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Démolition d’habitations anarchiques à la commune de Dkhissa : Heurts entre forces de l’ordre et habitants à Meknès




Démolition d’habitations anarchiques à la commune de Dkhissa : Heurts entre forces de l’ordre et habitants à Meknès
Les autorités poursuivent inlassablement leur campagne de lutte contre l’habitat dit anarchique ou illégal à travers le pays. Mardi dernier, c’est dans la province de Meknès qu’une opération de démolition de ce genre d’habitat a eu lieu et, à l’instar de celles qui l’ont précédée, elle ne s’est pas faite sans heurts entre les forces de l’ordre et les personnes concernées. Plusieurs blessés sont à déplorer de part et d’autre.
Ce n’est, en effet pas la première fois que de telles échauffourées ponctuées d’arrestations et de condamnations ont eu lieu. Depuis le début de l’année, elles prennent une ampleur à la mesure de la détermination des autorités publiques de persévérer sur la voie qu’elles se sont tracée et de combattre ce fléau par la force. Ce qui a eu, entre autres dommages collatéraux, une nette augmentation des prix des matériaux de construction que les tensions exercées au niveau de l’approvisionnement du marché n’ont fait qu’aiguiser. Autre dommage collatéral, la flambée des prix des terrains agricoles situés à la périphérie des villes et que d’aucuns croient annonciatrice d’une prolifération à venir, comme c’est déjà le cas à Douar Tkalia (Casablanca).
De fait, le choix de la force, bien que nécessaire, ne peut servir de panacée face à ce problème qui perdure depuis l’indépendance.
Alors que les experts pensaient que ce type d’habitat était transitoire et appelé à disparaître, ils se sont rendu compte progressivement que, devant l’ampleur et la complexité des facteurs qui l’engendrent, on est en présence d’un phénomène durable qui constitue désormais un trait dominant du paysage et une des composantes essentielles de son développement urbain qu’il convient de traiter globalement et spécifiquement dans ses différentes formes d’expression. Ceci d’autant plus qu’en dépit des efforts entrepris par les pouvoirs publics pour résorber le déficit sans cesse croissant en matière de logements et garantir un habitat décent à tous les citoyens, les ménages à revenus faibles ou limités, ne trouvent pas sur le marché immobilier réglementaire, un produit en adéquation avec leur pouvoir d’achat et leurs difficultés d’accès au crédit bancaire.  
Les gouvernements successifs se sont certes fixés comme objectif premier d’accélérer la cadence de la production annuelle des unités d’habitat, sans jamais arriver à combler le déficit abyssal auquel ils doivent faire face. Ce qui ne peut que faire proliférer l’habitat anarchique qui continue, à vue d’œil, à constituer un véritable système de production de logements, exceptionnel par son développement et original par sa souplesse et sa capacité d’adaptation.
Sa progression appelle donc à une réflexion en profondeur sur la nature du phénomène, sur les mécanismes de son développement et de son évolution ainsi que sur la mise en œuvre de démarches sociales et juridiques innovantes et qui ne soient pas seulement d’ordre technique, réglementaire ou procédural, mais qui englobent aussi une vision sur le devenir de la ville. 

Les autorités poursuivent leur campagne contre l’habitat anarchique ou illégal à travers le pays. Cette fois-ci, c’est dans la province de Meknès que l’opération de démolition a eu lieu mardi dernier et comme les précédentes, elle ne s’est pas faite sans affrontements entre les agents d’intervention et les concernés par ces destructions. Plusieurs personnes ont été blessées de part et d’autre dans ces heurts lors d’une opération de démolition qui visait pas moins  de 70 habitations anarchiques et trois fermes entourées de clôtures, a-t-on indiqué de source locale. Les manœuvres avaient débuté à partir de huit heures et la riposte des habitants ne s’est pas fait attendre.
Un sit in a été improvisé et plusieurs slogans ont été scandés contre cette opération. Les habitants de cette zone qui se trouve sur la route principale reprochent aux autorités de pratiquer la politique de deux poids deux mesures puisque les logements anarchiques qui ne se trouvent pas sur le flanc de la route connaîtront un heureux sort car leur situation sera régularisée. Chose que les habitants n’ont pas appréciée et ont commencé à arroser les forces de l’ordre de jets de pierre qui ont causé des blessés.
Les blessés ont été évacués vers l’hôpital Mohammed V et l’hôpital militaire Moulay Ismail pour recevoir les soins nécessaires et sept personnes ont été arrêtées suite à ces incidents. On signale également qu’un véhicule de la gendarmerie Royale a été incendié. Ce dossier épineux qui a fait des victimes devrait être résolu avec plus de souplesse et surtout avec plus d’équité en désignant les vrais coupables qui ont permis ces constructions. Il est certain qu’une approche plus juste doit être adoptée dans ce sens.
L’affaire remonte à quelques années déjà. Avec la prolifération des habitations anarchiques dans la région une enquête a été diligentée  dans la commune de Dkhissa qui  a établi un rapport alarmant où étaient impliquées  24 personnes et à leur tête le président de la commune de Dkhissa. L’enquête   a relevé nombre d’irrégularités, dont la concession illégale de terres, concussion et défaut de permis de construire.
A rappeler que  le tribunal de première instance de Meknès avait récemment condamné plusieurs personnes dont le président de la commune de Dkhissa, un khalifa du caïd et deux conseillers à un an et demi de prison ferme et à une amende de 50.000 dirhams pour leur implication dans une affaire de construction anarchique, tandis que trois techniciens devront purger un an de prison et verser une amende de 50.000 dirhams pour leur rôle dans cette affaire. Mais le bouquet, c’est que onze promoteurs immobiliers ont écopé d’une peine d’emprisonnement de six mois et d’une amende de 10.000 dirhams pour le même délit, ce qui donne à réfléchir.

