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Détergents bloqués, propreté en danger

Les produits de nettoyage retenus au port de Casablanca pour cause d’imbroglio administratif




Détergents bloqués, propreté en danger
Un grand risque pèse sur la propreté et l’hygiène du pays. On le doit à une situation aux fils enchevêtrés qui fait que des tonnes de détergents industriels et cosmétiques ainsi qu’une longue liste de différents produits de nettoyage domestiques et autres sont bloqués au service des fraudes au port de Casablanca depuis 17 jours. Les importateurs de détergents, en principe des sociétés ou de grandes surfaces ou encore des usines de production de produits de nettoyage, ne savent plus à quel saint se vouer. S’étant enquis des raisons ayant conduit à cette situation inédite, les importateurs se sont vus infligés une circulaire de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) du 21 /03/2013 qui stipule que le contrôle des produits en question n’est plus du ressort de l’ONSSA sans pour autant indiquer le ministère, le service ou l’instance qui s’occupera de ce contrôle. Les deux ministères concernés par ce contrôle, selon les importateurs qui ont reçu cette circulaire via la douane, à savoir celui du Commerce et de l’Industrie ainsi que celui de la Santé se refusent à se charger de ce contrôle nécessaire pour libérer des tonnes de produits bloqués dans les magasins du port de la métropole. Ce qui induit d’importants frais d’entreposage qui ne manqueront pas d’être répercutés par les importateurs sur le prix final de leur marchandise. De plus, la  «mise en quarantaine» de celle-ci induira, sans conteste, la raréfaction de l’offre et partant, un renchérissement des prix. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le consommateur qui aura à payer la facture, sans oublier que les usines de transformation de ces produits pourront être obligées de baisser leur cadence de production, et là, ce sont les travailleurs qui pourront voir leur salaire fondre comme neige au soleil. «Généralement, l’opération de contrôle ne dépassait pas les 48 h alors que nous attendons depuis 17 jours sans aucune explication. On est désorientés et aucun responsable ne prend en charge notre problème. Il fallait avant d‘émettre la nouvelle circulaire désigner l’organisme qui s’occupera de ce contrôle», a déclaré, non sans colère, à «Libé » l’un des importateurs de détergents. On a fait savoir aux importateurs que le dossier est traité au niveau du département du chef du gouvernement qui décidera de la partie qui s’occupera de ce contrôle et libérera et les importateurs et leur marchandise. Des importateurs que nous avons contactés sont déçus par  ces lenteurs et la gestion de ce dossier qui leur fait subir des pertes financières considérables. Ils pensent que la procédure va prendre beaucoup de temps et affectera négativement le marché des détergents et encouragera la contrebande dont souffrent déjà les importateurs.
Du côté de l’ONSSA, on nous fait savoir que ledit office a décidé depuis des mois de ne plus s’occuper du contrôle de ce type de produits et de se focaliser sur les produits alimentaires pour améliorer leur contrôle. «Les détergents sont des produits industriels ou cosmétiques et leur contrôle est du ressort des ministères de la Santé et du Commerce et de l’Industrie», a indiqué un responsable dudit office à «Libé». Le même responsable a expliqué que l’ONSSA a tenu plusieurs réunions avec toutes les parties concernées depuis des mois. Et il a été convenu que l’Office de la santé alimentaire cèdera sa place à un autre cadre légal de contrôle depuis janvier. Mais il semble que les ministères de la Santé et du Commerce et de l’Industrie ont d’autres chats à fouetter. Par conséquent, avec la décision de l’ONSSA de ne plus procéder au contrôle des détergents à la douane, un vide juridique s’est créé et aucune partie ne veut assumer sa responsabilité. Et ce sont les importateurs et les consommateurs qui en feront les frais. En réalité, la responsabilité est gouvernementale. Il est clair que le gouvernement Benkirane manque de cohésion et de coordination, car avant que le ministère de tutelle de l’ONSSA, à savoir l’agriculture, décide de suspendre ses activités de contrôle des détergents cosmétiques et industriels, la question devait être débattue au sein du gouvernement et l’Exécutif devait promulguer un décret de création d’un nouveau cadre légal de contrôle qui prendrait le relais et donc éviter le vide actuel.
Une autre preuve de l’anarchie, de l’improvisation voire parfois de l’incompétence qui règnent au sein de l’équipe gouvernementale qui ressemble à un orchestre en pleine cacophonie. Le dossier des détergents bloqués au port de Casablanca est la preuve d’une énième dissonance dans le récital populiste de la troupe Benkirane.

Kamal Mountassir
Vendredi 19 Avril 2013

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