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Fathallah Oualalou : Pourquoi je présente ma candidature




Fathallah Oualalou : Pourquoi je présente ma candidature
La seule et unique ambition qui m'anime en ce moment crucial est de pouvoir contribuer  aux côtés des militantes et militants ittihadis à la relance de la construction de notre parti et de le sortir de l'impasse où il se trouve  depuis près d'une décennie.
J'ai l'insigne honneur de présenter ma candidature, tout en étant convaincu que notre parti devrait reconquérir  sa position de leader de l'action politique,  vouée à la défense des intérêts du peuple marocain.
Ce ne sont pas seulement   les sympathisants  et militants de l'USFP qui ont besoin d'un parti rénové,  mais c'est   tout le pays qui a besoin d'un IIttihad Ichtiraki fort et crédible, au service d'un projet politique national progressiste et moderniste.
Issue d'une prise de conscience profonde, ma candidature trouve son entendement et   son ressort ultime dans le respect qui demeure le mien  des espérances des militants pour entamer  tous ensemble,  une nouvelle étape, qui sera nécessairement transitoire. Notre parti fort et crédible  devrait récupérer son dynamisme,  son attractivité et son efficience.
Il va de soi que cette tâche ne sera pas aisée, vues les adversités de la situation et les grands défis issus de la crise que nous subissons sur les plans, mondial, régional et national, et qui se répercute aussi bien sur notre parti que sur les contraintes du moment et les attentes de l'ensemble des citoyens.

