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Des milliers de maisons sous une double menace

Entre délabrement et danger des bonbonnes de gaz




Deux habitations se sont effondrées à Casablanca  faisant deux morts et huit blessés.
Deux habitations se sont effondrées à Casablanca faisant deux morts et huit blessés.
Un nouveau drame s’est produit à Casablanca durant la nuit de lundi à mardi avec l’effondrement d’une maison sise au numéro 48 à   Hay Laâyoune.
Ce drame a été causé par l’explosion d’une bombonne de gaz dont  l’ampleur a causé l’effondrement d’une maison mitoyenne de celle-ci.
Cette explosion  a causé la mort de deux femmes, l’une âgée de 70 et l’autre de 45 ans, alors que les huit blessés (dont trois dans un état grave) ont été transportés vers l’hôpital Moulay El Hassan.
Selon des témoins oculaires, les éléments de la Protection civile ont utilisé des chiens dressés pour rechercher les rescapés sous les décombres.
Les autorités locales compétentes ont diligenté une enquête pour déterminer les circonstances de ce drame qui les interpelle au regard de l’état de délabrement avancé de certaines maisons de ce quartier populaire de Casablanca et d’autres quartiers à l’ancienne médina et à Derb Ghallef. Cette vétusté menace la vie des milliers de résidents.
Il convient de rappeler que la Charte communale a investi le Conseil de la ville et son président de la compétence dans le domaine des maisons menaçant ruine.
L'article 38 de celle-ci stipule à ce propos que «le Conseil de la communauté décide de la réalisation ou de la participation à la réalisation, de la restructuration urbaine, de la lutte contre l'habitat insalubre, de la mise à niveau des villes anciennes et de la rénovation du tissu urbain».
L'article 50 de la même Charte précise que le président du même Conseil a pour mission de «contrôler les constructions négligées ou abandonnées ou menaçant ruine et prend les mesures nécessaires à leur restauration ou leur  démolition, et ce en fonction des lois et statuts en vigueur». Ce qui ne signifie absolument pas que cela ne relève que de la seule compétence du Conseil de la ville, car cette problématique nécessite également l’intervention du gouvernement.
Ce dernier ne semble pas avoir les moyens de venir à bout de ce drame dans un avenir prévisible.
En effet, la résolution de ce problème s’élève à 7 milliards de dirhams et le ministre en charge de ce dossier avait déclaré lors d’un colloque sur « L’habitat menaçant ruine : données, expériences et approches », organisé récemment à Rabat que son département ne disposait pas actuellement de ces financements.
De son côté, le directeur de l’Habitat avait indiqué, en la même occasion, que l’habitat menaçant ruine est localisé dans trois types d’agglomérations : les logements historiques dans les médinas, les habitations délabrées et dégradées et l’habitat clandestin.
Les approches adoptées il y a quelques années ont permis la réhabilitation de 4.086 habitations à risque sur un total de 43.000 constructions, a-t-il précisé en notant que le ministère de tutelle se penchait sur le traitement des cas de 9.068 bâtisses menaçant ruine pour un financement de 2,2 milliards de DH, couvrant 14.000 ménages.
Il avait, par ailleurs, rappelé, que 141.000 familles habitaient des logements menaçant ruine, qu’un nouveau programme avait été élaboré en vue de la réhabilitation de 17.000 constructions à court terme et que des contrats avaient été conclus au sujet de 21.000 autres habitations pour la période 2017-2018.
Mais par-delà son aspect financier, ce dossier se caractérise par l’existence de nombreux autres problèmes dont le manque de compétence au niveau local, le déficit en ressources humaines, le nombre important d’intervenants et le manque de coordination entre l’Etat et les différentes institutions, les offres insuffisantes de relogement…
Les études disponibles révèlent en outre une dispersion et une hétérogénéité de l’état des connaissances et des données exploitables : tendances, cadences d’évolution, ampleur effective du phénomène menaçant ruine affectant les divers tissus urbains à travers l’ensemble du territoire national : médinas, habitat non réglementaire, etc. Les quartiers d’habitat clandestins constituent aussi une réelle et sérieuse menace latente pour la sécurité de leurs habitants.
En effet, selon les spécialistes, les causes et les types de dégradations enregistrés sont en étroite corrélation avec la qualité des matériaux de construction, les conditions et techniques de mise en œuvre, l’entretien et la protection des constructions. Le phénomène est également en croissance au niveau des nouveaux tissus notamment les nouvelles médinas comme celle de Derb Soltane qui vient d’être endeuillée.  

H.T
Mercredi 12 Octobre 2016

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