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Froome s’offre pour la deuxième fois le Tour de France




Chris Froome, Anglais élevé en Afrique, a rejoint le haut du podium du Tour de France, qu'il a remporté dimanche pour la deuxième fois en trois ans après avoir écrasé l'épreuve, suscitant critiques et réactions parfois hostiles.
"Cette course, c'est trop grand ! J'ai une très grande émotion. Ce Tour a été très difficile, sur le vélo, en dehors du vélo", a réagi Froome à l'arrivée, rapporte l’AFP.
Le sprinteur allemand Andre Greipel s'est lui imposé au terme de la 21e et dernière étape sur les Champs-Elysées, son quatrième succès dans la Grande Boucle cette année.
Dans l'écrin prestigieux de la célèbre avenue, Froome a côtoyé deux coureurs de la même équipe, le Colombien Nairo Quintana (déjà 2e en 2013 derrière lui) et l'Espagnol Alejandro Valverde, présent pour la première fois à l'âge de... 35 ans à ce niveau.
Valverde s'est placé devant les deux derniers des "quatre fantastiques" annoncés au départ d'Utrecht (Pays-Bas) le 4 juillet. Le champion d'Italie Vincenzo Nibali, vainqueur sortant, a pris la quatrième place et l'Espagnol Alberto Contador, qui a échoué dans sa quête du doublé Giro-Tour, la cinquième.
Un rayon de soleil, survenant après la pluie de la journée, a salué le quatrième succès de Greipel devant le Français Bryan Coquard.
Produit de la puissante équipe Sky dirigée par Dave Brailsford, Froome s'est adjugé la 102e édition d'une épreuve qu'aucun de ses compatriotes n'avait enlevée depuis plus d'un siècle. Jusqu'à ce que Bradley Wiggins ouvre la porte en 2012.
Froome a pris le pouvoir l'année suivante. Il l'a abandonné en 2014 pour mieux le récupérer cette année. Tant sa domination s'est avérée écrasante... durant les trois-quarts de la course.
Paradoxalement, l'écart le séparant de son dauphin, Nairo Quintana, a dépassé à peine la minute. Bien moins que les 4 min 20 sec de 2013. Preuve de la progression du grimpeur des Andes, qui a ramené pour la deuxième fois le maillot blanc de meilleur jeune (réservé aux 25 ans et moins), et de la difficulté de ce Tour épuisant imaginé par Christian Prudhomme.
Les neuf premiers jours dans la plaine -une nouveauté par rapport aux éditions précédentes- ont accéléré la décision. Auteur d'une course agressive tant dans les bordures pluvieuses de la Zélande que sur les pavés du nord de la France, Froome a abordé en tête la montagne. Quintana, qui avait limité la casse, était déjà à près de deux minutes.
"C'est à se demander si désormais le Tour ne se joue pas dans la plaine", a noté le directeur du Tour. "L'an dernier, c'est sur les pavés que Vincenzo Nibali avait créé le plus gros écart", a ajouté Christian Prudhomme.
Cette fois, le Sicilien n'a relevé la tête que dans les derniers jours. Ses poursuivants de l'année passée, les Français Jean-Christophe Péraud et Thibaut Pinot, ont sombré dans les Pyrénées, dans une copie inversée de l'édition précédente. Pinot, comme son alter ego Romain Bardet, ont dès lors chassé les victoires d'étape. Avec une constance qui a payé puisque les deux grandes promesses du cyclisme français (avec le talentueux néophyte Warren Barguil, 14e) ont gagné dans les Alpes. Froome n'a eu qu'à se fixer sur l'impassible Quintana. Il a même pu gérer sa perte de temps dans les deux dernières arrivées au sommet, à La Toussuire et à l'Alpe d'Huez.
En frappant un grand coup dès la première arrivée au sommet, le 14 juillet, à La Pierre-Saint-Martin, le Kényan de naissance avait assommé le Tour... et déchaîné les passions.
La démonstration du maillot jaune, rappelant à une échelle moindre sa montée du Ventoux en 2013, a surpris une partie du public et des observateurs qui ont tiqué devant la cadence très élevée de pédalage. Le soupçon de dopage mécanique, une rumeur récurrente depuis plusieurs années dans le cyclisme, a pris corps. Faute d'un vrai contrôle technique qu'aurait pu (dû ?) faire ce jour-là l'Union cycliste internationale, responsable de la régularité sportive.
Une ambiance délétère, regrettable, a accompagné ensuite le porteur du maillot jaune, dont l'équipe a réagi en diffusant des données partielles dans une ténébreuse "guerre des watts" qui fait seulement le bonheur des "experts". Froome, lui, a essuyé l'hostilité d'une frange, ultra-minoritaire mais notable, du public.
"On n'a pas le droit de me pousser à bout en me manquant de respect", a réagi samedi l'Anglais, au self-control rarement pris en défaut. "Je suis le plus poli et le plus abordable possible mais ce n'est pas une faiblesse".
Avant de se projeter sur un avenir qu'il voit toujours à l'aune du Tour de France ("mon objectif est de faire ça jusqu'à 36, 37 ou 38 ans, si mon corps me le permet", a-t-il dit), Froome a surtout remercié son équipe: "Sans la structure Sky, je n'aurais pas été capable de faire ce que j'ai fait."

Libé
Mardi 28 Juillet 2015

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