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Belmokhtar et ses chiffres qui font froid dans le dos : L’enseignement public va mal, trop mal....

Et c’est le ministre responsable qui se plaît à le crier sur les toits




Rachid Belmokhtar, ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, s’octroie un nouveau rôle ; à savoir celui du mauvais oracle.  En effet, il ne cesse, de temps à autre, de décliner des chiffres alarmants sur le secteur de l’enseignement public.
Pas plus tard que la semaine dernière, il a indiqué dans un rapport sur le bilan des réalisations de son département entre 2013 et 2016, que le taux d’abandon scolaire au niveau de l’enseignement collégial  est passé de 10,4% à 12,2% entre les années scolaires 2011-2012 et 2014-2015 et que celui des élèves ayant achevé leurs études primaires obligatoires a reculé de 37,5% à 30%.
Le rapport du département de Belmokhtar a précisé également que le taux d’abandon des filles reste très élevé en  atteignant 12,2% dans les lycées et collèges en 2014-2015.  Des chiffres alarmants qui s’ajoutent à ceux qu’il a révélés en  novembre dernier  devant la commission parlementaire de l’enseignement, de la culture et de la communication et qui indiquent que  78% des élèves des quatre années du niveau élémentaire  ne comprennent pas les  cours qui leur sont dispensés, que 13,9% des lycéens quittent les bancs de l’école prématurément contre 12,2%  au niveau des collèges et 2,9% au primaire.
«Les chiffres présentés par le ministre sont réalistes, voire peu représentatifs de la réalité de l’enseignement public. Mais le timing de la publication de ces chiffres laisse sceptique sur leurs vraies motivations.  
En fait, certains ministères tentent souvent d’occulter  les mauvais chiffres et d’édulcorer les bons en les amplifiant.  Lancer des données accablantes sur le secteur  à quelques mois des élections n’est pas innocent », nous a déclaré Mohamed Sadouki, chercheur dans le domaine de l’éduction.  Et d’ajouter : « Il  est vrai que Belmokhtar est un technocrate,  mais cela ne l’empêche pas d’avoir des arrière-pensées politiques. Est-il en train de dresser une mauvaise image du  secteur dans l’intention de gêner le gouvernement et  de jeter l’opprobre sur  son bilan? Peut-être mais qui sait?».
Pourtant, au-delà de ce débat politicien, notre source estime que l’abandon scolaire est un vrai problème qui menace notre système éducatif. D’après elle, plusieurs facteurs expliqueraient ce phénomène. D’abord, il y a les facteurs sociaux : « Ces élèves sont souvent issus de familles qui souffrent de problèmes tels que la pauvreté, l’analphabétisme et qui ont une attitude négative à l’endroit de la finalité de la scolarité. A cela s’ajoutent des problèmes comme le divorce des parents, l’exode, les conflits familiaux, les charges scolaires jugées exorbitantes, etc. L’ensemble de ces facteurs a une influence directe sur la scolarité de leurs enfants». Viennent ensuite, les facteurs pédagogiques. «Ces sont des facteurs inhérents, en grande partie, aux élèves eux-mêmes : faible capacité intellectuelle, absence de volonté à poursuivre ses études, …. Nombreux sont les élèves qui se posent des questions sur l’utilité des études », nous a expliqué notre source. D’autres spécialistes évoquent également des facteurs comme l’environnement de l’école (climat relationnel entre élèves et adultes), les pratiques éducatives, la gestion des comportements (stimulation, soutien, sécurité et encadrement) et la nature des valeurs véhiculées.
Enfin, il y a le facteur managérial. « Il n’y a pas que les élèves et leurs familles qu’il faut charger. La mauvaise gestion du  dossier ne devrait sûrement pas être épargnée. En effet, il y a un manque de sérieux manifeste du ministère de tutelle concernant la mise en œuvre des programmes de lutte contre l’abandon scolaire ainsi que l’absence de suivi et d’évaluation », nous a affirmé notre expert.  En effet, nombreux sont ceux qui s’interrogent à propos du projet pilote de lutte contre l’abandon scolaire et le décrochage mené en 2015 par  la Direction de l’éducation non formelle et l’UNICEF et déployé au sein de trois délégations du MEN. Une  expérience qui rappelle celle qui a été  menée en 2004  dans sept délégations et dont les résultats atteints en termes de réduction des taux d’abandon scolaire ont été mitigés.

Hassan Bentaleb
Jeudi 26 Mai 2016

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