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Bourse des valeurs de Casablanca Perspectives incertaines




Bourse des valeurs de Casablanca  Perspectives incertaines
 
L'état de panique sur lequel la Place casablancaise a clôturé l'exercice  2011, et qui  s'est un petit peu atténué pendant les premiers mois de l’année en cours quand la BVC avait enregistré des évolutions positives, est remonté en surface durant les mois de mars, avril et mai. C'est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture de la Direction du trésor et des finances extérieures.
L'activité boursière a, en clair, été marquée par un trend baissier nourri par la méfiance des investisseurs quant à la prise de risque. C'est la lecture la plus simple qu'on peut faire des contre-performances annuelles réalisées par les principaux indices de la place (6,7%) ; le MASI ayant affiché une baisse de 15,7% et le MADEX, composé des valeurs les plus actives ayant fléchi de 15,6%.
Sur  ledit trimestre, le volume des transactions a enregistré une baisse notable de 39,8 MMDH, soit un recul de 68,5 % par rapport à fin mai 2011, pour ressortir à 18,3 MMDH. Cette régression résulte notamment de la chute des apports de titres de 33,4 MMDH ainsi que celle des échanges sur le  marché central et sur celui des blocs qui ont, respectivement, baissé de 6 MMDH, soit 37,2 % et de  2,7 MMDH (33,40%). La capitalisation boursière, quant à elle, a enregistré une légère baisse de 7,1% (36,6 MMDH), en passant de  516,2 MMDH à fin décembre 2011 à 479,6 MMDH à fin mai 2012. 
Cette tendance n'est qu'une poursuite du trend baissier qu'a connu la BVC en 2011.  Selon le rapport annuel de la Place casablancaise, tous les indicateurs ou presque sont en chute. A leur tête le résultat net qui a baissé de 57%; ce dernier s'est établi à 32 millions de DH  (MDH) alors qu'il était de 75 MDH en 2010. D'après le même rapport, le marché central et le marché de bloc ont connu une baisse de  29% des transactions. Le chiffre d'affaires (CA), quant à lui, a reculé de 40%.
 A l'instar du CA, la capitalisation boursière s'est dégradée de 10,85% en s'établissant à 516 milliards de DH (MMDH). Le volume des transactions a lui aussi chuté, en s'établissant à 103 MMDH. Il a ainsi baissé de 13,81%. La baisse n'a rien épargné. Ainsi les indices MASI et FUTESE 15 ont respectivement baissé de 12,86% et de 1,42%. S'agissant de la répartition du volume des transactions par produit, les actions s'accaparent la plus grande part avec 90,8% et 9,2% seulement pour les obligations, toujours selon la même source. 
Certains observateurs ou analystes renvoient les causes du trend baissier que connaît la Place casablancaise depuis la mi-mars 2008, à plusieurs facteurs.  Au début, cette décrue n'était pas visible, les indicateurs du marché financier n'ayant fait apparaître aucun signe de dégradation de la perception du risque au Maroc par rapport à d'autres marchés émergents. 
Les réserves officielles brutes couvraient 1.100 % de la dette extérieure à court terme, ce qui témoignait, en partie, de la gestion prudente de la dette et des flux continus d'IDE et d'envois de fonds des MRE. 
Globalement, le secteur financier était solide et résistant aux chocs. Les provisions des banques étaient généralement suffisantes et ces dernières étaient peu exposées aux risques extérieurs, que ce soit du côté de l'actif ou du passif, ce qui réduisait considérablement la transmission des risques des marchés financiers mondiaux à l'économie réelle.
Cette chute libre  que connaît la BVC, rappelle les quatre années de crise que le marché boursier marocain a vécues entre septembre 1998 et juin 2002. Apparemment, elles n'étaient pas  assez riches en enseignements pour l'ensemble des intervenants de la Place. Un des éléments-clés ayant concouru à la précipitation de la baisse de l'indice de référence de l'époque fut la surabondance des liquidités face à une modicité de l'offre notamment celle de nouveaux papiers.
La reprise entamée à partir de juillet 2002, et qui a perduré jusqu'à la mi-mars 2008, a largement profité d'un retour du climat de confiance né de la persistance de la liquidité sur le marché ainsi que de la cotation d'une trentaine de titres dont une part importante était de qualité, notamment Maroc Telecom. Ce qui nous mène à dire que la BVC a besoin de nouvelles cotations de qualité.
Un autre facteur important de la relance résulte des perspectives de croissance des sociétés cotées, qui peuvent soutenir favorablement le marché vers le vert.  Rappelons que les perspectives de croissance bénéficiaire globale des sociétés cotées ont également soutenu l'orientation favorable du marché (+22% en 2004, +26% en 2005, +17% en 2006 et +31% en 2007).
Cette année, alors qu'on s'attendait à une reprise après trois premiers mois en vert, la tendance est de plus en plus influencée  par l'éventuel impact global que pourrait générer la crise de la zone euro qui semble provoquer de nouvelles anticipations négatives de la part des investisseurs. 
Pour ce qui est de l'année dernière, cette panique s'explique par la conjonction de plusieursf acteurs. En premier lieu, le Printemps arabe, qui a conduit à un désengagement des investisseurs étrangers des Bourses régionales, y compris celle de Casablanca. Pour le compte  de l'année 2011, le montant des investissements étrangers en actions cotées a connu  une baisse de l'ordre de 11,7% par rapport à l'année 2010, passant ainsi de 167 milliards de dirhams en 2010 à 147,7 milliards de dirhams en 2011. Soit une diminution de l'ordre de 19.3 MMDH, selon un ancien rapport sur l'investissement du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). 
En second lieu, l'environnement boursier a été fortement influencé par la morosité de la conjoncture économique au niveau international, en particulier chez nos principaux partenaires économiques. 
Par ailleurs, on assiste au ralentissement de la croissance au niveau national pour 2012 et la déception des investisseurs quant aux réalisations financières des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca au cours de l'exercice 2011.
De même, le rythme des introductions en bourse, censées dynamiser la Place et niveler par le bas ses niveaux de valorisation, a baissé puisque sur les sept premiers mois de l'année, seule une  valeur a accédé à la cote.
Cette  période de stagnation de la Place est accompagnée par une insuffisance de profondeur reflétée par des volumes de plus en plus faibles, un manque de visibilité de la part des opérateurs du marché et un vraisemblable début de désengagement des investisseurs étrangers. Ce sont précisément les signes précurseurs d'un essoufflement du marché, aggravé par les prémices d'un ralentissement de la croissance. Dans ces conditions, les investisseurs ne semblent pas vouloir sauter dans l’inconnu.
 

MOHAMMED TALEB
Lundi 30 Juillet 2012

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