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Après s'être attiré l'ire des journalistes : El Ouafa se met à dos le corps enseignant de Laâyoune




Après s'être attiré l'ire des journalistes : El Ouafa se met à dos le corps enseignant de Laâyoune
Mardi dernier, toutes les rues menant au siège de la wilaya de Laâyoune étaient bloquées par des éléments des Forces auxiliaires.
Ils auraient reçu des instructions de ne laisser passer que le wali ou le secrétaire général de la wilaya.
Les habitants de Laâyoune n'étaient pas étonnés outre mesure, car l'accès à la wilaya leur a été interdit depuis plus de deux ans. Aussi, ont-ils fini par comprendre que cette administration n'était pas faite pour servir les citoyens qu'ils sont et qu'il valait mieux éviter d'avoir besoin à ses services. Cependant et malgré cette interdiction faite au public, les représentants de la presse n'étaient pas concernés, jusqu'à ce mardi. On a appris, le lendemain, que c'était la session du Conseil d'administration de l'Académie régionale et que le président de ce Conseil, en l'occurrence Mohamed El Ouafa, ministre de l'Education nationale, a interdit la présence de la presse lors des Conseils d'administration des Académies qu'il a présidés depuis sa nomination à la tête de ce ministère.
 Selon des membres de ce conseil ayant demandé au ministre les raisons de cette interdiction, il aurait répondu qu'il était préférable de laver le linge sale en famille, loin des regards des curieux de la presse.
Ces mêmes membres nous ont déclaré que le ministre a deux ennemis: la presse et les inspecteurs qu'il qualifie d'inutiles.
Suite à ces comportements autoritaires du ministre et ne s'accordant en rien avec l'esprit d'ouverture démocratique qui prévaut au Maroc, les représentants des enseignants et inspecteurs se sont retirés, boycottant les travaux de la session. Dans un communiqué publié suite à ce retrait et dont Libé détient copie, les représentants des deux corps précités dénoncent :
- La violente attaque verbale dont les composantes du corps enseignant ont fait l'objet;
- Le refus du ministère de donner suite ou de traiter le dossier revendicatif du personnel enseignant dans la région;
- Le refus de procéder à l'audit global de l'Académie comme l'avaient demandé les syndicalistes membres du Conseil d'administration;
- La complicité entre le ministère et l'Académie pour protéger des individus soupçonnés de détournement de deniers publics;
- L'exclusion préméditée des membres du corps enseignant et des inspecteurs.
Les signataires expriment leur solidarité avec l'inspecteur Omar Ougad qui, après échanges de propos peu amènes avec le ministre, a reçu des menaces de la part de celui-ci.
Et faisant fi des revendications des représentants de la presse qui avaient publié un communiqué dénonçant le fait d’être empêchés d'assister aux travaux du conseil d'administration et l'exclusion dont ils sont l'objet de la part de la wilaya, celle-ci a procédé à l'attribution d'une cinquantaine de logements au profit des familles des bidonvilles connus sous le nom de "Brarik Tbine" interdisant l'accès de la wilaya aux représentants de la presse officielle. Par ailleurs, les journalistes ont été empêchés de rencontrer les membres de la délégation européenne conduite par un socialiste français et qui a eu des entretiens avec les composantes de la société civile locale.
Le communiqué du bureau régional du Syndicat de la presse, tout en se plaignant d'être exclus de toutes les activités menées par les services de la wilaya, dénonce le comportement du ministre qui a interdit aux journalistes d'assister aux différents conseils d'administration des Académies d'Agadir, Guelmim et Tan Tan, précisant que "cette attitude est contraire aux dispositifs de la Constitution qui stipulent une grande ouverture sur les médias pour plus de transparence dans la gestion des affaires publiques".
Les signataires se sont élevés contre la décision de Mohamed El Ouafa et ont invité le chef du gouvernement à attirer l'attention de son ministre sur ses agissements anticonstitutionnels et le ministre de la Communication à intervenir pour mettre fin à cette attitude qui constitue une entrave à la liberté d'expression.

Ahmadou El-Katab
Mercredi 4 Avril 2012

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