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Dans son discours à l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire des accords de La Celle-Saint-Cloud

S.M le Roi : Le renouveau que vit le Maroc conforte l'impératif de démocratie et la dynamique de progrès




S.A.R le Prince Moulay Rachid a pris part, mardi à Paris, au dîner de célébration du 60ème anniversaire des accords de La     Celle-Saint-Cloud.
Ce dîner a été marqué par le discours de S.M le Roi Mohammed VI à cette occasion, dont lecture a été donnée par S.A.R le Prince Moulay Rachid.
Voici le texte intégral du discours Royal:
''Messieurs les ministres, excellences,     mesdames et messieurs,    
Aujourd’hui est un jour de mémoire et de fierté partagée. Nous sommes réunis pour élever bien haut la flamme du souvenir, afin que les jeunes générations n’oublient pas que chaque homme, chaque femme, mis en présence de la dimension d’un moment historique, a la capacité de se hisser au niveau du cours de la destinée humaine.
La célébration du soixantième anniversaire des accords de La Celle-Saint-Cloud fait partie de ces moments, qui marquent la riche histoire entre nos deux pays, et qui soulignent la spécificité des liens forts qui les unissent.
La volonté populaire et la fermeté manifeste des forces vives de la Nation marocaine en faveur du retour du Souverain légitime sur son Trône, témoignage de l’attachement indéfectible et de la symbiose entre le peuple marocain et Sa Monarchie, ont ouvert la voie à la Déclaration de La Celle-Saint-Cloud, qui représente aujourd’hui un jalon fort, un repère puissant dans notre histoire commune.
C'est à La Celle-Saint-Cloud, en effet, que des hommes d'exception, marocains et français, ont su, grâce à la vision sage et à l’attitude sereine et apaisée de feu Sa Majesté Mohammed V, que Dieu l'ait en sa Sainte miséricorde, ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre le Maroc et la France.
L’estime et la confiance furent essentielles, pour que le recouvrement par le Maroc de son indépendance et de sa souveraineté, ne cède place à aucun ressentiment, aucune amertume ou aucune inimitié.
Elles furent essentielles, aussi, pour aider le Maroc et la France à construire, depuis, une relation singulièrement originale fondée sur le respect mutuel et la dignité.
Excellences, Mesdames et Messieurs,    
Ces qualités restent pour le Maroc un aiguillon puissant pour cultiver l’identité qu'il s'est forgée à travers l’histoire. Une identité dotée de repères authentiques, ouverte aux apports extérieurs, et aux enrichissements novateurs qui lui viennent d'autres civilisations, d'autres cultures.
C'est cette vision et cette recherche de la modernité dans la fidélité aux traditions, qui animent le renouveau que vit le Maroc et qui confortent l'impératif de démocratie et la dynamique de progrès, que notre pays a résolument inscrits, dans notre histoire présente.
L'itinéraire spécifique du Royaume du Maroc s'explique par le choix d'une société libérale et démocratique, par le rôle joué par l'Institution Monarchique, soucieuse de l'ouverture du pays, aux valeurs universelles et à la promotion d'un Islam modéré et tolérant.
Cette trajectoire démocratique a permis au Maroc de consolider, dans le cadre de la Constitution de 2011, des évolutions de grande portée, comme la parité ; la justice transitionnelle ; la promotion des droits de l'Homme; une nouvelle gouvernance territoriale; la reconnaissance des spécificités régionales et le respect des diversités culturelles...
Cette dynamique permet au Maroc de construire un modèle de société, qui conjugue tout à la fois, l'expression de tous au respect de chacun.
Aussi, l’articulation entre la dynamique institutionnelle et l'ouverture économique a eu pour résultat une attractivité grandissante de l'économie marocaine, et une amélioration perceptible du niveau de vie des Marocaines et des Marocains au cours de la dernière décennie.
Ces choix se reflètent aussi dans l'image du Maroc à l'étranger. Celle d'un pays qui fait le pari de l'ouverture à travers la conclusion de plusieurs accords de libre-échange. Un pays qui assume un engagement volontariste envers l'Afrique; inaugure des partenariats tout aussi ambitieux avec les économies émergentes, mais qui continue surtout de croire dans la noble cause de l'idéal maghrébin, en dépit des adversités, que génèrent des calculs étriqués, et des stratagèmes à contrecourant de l'évolution du monde.
Excellences, Mesdames et Messieurs,    
Le lien particulier qui nous unit à travers notre histoire commune, est plus qu'un simple héritage, c'est une réalité vivante, surtout une promesse pour l'avenir.
L'amitié entre le Maroc et la France devrait être toujours capable de se réinventer, pour rester en phase avec les évolutions que chacun de nos deux pays est en train de vivre, et pour relever ensemble des défis du 21ème siècle.
Le Maroc et la France devront continuer d'avancer unis et exploiter leur intelligence collective pour apporter des réponses innovantes, aux grands questionnements qui interpellent la communauté internationale. A cet égard, il convient de se féliciter de l'excellente coordination entre le Maroc et la France, s'agissant de la lutte contre les changements climatiques comme l'illustre l'Appel de Tanger, que Nous avons lancé avec le Président François Hollande, en septembre dernier.
Nous souhaitons plein succès à la France qui abritera dans quelques jours la COP21 et nous œuvrerons sans relâche pour en faciliter le succès.
Forts de cette relation de confiance, les deux pays pourraient entrevoir des initiatives conjointes, sur des questions tout aussi sensibles, comme celle du vivre ensemble, et les problèmes de plus en plus préoccupants que vivent les communautés immigrées dans les pays européens.
Le Royaume du Maroc est engagé aux côtés de la France, pour sensibiliser les jeunes générations, en particulier aux dangers du radicalisme, pour mettre en avant la voie du juste milieu, loin des tentations extrêmes.
De plus, le Maroc et la France doivent se considérer comme les socles et les moteurs indispensables à la construction d'un espace euro-méditerranéen stable, solidaire et prospère.
Cette vocation du Maroc et de la France d'être à l'avant-garde des nouvelles articulations géopolitiques de notre espace commun, devrait inclure aussi l'Afrique.
Excellences, Mesdames et Messieurs,    
Les accords de La Celle-Saint-Cloud, que nous célébrons aujourd'hui, ont marqué, il y a soixante ans, une nouvelle page dans l'histoire entre nos deux pays.
Cette communauté de destins entre le Maroc et la France, deux nations souveraines et solidaires, est plus que jamais d'actualité. Elle constitue le meilleur gage, pour que nos deux nations continuent d'écrire cette histoire, dans l'avenir avec confiance et une ambition constamment renouvelée.
Je vous remercie ».
 