a- Sur le plan mondial, une crise structurelle profonde traverse une grande partie du globe. L'effet de la hausse du prix du pétrole et la forte contraction   des flux d'échanges  impactent négativement    notre région et  influent sur  l'avenir de notre pays.
b- Sur le plan régional  et suite  aux soulèvements  de la jeunesse dans notre région, et qui a été marqué par des revendications réclamant la fin de l'ère du despotisme et de la corruption, il en a résulté une situation inquiétante se manifestant par le triomphe et l'arrivée aux commandes d'une tendance plutôt conservatrice  et passéiste.
Ce faisant,  la situation  se trouve parsemée de dangers, de risques de guerres civiles et d'affrontements, parfois sous couvert  de référents religieux, ayant pour conséquence notamment, la marginalisation de la question palestinienne, la consolidation de l'économie de rente, nourrissant aussi les mentalités et les pratiques opportunistes aux dépens des options démocratiques.
c- Sur le plan national,  s'est déclenché aussi un formidable mouvement de notre jeunesse, le « mouvement du 20 février» avec tout un programme de revendications et de slogans auxquels ont adhéré des jeunes militants et militantes de l'USFP.
Pour eux,  ce mouvement se situe en continuité de notre   lutte historique pour la démocratisation des institutions politiques et la réalisation de réformes constitutionnelles, objet des revendications et de l'action militante  de l'USFP depuis les années 70.
En ces circonstances, l'ancrage  des structures traditionnelles figées au sein de la société marocaine et à l'instar de toute notre région s'est affirmé par   le renforcement de la  mouvance conservatrice et par la recrudescence des pratiques  opportunistes, ayant pour conséquence  une large expansion de l'instrumentalisation du référentiel religieux et de  la rente politique et économique au détriment de la culture et de la revendication de libération et de démocratisation.
En toute évidence, des menaces planent toujours sur  notre intégrité territoriale et les tendances séparatistes et sécessionnistes cherchent à saper notre unité territoriale, au même temps où des mouvements séparatistes sont apparus dans d'autres zones sahariennes de la région. Tout cela se situe aux antipodes de l'orientation émancipatrice, unioniste et réunificatrice, que l'USFP a de tout temps  revendiqué en faveur de la construction d'un espace maghrébin nécessaire à la coopération et à la complémentarité entre ses composantes.
En ce contexte fort complexe et porteur de risques et de contraintes,  notre pays est géré par une coalition gouvernementale conservatrice, incapable de relever les défis, aussi bien politiques, qu'économiques et sociaux.
Nous sommes face à une situation politique qui est entrain de saper tous les acquis que le Maroc a pu obtenir depuis le gouvernement d'alternance. Le gouvernement parait aujourd'hui incapable politiquement de donner corps au  contenu des réformes constitutionnelles, alors que ces réformes constituent un acquis majeur ayant  permis à notre pays d'apporter des   réponses adéquates aux revendications  légitimes pour l'évolution effective du système politique marocain.
Il y a aussi des risques de régression et de retour en arrière qui pèsent sur les réalisations et les acquis économiques, essentiellement ceux concernant la consolidation du taux de croissance, la lutte contre la pauvreté, le déficit budgétaire et le niveau d'endettement interne et externe de l'Etat, le déficit dangereux des comptes extérieurs ainsi que l'état des établissements publics et du système de financement.
De manière générale, on ne  peut qu'enregistrer  le ralentissement du rythme  des réformes, que ce soit dans les domaines économiques, ou en relation avec des secteurs tel l'enseignement, la justice et l'emploi.
Ajouter à cela l'absence des conditions adéquates à l'innovation et la mobilisation politique au sein du gouvernement pour pouvoir résoudre les dossiers tels que ceux la Caisse de compensation, et des caisses de retraite  en vue de lutter contre la pauvreté, les discriminations sociales et assurer les équilibres majeurs de notre pays.
d- Au niveau du parti, force  est de constater la régression du rayonnement voire de la présence même organisationnelle, politique et électorale de notre parti, à cause en premier lieu des conflits internes et de son éloignement du projet sociétal.
Ces conflits se trouvent mus et exacerbés par la montée de l'individualisme, mais aussi par les défaillances en matière de communication et de contact avec la société marocaine.
Ces manquements ont provoqué non seulement un malaise profond au sein du parti mais se sont répercutés également  sur la régression de la vie politique dans notre pays, au profit des tendances passéistes et des pratiques opportunistes.
Dans son évolution historique depuis 1959 et en particulier depuis 1975, notre parti   est resté le pivot de la vie politique nationale, grâce à l'efficience à l'attractivité et à la légitimité de son projet démocratique et socialiste.
Partant de là, je considère que la reconstruction du parti et la création de canaux de communication avec les citoyens pour répondre à leurs attentes, constituent  la tâche principale à accomplir par l'ensemble des militants immédiatement après la tenue du congrès.
Il faut reconnaître que ce neuvième congrès national est  un congrès dédié à œuvrer pour assurer l'existence même  de notre  parti. Il faut par conséquent  qu'on soit convaincu du fait que l'avenir du parti constitue un élément incontournable  de celui de notre Patrie.
Je ne prétends pas présenter ici une plate-forme complète ou achevée, ceci n'est guère  mon intention, car j'adhère totalement aux travaux des commissions préparatoires  du 9ème  auxquelles j'ai contribué et dont les conclusions  ont été adoptées  lors du  dernier conseil national.
A ce propos, je voudrais exprimer ma haute considération à mes camarades qui ont contribué à l'élaboration des documents, aussi bien pour l'actualisation et la redéfinition de notre identité, l'orientation politique, et l'action stratégique dans les domaines économique, social, culturel, ainsi que ceux relatifs à la communication, à la  défense des  roits des femmes au niveau national et au sein du parti.
Je voudrais aussi me féliciter   pour l'effort accompli par la commission de l'outil organisationnel qui a abouti à des conclusions importantes, fournissant une bonne base pour la réussite du prochain congrès et la reconstruction du parti.
L'ensemble des documents et des projets présentés par les candidats et également par mes camarades non candidats ont une valeur ajoutée qu'il va falloir utiliser pour la reconstruction idéologique et améliorer le fonctionnement politique du parti ainsi que la mise à niveau de ses structures organisationnelles. Nous en avons tous besoin.
A partir de là je m'engage, après ce congrès, à œuvrer pour  la reconstruction d'un parti rénové, fort et ouvert, en me basant sur :

1-  L'affirmation de l'identité ittihadie  du parti, en œuvrant pour l'actualisation de ses fondements  et ses principes, afin  de répondre aux questions qui se posent  à notre pays lors de cette deuxième décennie  de XXIème siècle.

