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Des obstacles face aux rêves d'indépendance des Kurdes en Irak

Leur meilleur ennemi, la Turquie, un allié stratégique




Des obstacles face aux rêves d'indépendance des Kurdes en Irak
"Il n'y a pas de sacrifice trop grand quand on lutte pour un Kurdistan indépendant." Mehdi Fathi regarde la tombe encore fraîche de son fils Hogir, tué à 24 ans dans un bombardement le mois dernier sur la ligne de front séparant les peshmergas kurdes des combattants djihadistes sunnites dans le nord de l'Irak. "Je suis fier que mon fils soit mort en martyr", insiste Mehdi, lui-même un peshmerga ayant combattu contre l'armée de Saddam Hussein. 
Près d'un siècle après avoir tout perdu au change lors du démembrement de l'empire ottoman, privés d'Etat souverain, éparpillés entre quatre pays, les Kurdes voient leur rêve d'indépendance se rapprocher subitement alors que les combats entre sunnites et chiites menacent l'Irak d'implosion. Les Kurdes d'Irak, qui gèrent leur propre gouvernement depuis la fin de la première guerre du Golfe en 1991, ont déjà profité de la débandade des forces gouvernementales face à l'offensive sunnite en juin pour étendre leur territoire de près de 40%, s'emparant notamment des champs de pétrole et de la ville de Kirkouk, qu'ils revendiquent comme capitale nationale. 
Leur président, Massoud Barzani, a demandé jeudi au parlement régional de fixer les modalités d'un référendum sur l'indépendance. Et il ne fait guère de doute que les Kurdes voteront pour à une écrasante majorité, comme ils l'ont fait lors d'un vote à valeur consultative en 2005. Mais le contexte économique et les pressions extérieures, qu'elles viennent de Bagdad, Ankara, Téhéran ou Washington, pourraient bien persuader les dirigeants kurdes de ne pas risquer dès maintenant un tel pari.
 Les cinq millions de Kurdes irakiens, qui sont majoritairement musulmans sunnites par la religion, mais se définissent par leur langue et leur culture, jouissent déjà d'une large autonomie. 
Bien que conscient de l'impact que pourrait avoir une sécession sur sa propre minorité kurde, et officiellement favorable à l'unité de l'Irak, le gouvernement turc coopère avec les autorités du Kurdistan irakien pour préserver son territoire du chaos qui règne plus au sud et achète du pétrole kurde. De nombreux dirigeants du Kurdistan sont persuadés aujourd'hui qu'Ankara ne s'opposera pas à leur marche vers la souveraineté. 

Reuters
Mardi 8 Juillet 2014

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