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Driss Lachgar lors d’une conférence de presse au siège du parti à Rabat : «L’USFP a besoin d’une direction combative et indépendante dans ses prises de position»




Driss Lachgar lors d’une conférence de presse au siège du parti à Rabat : «L’USFP a besoin d’une direction combative et indépendante dans ses prises de position»
Driss Lachgar, candidat au poste de Premier secrétaire de l’Union socialistes des forces populaires, a présenté, hier matin, au siège du parti à Rabat sa plateforme intitulée «Une approche globale, une identité claire, un parti rénové».
Durant ce point de presse qui a duré plus d’une heure, il a défendu son programme qui est fondé sur une « lecture objective » de l’échiquier politique et «une vision claire » de la spécificité de la société marocaine. Et d’ajouter : «Notre objectif n’est pas d’obtenir des postes de responsabilité. Notre lutte sera ardue et de longue haleine. Et c’est l’USFP qui est le plus apte à rétablir l’équilibre dans la société».
Le programme de candidature de Driss Lachgar repose sur quatre points essentiels, à savoir la résurgence du projet social-démocrate, la renaissance du Maroc dans son authenticité civilisationnelle et son universalité, une présence remarquée sur la scène politique et un parti d’initiatives volontaristes et combatives.
La mission du futur Premier secrétaire du parti, selon Driss Lachgar, ne sera guère aisée, car il devra «remobiliser les énergies internes qui auront comme principale tâche de recoller au mouvement social. Pour y parvenir, il n’est d’autre voie que celle de l’implication des instances dirigeantes nationales, régionales, provinciales et locales, qu’elles soient territoriales ou sectorielles, dans la gestion des affaires du parti et dans la définition de ses choix et actions», lit-on dans la plateforme de Lachgar distribuée au début de cette conférence de presse. L’intervenant a, par ailleurs, ajouté que l’USFP a besoin d’une «direction courageuse», «combative» et «indépendante» dans ses prises de décision et dans ses positions.
Driss Lachagar a, en outre, plaidé pour l’unification de «la famille ittihadie». «Si nous obtenons la confiance des congressistes, nous allons œuvrer pour que les Ittihadis qui ont quitté notre parti, y retournent».
Il convient de rappeler que le IXème Congrès national se tiendra les 14, 15 et 16 décembre 2012 à Bouznika et que, en plus de Driss Lachgar, quatre autres candidats sont en lice pour le poste de Premier secrétaire du parti, à savoir Fathallah Oualalou, Habib El Malki, Ahmed Zaidi et Mohamed Talbi.

Introduction à la Plateforme de candidature de Driss Lachguar pour la fonction de Premier Secrétaire de l’Union Socialiste des Forces Populaires


IXème congrès national : Une approche globale - Une identité claire - Un Parti rénové

