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Al Hoceima au centre des concertations entre officiels et ONG des droits de l’Homme

La libération des détenus constituerait un premier pas vers l’apaisement




«Hormis la tension du début, le débat lors de la réunion avec Mustapha Ramid a été franc et serein». C’est ainsi que Mustapha El Manouzi, président du Forum marocain pour la justice et la vérité (FMJV) a qualifié la réunion consacrée aux évènements d’Al Hoceima tenue jeudi après-midi à Rabat avec le ministre chargé des droits de l’Homme.
Dans une déclaration à Libé, il nous a précisé que toutes les associations des droits de l’Homme ont ouvertement exprimé leurs idées et formulé leurs demandes.
Il a également souligné que la réunion a abordé les évènements d’Al Hoceima, la violence qui les a accompagnés, la gouvernance sécuritaire et les propositions qui sont à même de mettre fin au Hirak.
Mustapha El Manouzi a, dans ce cadre, proposé que l’Etat met en œuvre les recommandations de l’IER surtout celles relatives à la réconciliation et ouvre un débat public sur le projet de loi relatif au Conseil national des droits de l’Homme. Lequel comprend une disposition se rapportant au mécanisme national de prévention de la torture.
Selon Boubker Largou, président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme, la principale proposition avancée par toutes les associations présentes a trait à la libération de tous les détenus du Hirak qu’elles considèrent comme une condition sine qua non à l’apaisement de la tension à Al Hoceima.
Concernant le cas de Sylia Ziani arrêtée durant les évènements qui ont secoué cette ville, Mustapha El Manouzi nous a assuré que le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme leur a promis qu’il contacterait le ministre de la Justice en vue de sa libération pour raison de santé.
Lors de cette réunion à laquelle ont pris part des représentants des départements ministériels chargés des programmes de développement à Al Hoceima qui a duré jusqu’à 22 heures, il a souligné que le gouvernement a suivi les différents rapports, communiqués et déclarations des différents acteurs sur les événements et relevé qu'ils comportent souvent des diagnostics, des conclusions et des déductions qui diffèrent au niveau de leur conformité aux faits et aux événements du point de vue du gouvernement.
Concernant la mort de Mouhcine Fikri, qui a mis le feu aux poudres, le ministre d’Etat a souligné que les résultats des enquêtes et des poursuites diligentées par les autorités compétentes n’ont pas eu l’intérêt qu’elles méritent, même si elles ont révélé des faits attestant que ce poissonier a trouvé la mort par erreur suite à un geste involontaire d’un ami, comme l’a confirmé l’examen des enregistrements des caméras de surveillance installées sur les lieux, et qui ont été utilisés lors des enquêtes et le procès pénal en première instance, ajoutant que les autorités publiques continuent d’être accusées de son meurtre malgré toutes les données de l’enquête et du procès.
Il a, également, fait remarquer que pendant cinq mois, pas moins de 500 manifestations et rassemblements ont été organisés, au cours desquels aucun usage de la force de la part des autorités n’a été enregistré, ces protestations ayant été traitées avec sagesse et retenue, étant donné que le droit de manifester est garanti par la Constitution et la loi.
Malgré le caractère pacifique de la plupart des protestations et des sit-in, Mustapha Ramid a estimé que certaines manifestations ont été marquées par des actes de violence contre les forces de sécurité, ayant fait des blessés à divers degrés dans leurs rangs, surtout lors d’une marche organisée à Imzouren qui a fait des blessés parmi les forces de l’ordre et d’importants dégâts matériels, ainsi que plusieurs blessés parmi les citoyens protestataires.
Il a aussi affirmé que si l’Etat a le devoir de veiller à la réalisation du développement, il y a aussi l’obligation des autorités de faire respecter la loi et d’assurer la protection des personnes, des biens et des institutions, tout en veillant à garantir le droit de manifester pacifiquement, de la liberté d’expression et de rassemblement dans le cadre de la loi, soulignant que les autorités sont aussi obligées sur les plans constitutionnel, juridique et des droits de l’Homme de veiller à la primauté de la loi et de garantir la stabilité, la sécurité et la paix.
S’agissant des personnes arrêtées, le ministre a indiqué que le ministère public a veillé à contrôler toutes les procédures de l’enquête pénale et à en assurer la conformité aux lois, ainsi qu’à accorder à l’ensemble des personnes en détention les droits qui leur sont conférés par la loi, dont le droit de contacter leurs avocats conformément aux dispositions prévues par l’article 66 du Code de procédure pénale, précisant que des autorisations ont été remises à tous les avocats ayant présenté des demandes à ce sujet.
Pour sa part, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a déclaré à l’issue de la dernière réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement que la rencontre de jeudi a consacré un dialogue "clair", "transparent" et "public" entre l'Exécutif et les ONG, précisant qu’un rapport officiel du ministère d'Etat chargé des droits de l'Homme devait la sanctionner.

176 personnes en détention préventive

Le nombre de personnes placées en détention préventive suite aux événements d'Al Hoceïma a atteint 176, a annoncé, jeudi à Rabat, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.
Ces détenus, contre lesquels aucun jugement définitif passé en force de chose jugée n'a été prononcé, se répartissent comme suit: 56 personnes en cours d'instruction (48 devant la Cour d'appel de Casablanca et 8 devant celle d'Al Hoceïma), 120 personnes en cours de jugement (64 devant le tribunal de première instance d'Al Hoceïma, 51 devant la Cour d'appel d'Al Hoceïma et 5 devant la Cour d'appel de Nador), a précisé M. El Khalfi qui s'exprimait lors d'un point de presse au terme de la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement.
Il a ajouté que 63 autres personnes sont poursuivies en état de liberté, dont 4 devant la Cour d'appel de Casablanca, 17 devant celle d'Al Hoceïma et 42 devant le tribunal de première instance d'Al Hoceïma, tandis que 21 autres personnes ont vu leurs dossiers classés.

T. Mourad
Samedi 8 Juillet 2017

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