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Consolidation du taux de bancarisation

Tenue d’une rencontre sur «Le rôle des banques dans le financement des pays arabes»




Consolidation du taux de bancarisation
«Le taux de bancarisation au Maroc est passé de 40 à 62% en l’espace de 10 ans au moment où la population urbaine ne représente que 55% de la population totale du Royaume», c’est ce qui découle de l’intervention du directeur général d’Attijariwafa Bank, Ismaïl Douiri, dans le cadre d’une rencontre sur «Le rôle des banques dans le financement des pays arabes».
Le DG du leader national a attribué cette  hausse du taux de bancarisation au Maroc à la concurrence acharnée entre les opérateurs du marché bancaire, soulignant qu’elle s’explique également par les mesures prises par les établissements bancaires notamment en faveur des populations rurales, à travers l’adoption du principe de proximité, avec la création en milieu rural de petites agences bancaires efficaces et innovantes.
Sur le même registre, il est à rappeler qu’une étude sur la concurrentiabilité du secteur bancaire réalisée par le cabinet d’audit et de conseil international Mazars au profit du Conseil de la concurrence (CC), publiée en 2013, avait indiqué que le secteur bancaire marocain connaît une forte concurrence qui a donné lieu à une forte baisse des taux d’intérêt et des commissions pratiqués entre 2005 et 2011. 
Cependant, elle relève que le taux de bancarisation au Maroc reste faible, ce qui impacte négativement la compétition entre les banques, poussant certaines d’entre elles, en l’occurrence Attijariwafa bank, la BCP et BMCE bank, à opter pour l’internationalisation de leurs activités afin de trouver de nouveaux relais de croissance.
En ce qui concerne la concurrence au sein de ce secteur, l’étude note qu’elle se fait à travers le taux d’intérêt, qui dépend du niveau de liquidité, et des tarifs homogènes et variables. Dans ce sens, elle souligne qu’il n’y a pas d’entente en termes de tarifs entre les banques et que ces dernières ont aussi des positions totalement différentes les unes des autres.
Ce qui s’illustre, selon ladite étude, sur le plan des cibles visées par chacune d’entre elles. Il existe d’un côté Attijariwafa bank et BCP qui ciblent une bancarisation de masse de la population et de l’autre les banques à capitaux français (BMCI, Société Générale, Crédit du Maroc) qui proposent plutôt des produits à plus forte valeur ajoutée. Les experts du Mazars expliquent dans cette étude que ce sont donc deux grilles tarifaires totalement différentes.
En ce qui concerne l’accès à ce marché, les spécialistes du cabinet français ont précisé qu’il existe trois types de barrières à l’entrée au marché bancaire. Il s’agit des barrières réglementaires, relatives à l’agrément de Bank Al-Maghrib BAM, les barrières structurelles qui concernent notamment l’asymétrie de l’information et l’économie des coûts et celles stratégiques, notamment le couplage des offres.
 Ils ont précisé aussi qu’en dépit d’une politique de privatisation et d’ouverture du capital des banques publiques aux investisseurs privés, déclinée depuis déjà plusieurs années, le premier actionnaire du secteur  reste l’Etat.  Dans le détail,  ils soulignent que  l’Etat contrôle 7 banques, contre 8 autres qui sont à capitaux étrangers, et qu’il  existe aussi une seule banque mutualiste, alors que les 3 restantes sont constituées de capitaux privés. 
L’étude avait émis une série de recommandations ; elle a proposé de poursuivre les efforts en matière d’amélioration de la  transparence en termes  de tarifs appliqués, notamment à travers la simplification et l’accès à l’information via le web de manière à leur permettre d’être plus proches de la clientèle. 
Elle a recommandé également la simplification de la mobilité bancaire des clients, la poursuite du travail initié par Bank Al-Maghrib sur la lisibilité et la comparaison des tarifs bancaires, et la réflexion sur le taux d’intérêt maximum conventionnel. Du côté des opérateurs, elle a jugé nécessaire de rendre plus performants les systèmes de comptabilité analytique des banques et de mettre en place des organismes indépendants de notation des banques.  

Mohammed Masmoudi
Samedi 21 Juin 2014

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