Nous  usfpéistes  nous nous définissons en tant que patriotes progressistes, maghrébins, démocrates, socialistes et modernistes.
Ces composantes de notre identité constituent la base de notre force et de notre crédibilité. Ils doivent être  pris en considération non seulement par la direction mais aussi par la totalité du parti et par chacun et chacune des  militants.
La continuité de l'USFP est un acquis historique.
L'USFP n'a pas à être un simple patrimoine du passé dont on est fier.
Les militants doivent œuvrer pour faire de l'USFP un parti d'avenir, un parti capable de poursuivre et de rénover la stratégie de l'édification démocratique.
Tout en  réaffirmant  notre attachement à notre identité progressiste, nous réitérons notre vive affirmation à protéger l'autonomie de la décision de notre parti,  conformément à la pensée aux enseignements légués par feu Abderrahim Bouabid.
Ce sont  ces mêmes composantes identitaires qui nous guident dans l'élaboration de notre projet économique et social afin d'immuniser les fondements de l'économie nationale et l'armer face aux défis extérieurs, de diversifier le tissu productif pour garantir la création d'emplois, dynamiser la croissance et veiller à la répartition juste des richesses et des ressources, conformément à nos convictions socialistes.
Nous  soulignons, que la dimension moderniste de notre identité, couplée à nos orientations de libération, de démocratie et de socialisme, nous pousse à   recouvrer  nos positions et notre place concernant la défense de la question de la femme, en menant des actions pour l'aboutissement du processus de l'égalité et de la parité, aux niveaux politique, économique et au sein du parti.
Il en est de même en ce qui concerne  notre position avant-gardiste quant à la place que doit occuper la jeunesse afin d'aller avec détermination dans le sens du  rajeunissement de notre parti, permettant ainsi aux   nouvelles générations d'accéder aux postes de responsabilité, dans les institutions élues, les organisations syndicales et le tissu associatif. Il  convient également d'assumer notre rôle dans  le champ culturel et se rapprocher des intellectuels dans le but de donner une consistance certaine à notre projet démocratique socialiste et moderniste.
Notre adhésion aux valeurs de la modernité devrait  s'articuler à l'assimilation des réalités historiques et culturelles de notre pays dans sa diversité qui est une diversité géographique et linguistique.
Pour cela nous serons amenés à remplir un rôle déterminant dans l'application des dispositions de la réforme constitutionnelle concernant l'officialisation de l'Amazighe au coté de la langue arabe et l'intérêt accordé à l'hassani ainsi qu'autres composantes culturelles du pays en tenant compte aussi de notre environnement maghrébin, méditerranéen et africain.
La reconnaissance de la diversité de notre pays n'est pas une question de slogans. Elle implique la mise en valeur des composantes de la société marocaine.
Il s'agit plutôt d'un point de départ pour défendre des droits qui doivent être concrétisés au niveau des institutions élues, de l'école et des services sociaux. A l 'USFP,  nous devons nous mobiliser  pour rendre concrets les droits culturels et les ériger comme fondement de nos revendications  relatives  à l'amélioration et à l'approfondissement de l'option démocratique en perspective de les traduire comme  mesures   ouvrant les horizons à la justice sociale et territoriale.

2-  L'édification des mécanismes et des instruments de l'opposition ittihadia:

