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Fief du narcotrafic, la police de Rio s’empare des favelas de Maré




Fief du narcotrafic, la police de Rio s’empare des favelas de Maré
La police de Rio de Janeiro et l’armée brésilienne sont entrées dimanche à l’aube dans l’immense complexe de favelas de la Maré, fief du trafic de drogue, pour le “pacifier”, à deux mois et demi du Mondial de football.
L’occupation de cet ensemble peuplé de 130.000 habitants a nécessité la mobilisation de 1.180 policiers militaires de diverses unités, appuyés par 15 blindés (14 de la Marine et un de la Police militaire); 132 policiers civils les accompagnent, ainsi que quatre hélicoptères, a précisé le secrétariat à la Sécurité de l’Etat de Rio dans un communiqué.
Considéré comme l’un des endroits les plus dangereux de Rio, le Complexe de la Maré est situé à un point stratégique de la ville par où transiteront des dizaines de milliers de fans pendant le Mondial. Il est bordé par les principaux accès à Rio, les autoroutes Linha Vermelha et Linha Amarela, ainsi que par la Avenida Brasil, qui relie le centre aux banlieues de la capitale de 12 millions d’habitants.
Les hélicoptères survolaient cet immense enchevêtrement de ruelles, de maisons misérables en parpaings, encore plongées dans l’obscurité, et le calme. Le Bataillon des opérations policières spéciales (Bope) ouvrait la marche, a constaté l’AFP. Il était suivi d’un groupe de fusiliers marins postés aux intersections, les armes braquées vers les ruelles. Au fond d’une ruelle, un jeune homme en T-shirt rouge apparaît. “Il est armé?”, demande un militaire. “Non, apparemment pas”, répond son collègue. Le jeune homme disparaît. Les blindés commencent à circuler dans les favelas.
Les policiers ont mis la main sur “de grandes quantités de drogue et d’armes” qui étaient cachées à proximité du Village olympique et d’une école publique, selon la chaîne GloboNews.
Lors d’opérations préalables à l’occupation, cette semaine, la Police militaire a arrêté 60 personnes, dont Marcelo Santos das Dores, surnommé “Menor P”, et dans un quartier à l’ouest de Rio, un chef du narcotrafic qui contrôlait pas moins de 11 favelas. Ancien militaire formé chez les parachutistes, il dirigeait ses hommes selon des méthodes militaires. Selon les médias brésiliens, il avait la réputation de dépecer ses victimes.
D’après les services de renseignement, les narcotrafiquants qui ont quitté Maré après l’annonce lundi dernier de l’occupation imminente pourraient revenir après l’opération pour récupérer les armes et la drogue dissimulée dans des caches.
Cette occupation s’apparente par son ampleur à celle du Complexe d’Alemao fin 2010, qui avait mobilisé 2.600 membres des forces de l’ordre.
Elle s’inscrit dans le processus dit de “pacification” enclenché en 2008, avec l’installation de 38 Unités de la police pacificatrice (UPP) dans 174 favelas, visant à en chasser les trafiquants de drogue qui y régnaient. Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, a récemment souligné qu’à la Maré, “il y a des armes, de la drogue, des voitures et des motos volées et des criminels qui s’y réfugient comme si c’était leur territoire”.
Les militaires devaient occuper la Maré jusqu’au 31 juillet, et au-delà si nécessaire, avant que la police de Rio y installe une 39e UPP avec 1.500 policiers de proximité.
Ce déploiement militaire intervient dans une période de regain de violences, dont ces dernières semaines, une série d’attaques des UPP attribuées au crime organisé. Depuis janvier, huit policiers ont été tués, dont quatre membres des UPP.
Sergio Cabral en a appelé aux autorités de Brasilia pour renforcer la sécurité, et la présidente Dilma Rousseff a décidé d’appliquer à la Maré la “Garantie de la loi et de l’ordre”, qui permet aux militaires d’assurer la sécurité publique et d’agir comme la police dans les rues. “Nous allons montrer que l’Etat de Rio est plus fort et que l’Etat brésilien est plus fort”, avait assuré dans la foulée le secrétaire à la Sécurité de Rio, José Mariano Beltrame, affichant la détermination des autorités à l’encontre des “bandits”. 

AFP
Mardi 1 Avril 2014

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