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D’après les experts de ce département, les prix auraient baissé sauf ceux du poulet : Le ministère de l'Agriculture nie l’évidence




D’après les experts de ce département, les prix auraient baissé sauf ceux du poulet : Le ministère de l'Agriculture nie l’évidence
Le Ramadan est là et avec lui les sempiternelles questions d'abstinence, de piété et, surtout, de renchérissement des prix des produits alimentaires auquel la dernière augmentation des prix des hydrocarbures a donné plus d'allant que d'ordinaire.
Pour cette année encore, les prix des fruits et légumes ont relativement augmenté quoiqu'ils semblent ne pas prendre plus d'ascendant que durant le même mois des années passées. Quoi qu'il en soit, les Marocains qui se transforment en super consommateurs et en dépensiers invétérés abordent ce mois avec beaucoup de crainte.
Durant le mois de Ramadan, l'argent en circulation augmente et les spéculateurs le savent et jouent la hausse. Chacun dans la chaîne de distribution augmente les prix, malgré les menaces proférées par les officiels qui feignent d'oublier, l'espace d'un moment, que la réglementation qui régit le secteur de la distribution, en l'occurrence la fameuse loi N° 06-99, porte sur la liberté des prix et de la concurrence et non sur l'encadrement de l'une ou de l'autre. Et puisque l'on consomme deux à trois fois plus durant ce mois, et que l'offre reste la même, les prix ne peuvent que suivre une courbe ascendante. Malgré les dénis de la division communication du ministère de l'Agriculture qui s'est fendue d'un communiqué affirmant que « les produits de grande consommation pendant le mois de Ramadan se situent à des prix stables, en baisse dans certaines catégories ».
Revenant une deuxième fois sur le sujet en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ce département reconnaît, néanmoins, que ce mois sacré « connaît habituellement une demande accrue en plusieurs  produits alimentaires notamment les tomates, les dattes, les légumineuses, le lait, le beurre, la viande ou encore les œufs » et réitérant le fait que « le marché sera bien approvisionné et que les prix se situeront à des niveaux acceptables ». Pour ce ministère, « les prix des produits de base restent à leurs niveaux habituels notamment les farines, le sucre, l'huile et le lait » et «les augmentations de prix enregistrées pour certains produits sont dues essentiellement au comportement du consommateur qui s'approvisionne en quantité supérieure aux besoins au début du Ramadan et non pas à l'indisponibilité des produits. Les cours se stabiliseront après la première semaine de jeûne ».  Deux alinéas plus bas, le communiqué précise que «les prix  moyens au détail  durant la semaine en cours  sont de 3,35 DH/kg pour la tomate ronde et de 3  DH/kg pour la tomate oblongue» et que durant cette semaine, «le  prix des oignons est de l'ordre de 2,80 DH/kg » et celui de « la pomme  de terre est de l'ordre de 3,10 DH/kg». Il suffit de se rendre à n'importe quel marché traditionnel ou moderne pour constater que les prix affichés sont supérieurs à ceux-là. Mais qu'importe puisque hormis le beurre industriel dont le prix  est de «56,40 DH/kg, soit  le même niveau  enregistré en 2011 à la même période » et du lait pasteurisé (6,60 DH/L) et UHT (8,50 DH/L) qui n'ont pas connu de variations » par rapport à l'année dernière vu le démantèlement douanier dont ce dernier vient de bénéficier, les œufs sont cédés à un prix plus cher que celui, déjà haut, indiqué dans le communiqué.
Pour ce qui est des dattes, les prix enregistrés durant cette semaine « sont  inférieurs de 2,5% à ceux de 2011 à la même période pour la variété Iraquia ». L'Iraquia et la Deglet Nour seraient, selon la même source, de 15,50 DH/kg et 30DH/kg.  Quant aux produits de la mer, « les prix  moyens affichent une diminution  moyenne globale de 3,3%  par rapport à ceux de  la même période en 2011 ». Encore faut-il faire des coudes pour en trouver, puisqu'en ce mois sacré leur consommation augmente à telle enseigne que leurs prix prennent vite l'ascenseur.
Quoi qu'il en soit, le véritable problème n'est pas là puisque tous ceux qui font leurs emplettes eux-mêmes ont durement ressenti les hausses des prix enregistrées ces derniers temps. L'Etat a un autre rôle à jouer que d'afficher de fausses mercuriales. Il doit lutter contre la création de pénuries par le stockage anarchique des produits et mieux contrôler la qualité de ceux qui sont mis en vente. Il peut également réguler les prix non pas seulement par le biais du démantèlement douanier mais aussi par l'importation par ses entreprises publiques des produits de grande consommation et par l'amélioration du climat des affaires. Il doit donc être plus réactif et agir tant en amont et qu'en aval.
M.C

Libé
Samedi 21 Juillet 2012

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