîné de déscolarisation massive, même si le phénomène est moins marginal à Borj Aoulout avec 12% d’abandons scolaires définitifs suite au recasement, à Amal, Ain Al Aouda et Taddert avec un taux s’établissant entre 7 et 8%.
Cependant, si les familles sont parvenues à préserver la fréquentation de l’école pour les enfants, elles ont supprimé des activités annexes : les cours de soutien scolaire pour les enfants, l’alphabétisation pour les femmes. Les ménages expriment indéniablement un sentiment de promotion sociale lié au passage de la baraque, symbolisée par son «toit en tôle», sa vulnérabilité aux conditions climatiques, sa saleté, au « ogement», symbolisé par sa construction en «béton armé». De même, être «dans un quartier comme tous les autres» et ne plus être un bidonvillois  leur procurent le sentiment d’une amélioration  de leur situation sociale. L’optimisme et l’espoir que «les choses s’améliorent» habitent la majorité des ménages, indépendamment des situations et des difficultés, et malgré les incertitudes exprimées lors de la deuxième enquête de cette étude. Beaucoup rappellent que l’accès à un logement légal et en dur est un projet de longue haleine qui, au regard des «souffrances» vécues au bidonville, justifie «le prix à payer».
Ce constat n’efface aucunement les sentiments de résignation, de révolte ou d’angoisse liés au poids de l’endettement, voire aux maladies ou même à la mort consécutives au stress et au surmenage exprimés par certains. On se trouve ainsi face à trois types de situations : - le sentiment d’intégration et d’élévation sociale est plus fort chez les ménages qui ont pu mobiliser les ressources pour construire et qui se trouvent dans des dynamiques professionnelles stables (sécurisées) ou ascendantes; - des appréciations plus nuancées émanent d’un groupe intermédiaire, qui reconnaît certaines améliorations, mais dont la situation économique et le logement sont plus précaires, et les perspectives, incertaines ; - le sentiment d’exclusion est particulièrement aigu pour ceux qui n’ont pu encore profiter du bénéfice immédiat des opérations, à savoir un logement amélioré : il s’agit notamment des locataires en attente de construire, des habitants toujours en baraque, des ménages issus de familles complexes, logés dans des rez-de-chaussée ou des terrasses. Cela se traduit par une double exclusion : celle, commune à tous, liée aux déficits d’aménagement et d’équipement des opérations, et celle ressentie par rapport aux bidonvillois qui ont réussi à mobiliser les ressources pour construire.
Et si l’étude estime qu’il est encore tôt pour juger de la mixité sociale, le constat montre que celle-ci n’opère pas suffisamment sur le terrain en dépit de sa prise en compte dans la conception des opérations. Une grande partie des ménages est fragile, pauvre, voire très pauvre. La concentration d’un grand nombre d’entre eux dans les sites de relogement comporte des risques évidents pour l’avenir. Les glissements «par le haut» pourraient, paradoxalement, être facteurs d’une certaine mixité sociale à l’avenir, les constructions, de meilleur standing, pouvant attirer des familles plus aisées. Les évolutions dépendront du rythme d’aménagement et d’équipement des quartiers, de l’accélération de la valorisation (et donc des dispositifs de financement à créer) et de la délivrance des titres fonciers, ainsi que des mesures d’insertion sociale et économique qui seront mises en place.
Quel est donc, à l’issue de l’étude, l’impact du déplacement sur les ménages? Quelles sont les dynamiques de changement observées et la contribution ou non de l’action à l’amélioration des conditions d’existence des familles? Quelle est leur situation nouvelle, analysée dans sa globalité? Il est difficile de répondre de façon tranchée à ces questions tant leurs déterminants sont complexes. L’évolution de la situation des ménages découle de dimensions multiples (matérielles, immatérielles, économiques, sociales, psychologiques), difficiles à agréger. De plus, les situations ne sont pas homogènes. L’impact diffère en fonction des situations et des contextes, certains aspects contrebalançant ou contrecarrant d’autres, ce qui ne permet pas de rendre compte d’une « situation globale, objective et uniforme ».
Les enquêtes ont également relevé une ambivalence des opinions et des perceptions des ménages. Ceux-ci voient différemment le recasement, selon leur trajectoire : image de modernité, accès à la propriété, rêves et opportunités d’avenir versus perte des repères, sentiment de désagrégation ou de regret. Ces différentes perceptions ne sont pas exclusives: dans certains cas, on peut regretter la vie sociale du bidonville en ayant la volonté malgré tout de s’intégrer au nouveau lieu, tout comme aspirer à retourner vivre dans le bidonville même si les conditions de vie y sont plus rudes. L’étude ne rend compte que des évolutions observables à court et moyen termes, les impacts à plus long terme n’étant pas pris en considération, ce qui oblige à en relativiser les conclusions.
 

Karima Nadir
Samedi 19 Décembre 2015

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