 

L’entame de la transition vers l'indépendance
 
Le 6 novembre 1955, feu S.M Mohammed V et le président du Conseil des ministres français, Antoine Pinay,  s'étaient rencontrés au château de La Celle-Saint-Cloud.
Lors de cette rencontre, Antoine Pinay a exposé au Sultan les principes généraux de la politique du gouvernement français visés par le communiqué du Conseil des ministres du 5 novembre 1955. Feu SM Mohammed V a confirmé son accord sur ces principes et a, en accord avec le gouvernement français, chargé le Conseil du trône, institué le 17 octobre 1955 et démissionnaire de ses fonctions le 3 novembre 1955, de continuer à gérer les affaires courantes du pays. Le regretté Souverain avait aussi confirmé sa volonté de constituer un gouvernement marocain de gestion et de négociations représentatif des différentes tendances de l'opinion marocaine. Ce gouvernement avait notamment pour mission d'élaborer les réformes institutionnelles qui feront du Maroc un Etat démocratique à monarchie constitutionnelle, de conduire avec la France les     négociations destinées à faire accéder le Royaume au statut d'Etat indépendant uni à la France par des liens permanents d'une interdépendance librement consentie et définie.
Feu S.M Mohammed V et Antoine Pinay étaient d'accord pour confirmer que la France et le Maroc doivent bâtir ensemble, et sans intervention de tiers, leur avenir solidaire dans l'affirmation de leur souveraineté par la garantie mutuelle de leurs droits et des droits de leurs ressortissants et dans le respect de la situation faite par les traités aux puissances étrangères.

