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Des laissés-pour-compte par la Sonadac privés de logements à Nassim

Ils sont aujourd’hui plus de 17.000 ménages à recaser alors qu’au lancement du projet ils n’étaient que 12.000




Il est 13h00. Tous les membres de la famille sont à table. Au menu, un bon tajine de sardines, le plat préféré des enfants d’Abderrahmane Ben Allal.  Ces derniers mangent avec grand appétit malgré les yeux rivés sur une séquence de leurs dessins animés préférés sur Carton Network, une chaîne américaine diffusée en arabe sur Nilesat. Et comme tous les enfants, ils ne cessent pas de rire, de bouger et taquiner les uns les autres.
Pourtant, ces enfants ne sont pas comme les autres. Ils vivent dans une barque en pleine ville, à quelques pas de la Foire internationale à Casablanca. Ils sont six personnes à partager un espace minuscule de quelques mètres carrés où ils doivent étudier, se reposer, manger et dormir. La famille fait partie des victimes de l’opération de recensement du projet de relogement des habitants de l’Avenue Royale.
« J’ai été écarté ainsi que ma famille à cause des responsables de la société SONADAC qui m’ont privé de ce droit prétextant que j’avais quitté ma maison menaçant ruine à Arsat Ben Slama et que donc je n’ai pas été recensé comme les  autres habitants ayant bénéficié de relogement », nous a raconté Abderrahmane Ben Allal, père de la famille.
Et de poursuivre : « C’est une injustice que j’ai dû subir par deux fois me privant d’être traité sur un pied d’égalité par rapport aux autres». Cet état est reconnu par plusieurs élus et responsables locaux qui estiment que les résultats du recensement datant de plusieurs années ne sont plus en phase avec la réalité. Le nombre de familles à reloger s’élève aujourd’hui à plus de 17.000 alors que leur chiffre initial datant du lancement de ce projet, il y a plus de deux décennies, était de 12.000. « Plusieurs personnes se sont mariées et ont eu des enfants sans compter les nouveaux locataires venus d’ailleurs …», nous a expliqué un édile de la ville.
Aujourd’hui, pour que la famille Ben Allal aspire à un logement décent, elle doit débourser 20 millions de centimes. Une somme jugée colossale pour cette famille pauvre et pratiquement sans revenu. « Où est-ce que je peux chercher cet argent ? Auprès des banques? Evidemment que non puisqu’aucune ne m’accordera un tel montant au vu de mon âge et du salaire de misère que je touche. J’ai 57 ans et il ne me reste plus que trois ans pour avoir ma retraite », explique-t-il. Et d’ajouter : « Je suis le seul à prendre en charge ma famille. Ma femme ne travaille pas ainsi que mes enfants qui sont encore à l’école ».     Des mots qui semblent tomber dans les oreilles d’un sourd puisque la SONADAC aurait promis de reloger uniquement les familles recensées à la base, alors que le restant des ménages devra payer un montant de 200.000 DH pour profiter d’un logement décent au quartier Nassim.
A ce jour, plus de 840 ménages ont été relogés de façon définitive, ce qui équivaut à 3.200 personnes sur un total de 3.700 ménages faisant partie du périmètre de la SONADAC et qui devraient être relogés dans les deux années à venir.

Hicham Sarharn
Mercredi 28 Octobre 2015

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