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Dynamique du 20 février ou urgence du changement ? : Comment les partis gèrent le rajeunissement des candidatures




D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, l’heure est à la préparation des candidatures des législatives du 25 novembre prochain. Le rajeunissement des candidats, conjugué au renouvellement de l’élite politique et électorale, vient compliquer la donne. Dans les états-majors partisans, on ne s’en cache pas : l’équation est loin d’être simple. « Comment faire pour rajeunir les candidats, respecter la démocratie interne, ne pas faire exploser la machine en ramenant des jeunes qui ne sont pas du parti et dans le même temps remporter les élections ? L’équation est difficile et elle se pose exactement en ces termes à tous les partis qui seront en lice aux élections. Ici, on est loin des slogans mais au plus près de réalités concrètes, celles du terrain et les choix sont forcément douloureux», explique avec force Rachid Talbi Alami, membre du bureau exécutif du Rassemblement national des indépendants et député de Tétouan.
Toute la question est justement de savoir si les partis politiques ont su apporter une réponse concrète, c'est-à-dire à la fois politique et partisane, en les proposant en candidats aux législatives. Plus clairement, les partis ont-ils ouvert leurs portes et leurs listes à ces jeunes qui battent le pavé depuis le 20 février et qui par leurs revendications ont contribué au changement  en terre marocaine ? La plupart des formations politiques interrogées par « Libération » ont le mérite de le dire sans la moindre ambiguïté : la jeunesse marocaine ne saurait se réduire (de manière comptable) à celle du 20 février. Sauf que cette dernière a eu et continue d’avoir plus de visibilité parce qu’elle a porté des revendications éminemment politiques, comme celle par exemple de la réforme constitutionnelle.
A l’USFP, on est plutôt prompts à le rappeler : jeunesse ittihadie et cadres du parti ont dès le début participé d’une manière ou d’une autre, aux manifestations du Mouvement du 20 février. Les sections usfpéistes, à travers le pays, ont ainsi abrité des coordinations de ce mouvement. Bref, soutiennent les Ittihadis, le contact n’a jamais été rompu avec cette jeunesse revendicatrice. « Dans le prolongement de cette action d’ouverture, nous avons organisé des forums de jeunes dans plusieurs villes du Maroc, des forums ouverts pour débattre des nouveaux enjeux de la situation politique dans notre pays. Nous l’avons fait tout au long de ces dernières semaines notamment pour marquer l’intérêt accru que porte l’USFP à cette dynamique des jeunes qui a marqué l’année 2011. Au stade actuel, nous en sommes à l’accueil des candidatures sur la base des listes locales et celle nationale. Bien évidemment, cette dynamique jeunesse doit se traduire dans le profil de nos candidatures à travers notamment le rajeunissement et l’ouverture. En fait, nous devons retrouver chez nous des profils qui ont marqué l’année mais aussi et surtout qui portent et défendent les mêmes valeurs que les nôtres », fait valoir cet Usfpéiste blanchi sous le harnais avant d’annoncer que « l’USFP présentera des jeunes issus ou proches du Mouvement du 20 février à chaque fois que cela est possible et à condition qu’ils aient les mêmes convictions que le parti ».Ils sont nombreux à le dire ces hommes et femmes politiques qui s’apprêtent à se lancer dans la course électorale.
Des comités de veille pour dénoncer corruption et fraude
Les jeunes du 20 février qui font de la politique –parfois sans le savoir vraiment- sont invités à intégrer les partis s’ils veulent prolonger leur mouvement dans la durée et non plus dans une manifestation passagère. « Le vrai changement ne s’arrête pas à des slogans scandés sur l’avenue Mohammed V à Rabat ou devant la wilaya de Casablanca. Ces jeunes du mouvement sont aujourd’hui dans une posture de refus et boycott des élections alors qu’ils auraient pu accompagner par la vigilance et la dénonciation ce processus électoral que le Maroc va vivre », soupire un militant de gauche tout en s’insurgeant contre toutes les formes d’instrumentalisation de ces jeunes du Mouvement du 20 février.
Nabil Benabdallah, le secrétaire général du PPS, fait partie de ces rares leaders qui ont tenu des rencontres avec les représentants des jeunes du 20 février. « Je leur ai instamment demandé de rester fidèles à leur logique de changement et de lutte contre la dépravation politique et non pas de voter pour tel ou tel parti. C’est l’une des raisons pour laquelle je les ai appelés à former des cellules de vigilance autonomes dans la plupart des circonscriptions du pays, histoire de dénoncer toute tentative de corruption et de fraude électorales ».
Au PPS, on fait le pari des jeunes. Pour l’heure, une vingtaine de jeunes ont été placés en têtes de listes locales. Des visages neufs, militants, diplômés. « Cela s’appelle le renouvellement. Et c’est à cela qu’appelaient les jeunes du  Mouvement du 20 février. Pourquoi ne les soutiendraient-ils pas en campagne pour qu’ils puissent l’emporter contre les vieux routiers des élections et autres créatures électorales ? » s’interroge le patron des anciens communistes.
C’est à ce même mécanisme de veille et d’accompagnement, sur le terrain, du processus auquel appelle Habib Belkouch, membre fondateur du Parti Authenticité et Modernité, ceux et celles du « 20 février ». En attendant, le PAM s’est engagé à présenter un minimum de 20% de jeunes en têtes de listes locales. « Des jeunes du parti parce que les autres ont choisi de boycotter les élections et servent un agenda d’autres forces politiques », affirme Habib Belkouch.
Entre une jeunesse «20 févrieriste » et des jeunes pas vraiment attirés par l’offre politique actuelle, les partis pourront-ils vraiment faire œuvre de renouvellement de l’élite? «Parce que toute la question est de savoir si ces jeunes pourront remporter la bataille électorale, sans le soutien massif de la jeunesse marocaine, et barrer la route à tous ces visages qui ont dépravé l’action politique», conclut N. Benabdallah.

Narjis Rerhaye
Mardi 4 Octobre 2011

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