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Après la sortie de Benkirane sur Al Jazeera : Transparency Maroc pour une justice non sélective




Après la sortie de Benkirane sur Al Jazeera : Transparency Maroc pour une justice non sélective
L’axe majeur sur lequel le PJD a bâti toute sa stratégie durant la campagne électorale précédente n’est plus qu’un discours du passé. La lutte contre la corruption, ayant été d’actualité, particulièrement, en 2011, aura fini par se transformer en slogan.
 Les dernières déclarations du chef du gouvernement et secrétaire général fraîchement reconduit à son poste lors du 7ème congrès de son parti, Abdelilah Benkirane, ont été, on ne peut plus, claires. Pas l’ombre d’un doute, les mots pesaient très lourd. Ceux qui n’ont pas compris le demi-mot du 3 juin dernier, lors de son intervention à la Chambre des conseillers, avaient su que l’aveu était donc à prendre au sérieux. Le PJD abandonne la lutte contre la prévarication. 
Les corrompus du pays et fraudeurs de toutes sortes sont donc absous. Non par mesure législative, ni ministérielle, mais par simple entretien accordé à un média étranger. L’interviewer de la chaîne Al-Jazeera n’a pu cacher son étonnement. Pourtant, il est légitime de se demander s’il a le droit, même en tant que chef du gouvernement, de tourner la page aussi facilement. Même l’ancienne Instance équité et réconciliation (IER), chargée d’une mission nationale, n’a pu écarter la procédure judiciaire à laquelle faisaient recours des personnes non satisfaites de ses résolutions. Selon Transpanercy Maroc, l’une des ONG les plus crédibles du pays, toute stratégie dans ce sens «devra englober la justice non sélective, la réforme de la législation, la dotation des instances de contrôle et d’inspection des prérogatives et des ressources nécessaires ainsi que la mise en œuvre de tous les engagements internationaux et constitutionnels dans ce domaine». Le grand étonnement de Transparency Maroc émane du fait que la lutte contre la corruption, pour le gouvernement actuel est une simple prérogative optionnelle dont il peut se défaire, selon son bon vouloir ! Pas aussi simple que cela. Dans un communiqué, Transparency souligne qu’il s’agit bien d’une «obligation constitutionnelle, politique et morale, constituant l’essentiel de l’articulation de la responsabilité à la reddition des comptes». 
Révéler les bénéficiaires des agréments, s’attaquer aux associations, filer sous la table des dossiers de certains hauts dignitaires, autant de sorties dont l’objectif principal était un simple tapage médiatique, sans la moindre stratégie alternative. 
Une tare dont se sont rendu compte les proches même du PJD. C’est pourquoi l'on a préféré changer de cap, mais sans en aviser les électeurs, encore moins  l’opinion publique. 
Les gens ayant accordé leur confiance au PJD sur la base de ce projet ont le droit de savoir pourquoi ce revirement. A-t-on une stratégie alternative pour recouvrer les deniers de l’Etat, pillés, dilapidés pendant plus de quarante ans !? Rien de cela n’a été révélé au cours de cet entretien. 
 

Mustapha Elouizi
Mercredi 1 Août 2012

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