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Assoiffés, les dromadaires sauvages assèchent les oasis australiennes




Assoiffés, les dromadaires sauvages assèchent les oasis australiennes
Les dromadaires sauvages sont au centre d’un casse-tête pour les acteurs de l’environnement. Introduits en Australie au XIXe siècle par les Européens, ces dromadaires étaient d’un précieux secours pour la construction des lignes de chemin de fer dans le grand désert australien. Une fois les réseaux achevés, l’avènement du rail et de la route ont alors rendu leur liberté aux dromadaires qui sont d’ailleurs les derniers spécimens sauvages au monde.
Dotés d’une grande capacité d’adaptation, les mammifères prospéraient ainsi dans le bush australien et de 20.000 individus, leur population a atteint le million en 2001. Mais quelques années plus tard, le gouvernement a pris conscience d’un problème inattendu. Avec aussi peu de prédateurs naturels qu’en Australie et un territoire immense, les dromadaires rendus à l’état sauvage ont accentué la pression sur les espèces endémiques du continent. Ils ont ainsi réduit les ressources alimentaires de ces dernières et détruit leur habitat.
Le gouvernement a donc décidé de prendre des mesures et a créé l’Australian Feral Camel Management Project (AFCMP) : une mesure pour réduire la densité des dromadaires à travers leur abattage et leur capture pour la vente. “Entre 2001 et 2008, on estimait qu’il pouvait y avoir un million de dromadaires sauvages dans les terres”, a déclaré Jan Ferguson à la BBC, de l’ONG Ninti One qui gère l’AFCMP. “Depuis la mise en place du programme, associé aux sécheresses qui affectent le pays, nous sommes capables de mieux réguler leur nombre”, précise-t-il.
Aujourd’hui, les animaux broutent librement sur une surface de 3,3 millions de kilomètres carrés sur les États d’Australie Occidentale, d’Australie Méridionale, du Queensland et du Territoire du Nord. Or, d’après les chiffres, près de 85.000 camélidés ont été abattus dans le cadre du programme destiné à réduire leur impact sur les régions sensibles et les animaux endémiques. Mais pour Ferguson, certains groupes de dromadaires sont encore trop nombreux. Une opinion renforcée par de récentes études menées pour évaluer l’impact des dromadaires sur la biodiversité.
En effet, Glenn Edwards, spécialiste de la faune, explique que les derniers rapports ont démontré de quelle façon les dromadaires provoquaient des dégâts considérables sur leur environnement. Pour cela, cinquante d’entre eux ont été bagués et suivis par satellite pendant plusieurs jours. “Ces dromadaires peuvent marcher 70 kilomètres par jour, et des centaines de kilomètres en une semaine
“Désormais, nous savons que quand ils se rassemblent, il peuvent converger vers une oasis également utilisée par des animaux endémiques et l’assécher en quelques jours. Cela a un effet ravageur pour la flore et la faune locales, et montre exactement pourquoi nous avons besoin de contrôler la densité de ces populations”, a-t-il souligné. D’après les études, le coût économique des pertes de terres d’élevage et des dommages causés par les dromadaires sauvages est estimé à 10 millions de dollars australiens (environ 8,5 millions d’euros).

Libé
Vendredi 3 Août 2012

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