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Au Tyrol, le cheval pour remettre en selle de jeunes réfugiés traumatisés




Ils ont vécu des bombardements, connu les périls de l'exode. Des enfants réfugiés traumatisés par la guerre et la fuite reprennent goût à la vie au Tyrol autrichien grâce à de nouveaux amis à quatre jambes: des chevaux.
Hossein, Sarina, Zinap et leurs sept camarades ont entre 9 et 11 ans et viennent d'Irak, d'Afghanistan et d'Iran. Tous sont arrivés en Autriche l'an passé, lors de la grande vague de réfugiés fuyant les violences au Proche et Moyen-Orient.
Juchés sur leurs montures baies, dans le paysage idyllique d'une ferme équestre de Terfens, sur les hauteurs d'Innsbruck (ouest de l'Autriche), ils sourient mais ne parlent guère. Et c'est précisément l'objet de cette thérapie équestre.
"Il est avant tout question de sensibilité et de sensations, de ressentir les signaux émis par le cheval. C'est excellent pour la concentration et pour surmonter ses peurs", souligne Claudia Baldeo, qui a lancé ce projet en 2009, rapporte l’AFP.
Son ONG, Ankyra, gérée par le consistoire protestant autrichien, propose depuis une douzaine d'années toute une panoplie d'aides psychologiques pour les réfugiés, adultes et enfants. Mais la thérapie par le cheval est l'une de celles offrant les résultats les plus spectaculaires, assure cette psychologue et psychiatre.
"Les parents constatent tout de suite que les enfants sont plus calmes et parviennent mieux à se concentrer. Même un an après, ceux-ci se souviennent toujours des noms de chevaux", relève-t-elle.
Jubilant du haut du solide Lucky, Hossein parade sans peine dans le manège. "Il dit que son grand-père à un âne et qu'un cheval, c'est juste une autre sorte d'âne", s'esclaffe Mme Baldeo.
La dizaine d'enfants, qui bénéficient d'une séance hebdomadaire d'équithérapie durant tout l'été, sont choisis parmi de nombreux autres jeunes candidats, sur des critères liés à leurs affections et à leur réceptivité potentielle à cette forme de thérapie.
Selon une étude de la Fédération allemande des psychothérapeutes (BPtK) publiée en septembre, au moins la moitié des migrants arrivant en Europe souffrent de fragilités mentales et d'une assistance insuffisante.
A Terfens, "les parents nous racontent souvent que leurs enfants ont été dans des zones de guerre, qu'ils ont vu des blessés, des morts, que des membres de leur famille ont disparu", témoigne Mme Baldeo.
En outre, certains enfants pâtissent de la souffrance de leurs parents, en particulier quand ceux-ci vivent un symptôme post-traumatique pour avoir par exemple été torturés.
Mme Baldeo cite l'exemple d'une fillette du groupe souvent en proie à des crises de larmes à la maison, et dont la mère a fait une tentative de suicide.
"Le but du projet est précisément d'aider les enfants à aller mieux dans une situation sur laquelle ils n'ont aucune prise", souligne la psychiatre.
Le projet n'en reste pas moins une simple goutte d'eau face au nombre de migrants nécessitant potentiellement une aide psychologique, alors que plus d'un million d'entre eux sont arrivés en Europe en un an.
"Les réfugiés n'ont pas seulement besoin d'un toit et de nourriture, mais aussi de soins. Or pratiquement aucun réfugié souffrant de troubles mentaux ne reçoit les soins adéquats", relevait à l'automne le BPtK allemand.
Dans les cas les plus extrêmes, les déséquilibres psychiques peuvent favoriser un passage à l'acte violent, comme cela a pu être constaté dans la série d'attentats individuels qui ont ensanglanté l'Allemagne en juillet.
Mais concernant les adultes, une grande partie des angoisses peuvent être levées par une simple amélioration des conditions d'existence, rappelle Mme Baldeo.
"Parfois, il est plus bénéfique d'avoir un travail et une maison que de passer trois ans dans un centre de réfugiés avec un thérapeute qui dit qu'il vous écoute", souligne-t-elle.

Mardi 23 Août 2016

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