Les Marocains ont toujours considéré l'USFP comme   parti d'opposition et cette fonction est ancrée dans leur esprit à travers la lutte du mouvement ittihadi, tout au long de plus de trois décennies, pour la réforme démocratique, et pour la libération et le progrès du pays.
Sans oublier, toutefois la participation du parti au  gouvernement lors d'étapes importantes de l'histoire du Maroc indépendant, tel le gouvernement Abdellah Ibrahim et le gouvernement de Abderrahmane Youssoufi.
Sans conteste, ces  deux gouvernements ont constitué un tournant dans l'histoire du Maroc ; La première a été marquée par l'acquisition des instruments de la souveraineté économique et la deuxième étape s'est focalisée sur la mise  du pays  sur les rails des grandes réformes économiques et politiques dans le sens du progrès et de la démocratie.
Cependant  et en raison du recul  électoral  et la régression organisationnelle  de l'USFP lors de  ces dernières années, le parti a choisi aujourd'hui d'être dans l'opposition, après avoir très activement participé à la mise en place  de tout un arsenal de réformes à tous les niveaux au cours de sa participation aux gouvernements précédents.
Parce que ces réformes   demeurent inachevées ou ont subi quelques altérations, notre  parti est appelé actuellement  à assumer clairement sa responsabilité de locomotive de l'opposition au gouvernement actuel.
Une opposition contre un courant conservateur au sein  du gouvernement et qui entend renforcer sa place et sa position au sein de la société et de l'Etat.
Notre  opposition se veut et se déclare aussi contre les pratiques opportunistes qui traversent notre société qui ne peuvent que conduire qu'aux déviances  dans  l'action politique  et qui tend à en faire de simples vitrines ou paravents mues dans la majorité des cas par les relents individualistes   omettant ou sacrifiant carrément les intérêts de la Nation et du peuple marocains.
En cette étape historique, après le vote favorable à la nouvelle constitution, nous, militants de l'USFP, sommes investis de la mission de reconstruction de notre parti, et d'assumer la tâche essentielle de l'opposition, une opposition constructive et constituant une force de propositions au sein du parlement mais aussi  à travers une action soutenue sur tous les fronts  social, culturel associatif et médiatique.
Le rôle de l'opposition aujourd'hui est un rôle d'accompagnement  et de vigilance pour l'application des nouvelles dispositions  constitutionnelles.
L'USFP doit absolument clarifier sa ligne politique en avançant des propositions reflétant le contenu démocratique de la constitution.
La construction d'un Maroc démocratique se réalisera à partir d'un agenda qui prendrait en considération l'élaboration des différentes lois organiques dans un esprit d'attachement et de mobilisation animé par l'interprétation démocratique du contenu de la constitution et des valeurs de la gouvernance permettant au système politique marocaine d'évoluer conformément à l'article premier de la nouvelle constitution, vers « une monarchie constitutionnelle , démocratique, parlementaire et sociale », fondée  sur la séparation, l'équilibre et la collaboration des pouvoirs , et la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes.
En précisant  notre horizon  politique  en concomitance  avec les principes constitutionnels, notre opposition sera une opposition constructive qui se préoccupe  d' activer la mise en place rapide des dispositions de la nouvelle constitution, pour mettre la pratique politique au service des réformes nécessaires qui s'imposent aux contraintes économiques et sociales et des réajustements urgentes des politiques publiques.

3-  Mobilisation des tous les militants et militantes de l'USFP pour mettre fin aux querelles intestines et valoriser l'apport et les contributions  que tout un chacun des ittihadis et ittihadiates, valoriser leur valeur ajoutée au profit du parti et au même temps, circonscrire leurs points faibles pour réduire  leurs effets de nuisances sur le fonctionnement du parti.

Afin de réaliser pareils objectifs, il faut créer les conditions adéquates aux militants et militantes qui ont gelé leur action, pour permettre leur retour à l'action  militante au sein du parti, ce qui aura pour conséquence certaine, l'unification de toutes les composantes de la famille ittihadia tant au niveau du parti que celui de l'action syndicale. A cet égard, Il convient  de rappeler l'écho positif produit par la grande manifestation «Al Karama », non seulement au sein des militants mais chez l'opinion publique.
Nous devons comprendre que les Marocains veulent aujourd'hui un retour de l'USFP unie au champ de l'action politique progressiste en tant qu'organisation   solidaire cultivant à nouveau l'espoir aussi bien quant à  la mise en application des dispositions de la nouvelle constitution que pour  mettre un terme au grignotage  des   acquis dans les domaines économique et social.
L'unification de la famille ittihadi constitue le prélude naturel à l'unification de la gauche marocaine et le point de départ de la lutte contre les différentes formes des restrictions aux libertés et aux manquements  à  l'équilibre des pouvoirs ainsi qu'aux manifestations de recul sur les acquis politiques économiques et sociaux.
Le combat pour la démocratie et l'élargissement de ses marges sur le plan politique, économique, culturel et aussi la défense des droits des travailleurs et ceux des femmes, des enfants et des travailleurs marocains à l'étranger, des handicapés, nécessite une mobilisation de tous les efforts et une action unitaire pour réaliser les aspirations  au progrès et à la modernité dans le respect de la pluralité. Une pluralité   qui a érigé la gauche marocaine en tant que force de propositions et a fait de ses différentes composantes un véritable pilier de  la résistance contre les différentes manifestations de l'injustice sociale.

4-  L'édification de l'outil politique moderne apte à répondre aux impératifs de l'action politique organisée et soutenue, et la traduction des décisions et des actions militantes  à différents niveaux de  communication  avec les diverses composantes de la société marocaine. Un  outil  capable de mobiliser les différentes couches sociales et d'impliquer les différentes potentialités militantes, intellectuelles et professionnelles à la vie politique.

