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El Ouafa interdit aux enseignants d’exercer dans le privé : Un pavé dans la mare ou un coup d’épée dans l’eau ?




El Ouafa interdit aux enseignants d’exercer dans le privé : Un pavé dans la mare ou un coup d’épée dans l’eau ?
La rentrée scolaire s’annonce houleuse et porteuse de plusieurs changements. A quelques jours de la rentrée des classes, El Ouafa lance le pavé dans la mare : les enseignants n’auront plus le droit de donner des heures supplémentaires dans le privé. Le département de Mohamed El Ouafa vient,   par le biais de la note 12x299 du 04 septembre, de décider l’arrêt provisoire des dispositions de la note 109 du 3-9-2008 permettant au corps des enseignants de dispenser des cours supplémentaires dans les établissements privés. Décision qui ne fera pas que des heureux, car il s’agit en général d’un revenu supplémentaire pour beaucoup d’enseignants. Cet arrêt est justifié par le non-respect de la note 109 du 3-9-2008.
L’autre justification invoquée par le communiqué du ministère de l’Education nationale reste les interventions des parlementaires à ce sujet lors des séances des questions orales et écrites ainsi que les doléances présentées par les parents d’élèves. Le département d’El Ouafa a promulgué cette interdiction en se basant également sur les rapports des services spécialisés du ministère de l’Education nationale. « Je crois qu’il est temps de repenser la question des heures supplémentaires mais celle également des cours de soutien dans le public et le privé. Si dans le public les cours de soutien doivent être mieux rémunérés, les établissements privés devraient faire plus d’efforts pour former leurs propres cadres et par conséquent contribuer au décollage et à la dynamisation du marché de l’emploi dans ce secteur. » C’est en ces termes qu’Abdelaziz Montassir, secrétaire adjoint du Syndicat national de l’enseignement affilié à la FDT, a commenté la nouvelle décision du département d’El Ouafa.
Par ailleurs, ladite décision s’étend aussi au corps des inspecteurs qui seront interdits de donner des cours dans des établissements du privé. La même décision prévoit des sanctions contre toute personne et tout établissement qui ne respecteraient pas les dispositions de cette nouvelle note.
Cependant, on est à s’interroger sur l’efficacité  de cette décision et son impact sur la lutte contre les irrégularités constatées lors des examens et du contrôle continu dans les différents cycles. Il est clair que le ministère cherche à préserver les capacités et le dynamisme du corps enseignant pour plus de rendement et d’efficience en classe pour rehausser le niveau de notre enseignement, il n’en reste pas moins vrai que la plupart des cours supplémentaires sont dispensés à domicile. Soit chez l’élève, soit en groupe d’apprenants chez le maître ou le professeur. Rares sont les enseignants  compétents qui exercent dans les écoles primaires ou secondaires du privé. De plus, la plupart des écoles privées réputées pour la qualité de leurs services ont leurs propres cadres et ne font pas appel aux enseignants du public.
Il est donc certain que le phénomène subsistera et s’accentuera dans l’illégalité, loin du contrôle du département de l’enseignement et celui du fisc car c’est un secteur informel qui rapporte gros et échappe à l’imposition. Ce qui a fait dire à un parent d’élève : « Ce n’est qu’un coup d’épée dans l’eau qui est loin de mettre l’école sur la voie de la réforme. »

KAMAL MOUNTASSIR
Vendredi 7 Septembre 2012

Lu 1328 fois


1.Posté par Magid le 07/09/2012 12:38
Au maroc l'enseignement public est dans une situation catastrophique. Cette mesure d'interdiction, faite aux enseignants du secteur public, de dispenser des cours dans le secteur privé est une très bonne chose. Même si c'est loin de tout régler, cela va dans le bon sens à condition que les sanctions soient assez forte pour être dissuasives. Faut il rappeler qu'aux heures de cours dispensées, il faut rajouter celles dévolus aux corrections des devoirs et à la préparation des cours? Toutes ces heures consacrées aux élèves du privé par ces enseignants ont pour conséquence de nuire à la qualité du travail pédagogique qu'ils effectuent dans les établissements publics. Pour ma part, j'ai appris qu'il ya des professeurs de faculté qui se contentent de faire distribuer des polycopiés aux étudiants au lieu du cours magistral censé être donné en amphi. Ces professeurs étant en France pour dispenser des cours dans des écoles de commerce. C'est toute la chaîne de l'enseignement public qu'il faudrait revoir. Mais contrairement au précedent gouvernement , celui-ci a tout de même le mérite de s'attaquer à un problème majeur et concret qui préocupe la majorité de la population marocaine.

2.Posté par baaj le 08/09/2012 22:22
C'est une mesure phare, qui montre vraiment un esprit de bonne gouvernance,
merci

3.Posté par ange le 09/09/2012 14:25 (depuis mobile)
Cette decision est la meilleure decision prise par tou ce nouveau gouvernement qui eqt juste entrain de parler au moin avec al oufa on sent qu il y aura un reelle.changement et quau lieu d essayer de restaurer cest bien de couper cour bravo et merci

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