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Bilan satisfaisant, perspectives encourageantes, mais persistance de zones d’ombre




La Journée nationale du cinéma a eu lieu le 21 octobre  au siège du ministère de la Communication à Rabat. Cette célébration, tenue traditionnellement le 16 octobre de chaque année est devenue un  rendez-vous de bilan, d’annonce  des projets d’avenir et d’information sur la politique et la stratégie du ministère et du Centre cinématographique marocain,   en matière de cinéma.
Côté bilan, le ministre  s’est félicité des progrès accomplis depuis l’arrivée du   nouveau gouvernement et a insisté sur les points les plus positifs  comme    la multiplication par dix de l’apport des productions étrangères, la réussite du projet de cinéma documentaire sahraoui, avec festival à la clé, les avancées réalisées  dans la formation aux métiers du cinéma, avec l’ouverture la saison prochaine, en concertation avec l’Enseignement supérieur, d’un cycle supérieur de formation d’ingénieurs spécialisés ou   la rationalisation et le renforcement du soutien au secteur par la création, à côté de celle de la production  de deux autres  commissions indépendantes (numérisation des salles et festivals).
Le nouveau directeur du CCM, M. Sarim Fassi Fihri, a annoncé un grand projet de numérisation  systématique des archives, la création d’une commission du film à  Casablanca, et une révision du statut du personnel du Centre. Concernant les festivals, il a annoncé l’autonomisation budgétaire des festivals organisés par le Centre. Ce qui constitue, à notre avis,   une excellente décision, plus conforme  aux textes et qui mettra fin aux  controverses ayant  souvent gêné les travaux de la commission de soutien.
Bienvenues  ont  aussi été la décision de  soumettre   l’octroi de cartes professionnelles  à l’évaluation des premiers courts métrages par une commission d’experts en lieu et place de l’octroi systématique, ainsi que l’augmentation de la subvention  réservée aux courts métrages à 300.000 dirhams. Encore faut-il assurer à ceux-ci une diffusion correcte qui les fasse connaître. 
Autre bonne décision : l’instauration d’un soutien aux productions étrangères, même si la forme n’en a pas été définie. 
Les réalisations et les perspectives évoquées, qu’il faut saluer,   sont encourageantes. Cependant, des zones d’ombre subsistent et suscitent des interrogations dont certaines n’ont pas reçu d’éclaircissements  ou de réponses convaincantes.
1- La première,  concerne un sujet de première importance, celui des salles.  Peut-on,  en effet, parler de développement du cinéma national sans  apporter des solutions, véritables et efficaces, à l’hécatombe de la disparition des salles et au manque, à travers tout le pays,  d’espaces de projection adéquats ? La situation étant ce qu’elle est, pourquoi n’apporte-t-on pas l’aide nécessaire aux associations de promotion et de diffusion du cinéma dont la Fédération nationale des Ciné-clubs, par l’augmentation du nombre de caravanes, limité tragiquement à deux unités?
2- Toujours au sujet de la diffusion,  jusqu’à quand les films marocains demeureront-ils prisonniers du monopole d’un distributeur qui ne laisse que des miettes des recettes aux producteurs-réalisateurs?
3- On a parlé de la création de la « commission du film » de Casablanca, mais qu’en est-il de  tout le concept? Et de la fantomatique commission de Rabat- Kénitra?
4- Autre sujet important, celui des festivals,  sur lequel on a émis des remarques, mais éludé la question de fond, celle de la révision d’un texte qui ne permet pas à la commission concernée de faire correctement son travail.
5- La domiciliation du festival national, à notre sens le plus important au Maroc, est encore  en délibération. Le festival doit-il être fixe ou nomade? Les organisateurs de festivals le savent : tout  festival requiert une identité, et l’espace auquel il est lié est un des éléments importants, du point de vue médiatique et symbolique de cette identité.
On sait aussi que tout déplacement continu d’un événement est un travail de Sisyphe, remontant chaque fois son rocher qui retombe, c'est-à-dire qu’il faut à chaque fois reprendre à zéro. D’ailleurs quel exemple réussi pourrait-on suivre? Si Tanger n’est plus adaptée, notamment par manque d’une salle digne de cet événement majeur, Casablanca, métropole en mal de festival est, à notre humble avis,  le site  indiqué.
Quand à la question de faire aussi bénéficier les autres régions, celles-ci peuvent être associées à l’événement par les moyens offerts par la technologie, à l’instar de maints spectacles d’envergure internationale. Tout est question de concertation et de négociation.
6- Le sort de la Cinémathèque marocaine nous a semblé être scellé par les  futures archives numériques. Mais au-delà des réalisations techniques, c’est la diffusion de la culture cinématographique, dont le CCM était partie prenante,  à travers la cinémathèque,  qui est en jeu. 
Des moments  du discours du ministre ont  particulièrement fait chaud au cœur de l’assistance. Celui où il a rappelé la dette du secteur envers  les précédents directeurs,  Nour Eddine Sail  et Souheil Ben Barka, qui, événement rarissime,  était présent. Et, plus particulièrement,  celui aussi où  il a  reconnu  la primauté du cinéma sur le politique, le premier étant le meilleur représentant  du  pays dans le monde.

Par Ahmed Fertat
Samedi 31 Octobre 2015

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