Elisabeth Guigou : Les relations franco-marocaines n'ont pas d'équivalent

La relation entre la France et le Maroc n'a pas  d'équivalent et constitue un bien précieux que les deux pays doivent plus que  jamais chérir et cultiver, a souligné, lundi soir,  la députée française  Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. S'exprimant  à la clôture d'un colloque organisé à l'Institut du monde arabe  (IMA) à l'occasion du 60ème  anniversaire des accords de La Celle-Saint Cloud  sous le thème «France Maroc : une histoire partagée, des défis communs», Mme  Guigou a indiqué que la France et le Maroc vivent un moment des relations entre  l'Europe et l'Afrique qui mérite plus que jamais que les deux pays, ensemble,  aient la volonté d'être un pont entre les deux continents. «Le Maroc et la France doivent relever un défi, qui est à la fois moral,  politique, économique, social et écologique pour faire en sorte qu'ils puissent  ensemble amener l'Europe et l'Afrique à un partenariat économique fondé sur le  partage de la valeur et des technologies, a-t-elle dit, mettant l'accent sur la  nécessité pour les deux pays de travailler rapidement et de façon coordonnée  pour atteindre cet objectif.
La présidente de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée  nationale s'est dite convaincue que la stabilité politique et le développement  socioéconomique auxquels aspirent les sociétés dans la grande région Europe  Méditerranée-Afrique, dépendent de l'intégration de ces deux grands ensembles, notant que la France et le Maroc sont les deux clefs d'une même porte qui  peuvent ouvrir sur un destin partagé.
Pour elle, la France et le Maroc doivent travailler ensemble sur une  meilleure mobilité des jeunes, des créateurs, des chefs d'entreprise et de tous  ceux qui apportent quelque chose de constructif à la relation entre l'Europe et  l'Afrique.

Hubert Védrine : L'Afrique, un atout d'avenir pour Rabat et Paris

L'Afrique est un atout d'avenir commun pour le  Maroc et la France, a affirmé, lundi à Paris, Hubert Védrine, ancien ministre  français des Affaires étrangères.
Lors du colloque organisé à l'occasion du 60ème anniversaire des accords  de La Celle-Saint Cloud, l'ancien chef de la diplomatie française a appelé les deux  pays à monter des projets communs dans ce continent, mettant en exergue la  politique africaine très dynamique du Royaume, ainsi que l'action politique et  diplomatique menée à cet égard par S.M le Roi Mohammed VI.
Il a aussi rappelé la forte présence d'opérateurs marocains représentant  plusieurs secteurs en Afrique, citant parmi ces secteurs, les banques, les  assurances et les télécommunications.
L'ancien chef de la diplomatie française a en outre fait remarquer que les  deux pays ont des intérêts économiques croisés, plaidant pour des relations  économiques bilatérales  basées sur la compétitivité.
M. Védrine a aussi mis l'accent sur l'importance de la coopération  sécuritaire bilatérale pour faire face à plusieurs défis communs, insistant à cet égard sur la nécessité de promouvoir la relation de confiance entre les  deux pays.
L'ancien ministre français a, par ailleurs, relevé l'intérêt que représente  le programme de formation des imams notamment pour son pays, notant que ce  programme permet de mettre en relief le vrai visage de l'Islam.
Il a, d'autre part, évoqué la profondeur historique des relations  bilatérales, ce qui explique, selon lui, leur «résistance au moment des  difficultés». «Chaque fois qu'il y a eu des crises, la force des relations l'a  emportée», a-t-il expliqué.

Jack Lang : Le Maroc, un exemple pour les pays de la région

De par son modèle économique, politique et  humain, le Maroc offre un exemple à la fois pour les pays de la région et pour  la France, a affirmé, lundi à Paris, le président de l'Institut du monde arabe  (IMA), Jack Lang.
Les différents chantiers initiés par SM le Roi Mohammed VI au Maroc sont  une occasion de promouvoir davantage la coopération entre le Royaume et la  France, a souligné M. Lang à l'ouverture dudit colloque. Le voyage du président français François Hollande en septembre dernier à  Tanger a donné un éclat supplémentaire aux relations entre le Maroc et la  France, a-t-il dit, faisant remarquer que les deux pays partagent une  «communauté d'idées, de valeurs et de visions». Les deux pays partagent aussi des défis communs dont la construction de  sociétés pacifiques, tolérantes et créatives d'emploi, a-t-il poursuivi, mettant l'accent également sur les défis économiques à travers les projets  communs entrepris dans les deux pays.
M. Lang a en outre indiqué que le Royaume offre un exemple remarquable à  travers sa Constitution qui exalte la diversité des cultures et religions.
 

Jeudi 12 Novembre 2015

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