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Complexe Bechar El Kheir de Hay Mohammadi : Une chance d’insertion au profit des laissés-pour-compte




Complexe Bechar El Kheir de Hay Mohammadi :  Une chance d’insertion au profit des laissés-pour-compte
Le complexe Bechar El Kheir au cœur du quartier défavorisé de Hay Mohammadi à Casablanca, accueille depuis trois ans les laissés-pour-compte, les exclus de la société, et tous ceux qui sortent « des sentiers battus ».
A l'origine du projet, le REAC (Réseau éducatif des arts et de la culture) qui regroupe six associations spécialisées dans le domaine artistique. Selon Hanane Rizki, présidente du réseau, «le REAC a été créé pour redonner à l'art et à la culture une place de choix dans le Royaume».
Le constat de départ est simple : les artistes qui travaillent le plus souvent dans des conditions peu propices à la création, imaginent un lieu où tout serait réuni pour générer l'activité artistique.
Le projet du complexe est alors soumis à la Fondation Mohammed V qui l'approuve. C'est cette dernière ainsi que le conseil de la ville de Casablanca qui en financent la construction et l'équipement.
Depuis, le complexe a accueilli des jeunes désireux de suivre des cours de formation professionnelle autre qu'artistique. Il est également devenu autonome. Il « vit » uniquement grâce aux cotisations des adhérents et surtout grâce à la motivation et à l'engagement sans faille de son équipe dirigeante.
L'offre liée au domaine culturel et artistique est multiple. De nombreuses formations sont proposées à une frange de la population bien particulière : ceux qui sont sortis du cursus scolaire classique et tous ceux qui aspirent à se réinsérer dans la vie active par le biais de la formation professionnelle. Au programme de l'enseignement figurent les métiers de la communication : journalisme, publicité et audiovisuel entre autres, ainsi que les métiers artistiques : musique, danse ou encore théâtre. De plus, diverses formations sont proposées dans des domaines plus généraux tels que la sécurité, l'esthétique, le modélisme ou le secrétariat par exemple.
Le coût de la formation défie toute concurrence puisque la gamme tarifaire débute à 50 dirhams par mois pour atteindre un maximum de 300 dirhams pour la formation d'audiovisuel qui reste la plus chère en raison du matériel qu'elle nécessite.
Toutes ces initiatives sont là pour favoriser l'essor du « parascolaire » et offrir une alternative à la formation privée souvent inaccessible pour les bourses les plus modestes. Les jeunes occupés pendant la journée ou après les cours sont alors moins enclins à « traîner » dans le quartier. « L'art et la culture sont là pour protéger les jeunes de notre pays », affirme Mme Rizki.
Par ailleurs, des cours d'alphabétisation sont dispensés au centre Bechar El Kheir. Ces derniers sont financés par l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et profitent à 366 femmes depuis trois ans. En marge, les femmes suivent des cours de couture ou de cuisine afin de diversifier leurs activités.
Une « maternelle artistique » a été également mise en place dans le complexe afin d'assurer l'accueil des plus jeunes enfants dès l'âge de douze mois et de leur proposer une première forme d'apprentissage exclusivement axé sur la dimension artistique. Il s'agit par ce biais de « sensibiliser » les familles aux nombreuses opportunités offertes par le complexe.
 En parallèle, d'autres initiatives sont en cours pour promouvoir les activités du centre. De nombreuses rencontres ont ainsi eu lieu entre des artistes du Royaume et les jeunes du centre. Le défunt acteur Hassan Skali était ainsi l'invité officiel d'une cérémonie marquant la fin de la première année scolaire du complexe. Cette année, ce sera au tour du dramaturge Tayeb Seddiki d'endosser ce rôle.
De plus, un nouveau projet « d'annuaire des artistes » est aujourd'hui en cours de développement. Najat Skali, initiatrice de ce projet, explique qu'il s'agit désormais de faire connaître le centre aux professionnels du milieu artistique. Pour ce faire, l'accent est mis sur l'évènementiel : le centre organise ainsi des expositions, des dédicaces de livres ainsi que des castings de films.
Dans une société où les jeunes ne rêvent que d'autres horizons, il s'agit de leur prouver que chacun peut trouver sa voie et s'y épanouir.  Mmes Rizki et Essakalli exhortent ainsi l'ensemble de la société à découvrir le complexe Bachar El Kheir afin de constater de visu qu'ici aussi un avenir est possible.

SOFIA ALIAMET
Vendredi 13 Novembre 2009

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