L’Union Socialiste des Forces Populaires traverse une étape des plus importantes de son histoire politique et militante. Par-delà les grands changements que vit la région, suite à ce qu’il est communément convenu d’appeler le « Printemps Arabe », notre parti est appelé à formuler des réponses à des questions de fonds, endogènes ou exogènes. Il est interpellé pour jeter un regard introspectif et prospectif sur ses capacités d’agir, ses forces et ses faiblesses, ses succès et ses déboires, ses formes d’expression et d’action, son système de pensée et sa pratique politique.
Il fait face également à des questions plus contextuelles, à la lumière de son positionnement dans l’opposition, après avoir contribué à la gestion du pays pendant plus de treize ans. Être dans l’opposition implique une réflexion stratégique sur la fonctionnalité renouvelée de l’USFP au sein du système politique global. Une telle réflexion ne saurait être possible sans décliner une identité idéologique qui permette de se départir de l’idée que l’opposition se résume à une diatribe parlementaire. Pour ce faire, nous devons avant tout avoir une compréhension claire du champ politique marocain, les acteurs qui l’animent, historiques ou
de création récente, leur articulation aux enjeux sociétaux, institutionnels et culturels et le champ de l’adversité politique dans lequel ils se tiennent.
La formulation de positions claires au sujet de notre identité, notre mission historique et notre fonction politique, ne peut être assumée en vase-clos, où le Moi individuel interroge le
Nous collectif. Nous ne sommes pas devant un exercice strictement théorique car la théorie ici doit être le réceptacle de questions pratiques, ouvertes sur l’action fondatrice. Notre identité renouvelée se doit d’être la matrice d’où se dégagera notre programme politique qui se traduira en actions claires et postures lisibles en matière d’alliances stratégiques ou contextuelles, de coordinations et de concertations ponctuelles.
Le IX congrès est appelé à s’attaquer à ces sujets dans une démarche novatrice inaugurant un processus de changement constructif dont l’angle d’attaque doit être la « Problématique Maroc » telle que perçue et vécue par chaque Marocaine et chaque Marocain et avec eux par les forces vives de la Nation. Une problématique qui implique deux questionnements sous-jacents :
• Vers quel futur s’achemine Le Maroc, en tant que Société, en tant qu’État et en tant qu’Economie ?
• Comment et dans quelle mesure notre parti peut-il influencer sa trajectoire ?
Ces questions sont abordées dans les documents produits par la commission préparatoire du
congrès et il sera du devoir de toutes les militantes et tous les militants dans chaque structure du parti d’en débattre et d’y apporter des réponses lors des délibérations du Congrès.
L’urgence de ces questions de fond et leur caractère crucial déterminent la nature du leadership dont doit se doter l’USFP. Notre Parti n’a d’autre option que de se doter d’une équipe dirigeante capable de prendre à bras le corps les attentes des militants et du peuple Ittihadi dans son unité et sa diversité avec clairvoyance certes, mais aussi et surtout avec détermination et combativité pour redonner au Parti sa stature et son rayonnement. Plus que jamais, l’USFP doit faire montre de clarté et de fermeté dans ses positions, rompre avec
les travers des consensus mous et ne rien céder sur les principes fondateurs de notre identité renouvelée. Pour ce faire le nouveau leadership doit pouvoir remobiliser toutes les potentialités humaines, intellectuelles, organisationnelles. Il doit agir et réagir d’une voix claire et audible, ni timide ni impulsive. Il doit guider et orienter l’action du Parti vers le politiquement productif et se départir de l’insipidité du politiquement correcte.
Notre expérience récente est une source précieuse d’inspiration. Riche et instructive dans ses achèvements elle n’en est pas moins douloureuse dans ses retombées politiques et organisationnelles. S’il est un constat partagé par tous, c’est bien celui qui considère que l’USFP a payé un lourd tribut pour engager le pays sur la voie de la transition démocratique.
Ce tribut résulte de notre totale et inconditionnelle implication dans un processus politique qui nous a enfermés dans les contraintes de la superstructure étatique. Nous avons accepté une solution aux nombreuses limites, endossant ainsi les impasses du système politique marocain. Nous nous sommes conduits en gardiens de la stabilité et la continuité de l’Etat, mus par une noble intention et n’ayant à l’esprit que l’intérêt du pays au détriment même de celui du parti. Le résultat qui s’en est suivi, fut révélateur de l’incompréhension par l’opinion publique et ses élites de notre démarche. Incomprise, notre démarche n’a pas pu obtenir l’adhésion de toute notre base qui fut mise à mal par les critiques acerbes qui lui étaient adressées. Il est certes aisé de faire une lecture à posteriori de cette expérience.
Mais gardons-nous de jeter un regard rétrospectif qui projetterait sur le passé les possibilités du présent. Ce qui est à l’ordre du jour c’est plus que le constat d’échec ou de réussite. Il s’agit pour nous de comprendre la situation politique qui en a découlé et de nous repositionner sur l’échiquier politique, forts des leçons du passé.
