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Cheb Kader : Je suis victime de marginalisation voire de boycott




 
Précurseur et réformateur de la chanson
raï des années 80, Cheb Kader accuse
certaines émissions de variétés de l’ignorer
en dépit de sa longue et riche carrière.
L’artiste, qui ne cache pas sa frustration
à l’égard de certains médias audiovisuels
nationaux vient de sortir un nouveau
single intitulé « El Ghim », une production
totalement réalisée au Maroc.
 
Libé : Vous avez mis sur le marché un nouveau single totalement produit au Maroc. Qu’est-ce que cela change pour vous sur le plan artistique ?
Cheb Kader : Ce single est le fruit d’un projet que je porte depuis quasiment un an. Il s’agit de ma première production 100% marocaine; inspirée de la musique marocaine gharnatie, donc originaire de l’Andalousie. Avec une touche moderne et une couleur orientale puisqu’on a du oud, du violon, du ney (flûte orientale).
Ce qui change, c’est le fait de retrouver une âme perdue et que l’on trouvait dans le raï ancien, avec violon, oud et darbouka qui ont fait notre particularité. Je suis comme un arbre qui a retrouvé ses racines, sa terre d’origine.
Ce qui a également changé, c’est que  j’ai vécu une nouvelle expérience avec des musiciens d’un nouveau genre. Car, j’ai toujours enregistré mes titres avec des musiciens, soit étrangers soit français d’origine maghrébine. C’est donc la première fois que je le fais avec des musiciens locaux.
Le single a été réalisé entre Casablanca et Rabat avec Hicham Slamine de Settat (arrangeur), Cheb Midou de Casablanca (paroles) et Zohir Bouchnak (musique).
Etes-vous satisfait de cette première expérience ?
J’ai trouvé un certain confort de travail, de bonnes conditions techniques ainsi que d’excellents musiciens et paroliers écrivains. Tout  était réuni pour faire du bon travail. Je suis très satisfait d’autant plus que le résultat est à la hauteur de mes attentes.
Il semble que vous ayez des soucis avec certains médias audiovisuels. Quel est le problème ?
Bien qu’au top de ma forme, je suis totalement ignoré de la programmation de certaines émissions de variétés. Se retrouver aujourd’hui dans une telle situation est injustifié pour quelqu’un qui a fait l’objet  de 400 articles de presse, qui a participé à plus d’une centaine d’émissions télévisées à l’étranger, qui a toujours essayé de donner une bonne image de son pays et du raï. Comment peut-on organiser des soirées de variétés sur le raï et ignorer la plus grande figure nationale?
Comment vivez-vous cette situation?
Je la vis très mal. D’autant plus que ce n’est pas mon travail qui est mis en cause, ou qu’il s’agit d’une question d’actualité, puisqu’un single est sur le marché. En plus, mes chansons sont connues tout comme mon répertoire et plus de 150.000 fans me suivent sur ma page Facebook. On ne peut pas me faire croire que Cheb Kader n’a plus la cote. C’est totalement faux ! Il y a une autre raison, mais je ne vais pas déballer ici les véritables mobiles. Quoi qu’il en soit, je vais continuer à servir mon pays même si on me met des embûches.
Peut-on tout de même connaître les raisons de ce boycott ?
La réponse réside dans les mutations que connaît le Maroc. Autant il y a des jeunes dynamiques qui ont envie de travailler et de faire de grandes choses, autant vous avez des anciens encore installés aux postes clés qui n’ont pas envie de bouger. Ils n’ont vraiment rien compris à notre démarche ni à ce qu’on veut faire.
Ce boycott dure depuis trois ans. On a même été jusqu’à afficher mon nom à des concerts et festivals alors que je n’y étais même pas invité. Peut-être qu’ils ne connaissent pas Cheb Kader, ignorent ce qu’il a fait à l’étranger pour le Maroc et apporté au raï dans les années 80,  ce qui a permis à Khaled, Mami et à d’autres artistes de renom de donner à ce genre musical une visibilité à l’international.
Que souhaiteriez-vous dire à ceux qui vous boycottent ?
J’en appelle à ces gens : Soyez raisonnables, vous ne pouvez pas fermer la porte à quelqu’un qui a autant travaillé pour son pays et qui, une fois rentré chez lui, trouve tellement de difficultés.
S’ils ne sont pas capables de proposer une bonne programmation artistique, ils doivent songer à laisser la place aux jeunes et faire autre chose. J’ai envie de leur dire : « Laissez le domaine artistique à ceux qui en ont la compétence ».
Cette situation aura-t-elle des incidences sur  votre dernier single?
Heureusement qu’il y a encore des gens intelligents et cultivés dans ce pays qui  se démarquent de ces pratiques. Certaines radios m’invitent encore. Sans compter les nombreux médias qui me connaissent depuis 30 ans et continuent à me suivre.

Propos recueillis par Alain Bouithy
Mardi 1 Décembre 2015

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1.Posté par hicham le 01/12/2015 14:35
dommage pour cet artiste que j'ai suivi pendant plus de 30 ans, il était en avance sur son temps dans les années 80. son style ne pourrait jamais être copié. pourquoi lui tourner le dos après tant d’années passé à hisser le rai marocain dans les pays européens et mondiale... un peu de reconnaissance quand même 7chouma.

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