La véritable garantie du retour de l'USFP à l'action politique progressiste et efficiente  implique qu'il   recouvre ses points forts politiques et organisationnels pour pouvoir redéployer son rayonnement et sa capacité de mobilisation.
Le parti se doit aussi de mettre à l'œuvre une stratégie de communication claire visant à  mettre à niveau nos organes de presse et le développement  de nos relations dans le domaine de l'information tout en intensifiant l'usage des moyens modernes de communication.
La mise en œuvre d'une ligne politique prenant en charge les impératifs de la Nation et celles des populations déshéritées, et capable de relever tous les défis,  ne peut avoir de sens sans un instrument partisan, orienté et contrôlé régulièrement selon l'agenda organisationnel du parti.
Pour cela, nous estimons que l'une de nos tâches prioritaires serait de se pencher sur les moyens d'action de notre parti, non seulement dans les manifestations électorales mais surtout dans la mise en place et l'actualisation continue de notre vision de la réalité marocaine.
Notre parti doit se doter des moyens lui permettant  d'accompagner cette évolution avec des propositions et des programmes qui seront régulièrement discutés dans les différentes structures concernées ainsi qu'avec le tissu  associatif et les différentes catégories sociales, créant ainsi un processus de concertations et de coordination au sein de la société.
De ce point de vue, il va falloir mettre en place une nouvelle programmation pour la mise à niveau organisationnelle du parti en harmonie avec le projet de régionalisation, en faisant des structures régionales, des structures nodales  reflétant les besoins locaux, et régionaux et favorisant une approche de décentralisation effective de l'action du parti.
Ce faisant, l'USFP serait précurseur en matière d'adoption d'un mode  de gestion régionale organisationnelle adoptant la ligne politique du parti comme boussole mais érigeant la diligence basée sur l'évaluation des besoins locaux, préfectoraux et régionaux, comme fondement  de  tout effort d'élaboration de propositions, des projets et des programmes de développement dédiés à l'échelon régional.
A ce titre, il est impératif de définir les objectifs d'action aux appareils et organisations parallèles dans la conception des programmes et la diffusion de la conscience politique et des droits de l'homme, ainsi que la traduction de la dynamique partisane en réalisations politiques qui se matérialiseraient dans les institutions élues et dans l'accompagnement  es activités des associations et des organisations socioprofessionnelles.
La reconstruction du parti passe par une mise en symbiose de l'action organisationnelle avec notre identité. Elle implique aussi  la maîtrise du mode de gestion de notre action  politique, nécessitant tout autant l'élaboration et l'application de notre stratégie électorale.
Le renouveau du parti impose le déclenchement d'une dynamique profonde et globale lui permettant d'échapper à son isolement et réussir son ouverture sur la société dans son dynamisme lié aux besoins économiques et sociaux, ainsi qu'aux déficits enregistrés dans les domaines de l'emploi, du logement, l'enseignement, de la santé et des contraintes de la vie quotidienne.
Tout ceci requiert la mise en œuvre d'une stratégie d'ouverture sur la société,  une ouverture permettant l'adhésion des jeunes, des femmes, des cadres, des acteurs populaires, en proximité des quartiers et des douars afin que le parti redeviennent le parti des forces populaires, un parti à l'écoute de l'ensemble des Marocains et un parti qui contribue à leur redonner de l'espoir.
Dans le cadre de cette orientation, il est nécessaire de doter le parti d'une stratégie de contact et de communication avec les Marocains résidents à l'étranger en raison de l'importance de la migration dans les pays d'accueil ainsi que son impact grandissant sur notre pays et sur les régions auxquelles appartiennent les migrants.
A cet effet, le parti se doit d'élaborer une stratégie nouvelle dédiée à la migration pour répondre à la revendication de la représentativité des Marocains résidents à l'étranger.
L'ouverture du parti sur la société, nécessite par ailleurs, l'assimilation du rapport entre la religion et la politique. Autant nous sommes tenus à réfuter toute instrumentalisation de la religion par les partis politiques, autant il est impératif pour nous, les USFPEISTES d'être conscients de l'attachement du peuple marocain à l'Islam.
Et dans cette perspective, il faut veiller à ce que  l'utilisation de cet attachement s'opère au profit d' une lecture éclairée de l'Islam en tant que religion du progrès d'Ijtihad, d'ouverture et de tolérance.

