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Bouteflika prête serment avec de grandes difficultés

Abdelmalek Sellal, nommé Premier ministre




Bouteflika prête serment avec de grandes difficultés
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika qui a prêté serment lundi pour un quatrième mandat, mais avec de grandes difficultés d'élocution, a raté cette épreuve indispensable, estimaient mardi des journaux d'Alger s'interrogeant sur ses capacités à assurer ses fonctions.
Assis dans un fauteuil roulant, la main droite sur le Coran, M. Bouteflika a répété lundi d'une voix faible un texte d'une dizaine de lignes lu par le président de la Cour suprême, Slimane Boudi. Il a ensuite lu une brève allocution en butant sur les mots.
 "Bouteflika recalé à l'oral", écrivait El Watan dans son éditorial observant que le président, "handicapé par la maladie, fut contraint de puiser dans ses maigres ressources pour passer ce grand et éprouvant oral".
M. Bouteflika, 77 ans, a été victime il y a un an d'un AVC qui l'a conduit à près de trois mois d'hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris.
"Les Algériens qui ont suivi à la télévision ce moment tragicomique avaient mal pour l'Algérie en voyant ces images peu rassurantes sur l'état de santé de Bouteflika qui présidera aux destinées du pays pendant les cinq prochaines années", notait El Watan.
El Khabar faisait sa "une" sur un "discours inachevé" du président de la République qui, après un serment de 94 mots en arabe, a dû interrompre la lecture de son discours, distribué aux journalistes présents sur les lieux de la cérémonie qui a duré au total une trentaine de minutes.
Liberté évoque une "cérémonie expéditive" et relève que M. Bouteflika "n'a lu que le préambule de son discours (de 12 pages) confondant +scrutin+ et +référendum+".
"La prestation d'hier nous a ramenés, une fois de plus, à la question têtue de la capacité du président à assumer réellement sa charge", analysait de son côté Le Quotidien d'Oran.
"Le régime peut affirmer que tout est en ordre, le débat médical continue avec ses prolongements politiques", écrit le journal.
Abdelaziz Bouteflika a été réélu le 17 avril pour un quatrième mandat avec 81% des voix, lors d'un scrutin lors duquel ses détracteurs ont crié à la fraude.
Abdelmalek Sellal, nommé lundi Premier ministre en Algérie, est entré en politique avec le président Abdelaziz Bouteflika, après une carrière de technocrate dans l'administration et la diplomatie.
Il retrouve un poste qu'il avait occupé de septembre 2012 à mars dernier lorsqu'il a été désigné par M. Bouteflika pour diriger sa campagne électorale.
A 65 ans, M. Sellal s'est imposé comme un des piliers du dispositif de M. Bouteflika, un président affaibli par la maladie qui a prêté serment lundi pour un 4e mandat lors d'une brève cérémonie où il est encore apparu en fauteuil roulant.
Taille de basketteur, moustache fine et cheveux gris, cet homme qui n'a jamais milité dans un parti politique, a déjà dirigé les campagnes électorales de Bouteflika en 2004 et en 2009, mais sans se mettre en première ligne.
Cette fois, il a pris la tête d'une équipe de sept émissaires chargée de sillonner le pays pour convaincre les électeurs, le candidat ne pouvant mener campagne en raison des séquelles d'un AVC dont il a été victime l'année dernière.
Mission ardue pour ce piètre orateur puisqu'il s'agissait de remplacer un redoutable tribun maniant à la perfection l'arabe et le français, parsemant ses harangues de références coraniques qui lui valent le respect des religieux.
Tout a failli commencer mal pour M. Sellal à la spontanéité déroutante, qui affectionne l'humour et les bons mots. Une boutade sur les chaouis, les habitants des Aurès d'où est originaire Ali Benflis, le principal rival de Bouteflika, a été happée par les internautes et a suscité une levée de boucliers contre lui.
M. Sellal a dû s'excuser à plusieurs reprises et a même évité de faire campagne à Batna, la capitale des Aurès où il avait pourtant prévu de se rendre.
Ses blagues et ses réparties parfois abruptes font le miel de chroniqueurs et de quelques rappeurs.
Fidèle parmi les fidèles de Bouteflika, il a passé le temps de la campagne à glorifier le chef de l'Etat en le présentant comme un "ange" qui a "réalisé le miracle" en Algérie et qui a "extirpé le pays des ténèbres vers la lumière".
Un expert des relations franco-algériennes a assuré à l'AFP sous couvert de l'anonymat que M. Sellal est un "homme de grand talent" et un "client sérieux pour l'avenir".
 En visite en décembre 2013 à Paris où il avait représenté le président Bouteflika au sommet France-Afrique, il avait assuré que l'Algérie "fière de son passé et de son histoire" n'avait plus aucun complexe à nourrir vis-à-vis de la France.
Père de trois enfants, M. Sellal est lui-même membre d'une fratrie de treize frères et soeurs. "Une équipe de football complète avec deux remplaçants", s'amuse-t-il dans un entretien avec l'AFP.
Ce diplômé de l'Ecole nationale de l'administration (ENA) d'Alger né le 1er août 1948 à Constantine, la métropole de l'est algérien, a entamé sa carrière politique fin 1998.
Il fut alors rappelé de son poste d'ambassadeur à Budapest pour occuper le poste de ministre de l'Intérieur alors que l'ancien président Liamine Zéroual décidait d'écourter son mandat et que la candidature de M. Bouteflika allait être annoncée.
Il a ensuite pris en charge les portefeuilles de la Jeunesse et des Sports, des Travaux publics, des Transports et des Ressources en eau.
Sa carrière professionnelle a commencé en 1974 dans un cabinet préfectoral. Il sera ensuite plusieurs fois sous-préfet et préfet. Il arrivera ensuite au ministère des Affaires étrangères comme directeur des Ressources humaines puis comme chef de cabinet du ministre avant sa nomination à Budapest en 1996.
 

AFP
Mercredi 30 Avril 2014

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