Une des conséquences majeures de l’alternance consensuelle fut que nous avions aliéné notre liberté de mouvement. Nous avons cédé l’espace de l’expression libre, indépendante et rigoureuse à d’autres. A tel point que l’opinion publique commençait à percevoir l’USFP comme une force stérile face aux principales problématiques qui ne manquaient pas de se révéler dans le sillage des réformes engagées. Le décalage s’est agrandi entre nous et les masses populaires avec notre participation aux deux gouvernements qui suivirent celui de l’alternance consensuelle.
En effet, alors qu’avec le gouvernement d’alternance l’USFP avait le bénéfice de la conduite des affaires, dans les deux autres notre participation à la gestion n’avait pas de pertinence politique aux yeux des militants et de l’opinion publique en général. Il s’en est suivi un manque de perspicacité et une ignorance quasi totale de l’avènement d’un nouveau rythme des mouvements sociaux et d’expression politique.
Ainsi au lieu d’anticiper les événements nous les avons subi, au lieu d’encadrer et d’orienter les nouveaux acteurs sociaux nous nous sommes obstinés à défendre un bilan certes positif mais insuffisant au regard des attentes montantes. Notre parti a manqué d’initiative, d’innovation, de capacité à se renouveler, à actualiser ses analyses et positions sur les sujets
qui préoccupent la société. Notre système de pensée fut défait par l’impéritie des organes dirigeants devant les nouveaux défis.
Aujourd’hui l’érosion de l’influence du parti et de son impact sur le cours des événements est confirmée par les médiocres résultats électoraux. Le parti fut victime de l’enlisement dans une logique infernale : nous dénoncions la crise de gestion, ensuite nous avions assumé la gestion de la crise pour se retrouver au bout du chemin empêtrée dans la gestion de crise de gestion.
Il nous faut stopper cet enlisement en formulant sans hésitations des réponses adéquates dans un langage simple et accessible à tous, en tenant compte uniquement de l’intérêt de la nation et de son devenir. Des réponses qui tiennent compte des aspirations des marocains, faute de quoi ces aspirations pourraient se transformer en menaces à la démocratie naissante dans notre pays, balayant par là même tous les acquis décrochés en matière de libertés publiques et individuelles, d’équilibre des pouvoirs, de répartition équitable des fruits de la croissance économique et de cohésion sociale.
Par-delà les questions politiques et institutionnelles ce sont les grands déficits sociaux qui représentent un problème fondamental au Maroc. Le plus inquiétant c’est que l’on a tendance à sous-estimer le niveau de frustrations sociales et des aspirations montantes des masses populaires. Or autant les frustrations et les privations trouvent leur voie pour se manifester, autant la formulation des aspirations nécessite un encadrement pour s’orienter et s’investir dans un projet sociétal constructif. Et c’est là que réside notre mission en tant que parti social-démocrate, celle de formaliser la problématique du changement social à partir de notre référentiel socialiste et d’actionner une dynamique politique qui ouvre des alternatives mobilisatrices. Des politiques publiques appropriées doivent être mise en place pour battre les agissements de tous ceux qui exploitent la misère des gens et qui font commerce de leurs souffrances pour conquérir des voix.
Dans un contexte dramatique ou les masses populaires sont passées dans la centrifugeuse de la crise sociale, que doit être la première mission de la nouvelle direction et du Premier Secrétaire du Parti ?
D’évidence, le Premier Secrétaire du Parti se devra de remobiliser les énergies internes qui auront comme principale tâche de recoller au mouvement social. Pour y parvenir, il n’est d’autre voie que celle de l’implication des instances dirigeantes nationales, régionales, provinciales et locales, qu’elles soient territoriales ou sectorielles, dans la gestion des affaires du parti et dans la définition de ses choix et de ses actions. Il s’agira de rassembler nos forces et d’ouvrir la porte à de nouvelles potentialités de femmes et d’hommes, d’acteurs sociaux, culturels et économiques, de créateurs et d’intellectuels. Tous les porteurs de projets structurants qui agissent pour un Maroc meilleur doivent trouver leur place dans notre parti dans la forme et les modalités les plus appropriées. Le but est de reconstruire la jonction entre le mouvement social et le mouvement politique pour des actions structurantes qui donnent à la revendication démocratique son prolongement social.
En clair il faudra se garder de croire que la mission du parti se résume à un combat strictement idéologique détaché de son contexte social et sociétal.
Autant dire que nous sommes appelés à entamer un tournant, celui du projet socialiste rénové que nous déclinerons en quatre axes fondateurs :
• La résurgence du projet social-démocrate ;
• La renaissance du Maroc dans son authenticité civilisationelle et son universalité ;
• Une présence remarquée dans la sphère politique ;
• Un Parti d’initiatives volontaristes et combatives.

Mourad Tabet
Mercredi 28 Novembre 2012

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