5 - Le renforcement de la position internationale du parti conformément à la tradition instaurée par le martyr Mehdi Ben Barka et Si Abderrahmane Youssoufi afin de renforcer la dialectique entre notre lutte nationale démocratique sur le plan interne, et notre attachement à la famille des progressistes au niveau mondial.

Ceci impose la préservation des acquis dans ce domaine et l'utilisation de notre présence sur la scène  internationale pour la défense des intérêts de notre pays notamment la question de notre intégrité territoriale, la construction de l'espace maghrébin et la participation à l'enrichissement de la pensée social-démocrate au niveau mondial et régional.
Nous devons œuvrer à trouver en tant que socialistes les réponses nécessaires à la crise économique et financière qui traverse le monde et de ses conséquences sur notre région et sur la situation de l'ensemble des déshérités de par le monde.
Le développement de la pensée socialiste vise la recherche des réponses des progressistes et des démocrates à travers le monde aux contraintes et aux implications de la mondialisation de la mondialisation ainsi qu'au développement technologique gigantesque et l'apparition de pôles émergents éloignés de la région à laquelle nous appartenons, ce qui constitue un grand défi pour l'avenir de notre pays et notre région dans son ensemble.
Pour ma part,  j'ai toujours considéré que l'intérêt du pays doit nécessairement primer sur l'intérêt du parti, et que l'intérêt du parti est au-dessus de celui des individus.
Aujourd'hui, l'intérêt du pays et l'intérêt du parti se rencontrent comme c'était le cas en 1998 à travers le gouvernement d'alternance. Leur rencontre aujourd'hui nous oblige à nous situer en tant que force d'opposition.
L'action politique ne peut réussir sans crédibilité. Et la crédibilité implique de lier l'action politique à l'éthique à la compétence, à la culture du projet, au détriment de l'intérêt personnel. C'est l'intérêt du parti qui doit prédominer.
La question ne relève pas seulement du sort du parti mais a des conséquences sur l'avenir du pays. Afin de rendre sa crédibilité à la politique, nous devons veiller à ce que notre parti redevienne de nouveau le parti du projet et non le parti des positions.
Et comme je l'ai déjà évoqué, l'USFP est un parti à part dans l'histoire du Maroc. Il a contribué à la libération de notre pays et il a joué un rôle central dans le combat pour la démocratie.
Et c'est à ce titre que nous devons, à travers la tenue de ce congrès et les décisions qui vont en ressortir, éviter que notre parti devienne un simple patrimoine historique, dont nous sommes fiers mais un réel parti actif dédié aux générations futures pour la construction de l'avenir de la démocratie de notre pays. Ceci n'est pas un simple mot d'ordre : L'Union socialiste doit être capable d'être le parti de l'avenir.
L'avenir du pays est lié à sa capacité de promouvoir la démocratie et les valeurs de la modernité, à l'effort de diversification du tissu productif et pour nous socialistes à l'amélioration de la répartition des richesses et des revenus.
L'avenir du pays implique la réconciliation avec le passé. Se réconcilier avec le passé : c'est connaitre toutes ses vérités et notamment  pour nous sur le dossier de notre martyr Mehdi Ben Barka.
L'avenir du pays demeure lié,  d'un point de vue géopolitique  et  géoéconomique  à la maîtrise des déterminants de notre géographie : le Sahara, (intégrité territoriale), l'Oriental, (la construction de l'espace maghrébin), l'Atlantique, (les rapports avec la mondialisation) et la Méditerranée (espace euro-méditerranéen).
Par ailleurs, l'avenir du pays est conditionné par la gestion de la diversité culturelle (qualification de la langue arabe, officialisation de la langue amazighe, considération accordée à  Alhassani et de toutes les composantes historiques de notre identité).
Le Maroc voit aussi son avenir dans sa jeunesse (enseignement et formation), ses femmes (parité et égalité) et ses résidents à l'étranger (rapports humains avec le reste du monde).
L'Union socialiste doit rester attachée à la construction de l'avenir, l'avenir du pays et son propre avenir. Ce qui nous impose l'édification de l'outil partisan. C'est là que réside  l'enjeu de ce congrès.

(Traduit de l'arabe)

Libé
Jeudi 29 Novembre 2012

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