KAMAL MOUNTASSIR

Première conséquence du siège de douar Tkalia : Terrains et matériaux de construction de plus en plus chers

A Casablanca, les forces de l’ordre continuent d’assiéger les douars Lamkansa et Nabil, connus sous le nom de Tkalia. En effet, depuis plus de deux semaines, cette bourgade de 40.000 habitants a l’air d’une forteresse assiégée par des policiers et des éléments des Forces auxiliaires. Objectif : empêcher l’entrée des matériaux de construction et mettre fin à la propagation de l’habitat insalubre.
En effet, le douar en question semble devenir depuis peu un chantier à ciel ouvert. Une frénésie de constructions s’est emparée subitement de sa population qui a jugé le temps opportun à la construction de nouvelles maisons ou d’agrandir les existantes.
Une frénésie qui a eu un impact réel sur les matériaux de construction qui sont de plus en plus chers et les prix des terrains à bâtir qui n’arrêtent pas de grimper concomitamment  à des pénuries récurrentes des matériaux nécessaires à la construction de logements.
En effet, les prix des briques, du fer à béton, des fils électriques et du sable ne cessent de s’envoler. Actuellement, le prix du sable varie entre 1000 et 1400 DH selon qu’il s’agisse des camions de 6 à 7m3. Il y a juste trois mois, ces mêmes quantités étaient cédées à un prix variant entre 600 et 700 DH. Le sable n’est  pas le  seul à prendre l’ascenseur. Le prix du fer à béton qui est l’une des  pièces maîtresses dans la construction n’arrête pas de grimper. Désormais, il est vendu à 900 DH le quintal  contre 600 DH auparavant.
Les briques elles  non plus n’ont pas été épargnées par la hausse. Elles sont cédées aux clients entre 2,30 et 6 DH l’unité alors qu’elles étaient préalablement vendues à 1,20 DH. D’autres matériaux non moins importants ont tous connu une légère hausse de leurs prix.
Seul le ciment a connu une baisse. Le sac en est vendu à 75 DH  contre 120 DH auparavant.
De son côté, la main-d’œuvre a été également touchée par cette hausse des prix. Un maçon touche désormais 250 à 300 DH par jour et le maître d’ouvrage peut percevoir jusqu’à  40.000 DH par marché, voire plus.
Mais à douar Tkalia, il n’y a pas que les matériaux de construction et la main-d’œuvre qui ont connu une flambée des prix, les parcelles de terrains à bâtir ont elles aussi atteint des niveaux vertigineux.
En effet et aussi incroyable que cela puisse paraître, ils frôlent actuellement 10.000 DH le mètre-carré alors qu’ils s’échangeaient à près de 500 DH/m² auparavant.
Une hausse qui risque de s’aggraver davantage avec les informations qui circulent depuis peu sur une éventuelle transformation de cette zone en «zone villas ». Certaines sources ont affirmé que la dernière mouture du plan d’aménagement urbain d’Ain Chock prévoit la non restructuration de ces douars et le relogement de leurs habitants ailleurs. Pour certains observateurs, cette information non confirmée par l’Agence urbaine de la métropole, risque d’attiser les appétits des spéculateurs et les propriétaires qui ne vont pas hésiter à augmenter  leurs marges bénéficiaires.

Hassan Bentaleb

Libé
Jeudi 10 Mai 2012

Lu 2267 fois


1.Posté par le marocain le 10/05/2012 12:48
De tout ce que je viens de lire sous la plume de Hassan Bentaleb,je pense qu'il y a un délit de non prévention de ce genre de construction illégale de la part des autorités locales(à savoir Mokkadems,Chioukhs,Caïds)car ces derniers sont les yeux de M.Le Gouverneur de la Province.
Donc rien n'échappe rien n'échappe à ces auxiliaires de M.Le Ministre de l'Intérieur.Sans oublier les autres composantes de la force publique(police,Gendarmerie,Forces Auxiliaires)qui renseignent leurs Supérieurs à chaque fin de semaine.
D'ailleurs ce n'est pas des choses de petites tailles,ni de dimensions pour ne pas être visible à l'oeil nu.
Ces constructions perturbent le marché des matériaux de constructions qui ne cessent de faire augmenter le prix des matériaux de constructions(sable,fer à béton,ciment,main d'oeuvre,le prix des parcelles qui font disparaître l'agriculture.
L' Etat en la personne de M.Le Ministre de L'intérieur doit sensibiliser ses subordonnés à une surveillance stricte,et toute défaillance doit être réprimée de part les mis en cause que des agents de ce Ministère.Car certains agents d'autorités se s'enrichit illégalement.
Si les constructions de ce genre continuent,on va se trouver sans une terre agricole,et on sera obliger d'importer nos légumes d'ailleurs.
Force doit rester à la Loi.On ne dirait pas que tous les Marocains,n'ont pas de logement.Mais avec un peu de gentillesse on arrivera a faire loger ces gens,à condition d'être fichés.

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