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Al Capone : Le Tsar du crime




Al Capone : Le Tsar du crime
De nombreuses inexactitudes ont été rapportées au sujet d’Al Capone dans les journaux, les magazines, les livres et les films. La plus fréquente est que, à l’instar des gangsters de l’époque, il est né en Italie, ce qui est complètement faux. Ce véritable tsar du crime était un produit local, transformant la société criminelle italienne en une entreprise purement américaine. Plusieurs immigrants italiens sont arrivés en terre américaine avec guère plus que ce qu’ils avaient sur leur dos, tout comme la plupart des immigrants des autres nationalités. La plupart étaient des paysans fuyant l’absence de possibilités de l’Italie rurale. Une fois arrivés en Amérique, ils finissaient comme ouvriers à cause de leur méconnaissance de la langue et l’absence de formation professionnelle. Ce n’était pas le cas de la famille Capone.
Gabriele Capone, et non Caponi, fut parmi les 43.000 Italiens arrivés en sol américain en 1894. Barbier de profession et pouvant lire et écrire dans sa langue maternelle, il venait du village de Castellmarre di Stabia, situé au sud de Naples. Agé de 30 ans, Gabriele est accompagné de sa femme Teresina (aussi appelée Teresa), agée de 27 ans et enceinte, et de ses deux fils : Vicenzo, deux ans, et Raffaele, un poupon. Contrairement à plusieurs autres immigrants italiens, il arrivait sans devoir son passage. Il prévoyait travailler afin de pouvoir ouvrir son propre salon de barbier.
En compagnie de plusieurs autres italiens, les Capone s’établirent à Brooklyn, près du chantier maritime.  
Mais qui étaient ces deux personnes, elles qui ont donné le jour à un criminel mondialement connu? Lui ont-ils transmis un gène violent dominant? Un chromosome ayant subi une mystérieuse mutation ? Alphonse fut-il abusé ? A-t-il passé son enfance au milieu de meurtriers et voleurs ? La réponse à toute ces questions est non. La famille Capone était tranquille, très attachée aux valeurs traditionnelles. Laurence Bergre en explique dans sa biographie «Capone : The Man and the Era» que la mère était renfermée tandis que son mari en imposait plus du fait de sa grande taille et de son charme. Tout comme son épouse, il était très modéré, particulièrement pour la discipline. Il ne frappait jamais ses enfants, préférant la parole et les sermons. La méthode fonctionnait.
Rien dans la famille Capone ne laissait présager ce qu’Alphonse Capone allait devenir. Aucune violence, maladie mentale ou malhonnêteté. Parents et enfants étaient liés et aucun événement traumatique aurait poussé les enfants vers la vie de criminel. Aucun n’était psychotique ou psychopathe ni même fou. Ils ne descendaient pas d’une lignée de criminels. Ils étaient respectueux de la loi, une famille italienne tout à fait ordinaire ne démontrant pas un génie particulier pour le crime ou autre chose.
A l’école, Al Capone a très bien réussi jusqu’en sixième année, où tout a commencé à se dégrader rapidement. A l’âge de 14 ans, perdant patience envers l’enseignante, elle le frappa et il la frappa à son tour. Il fut renvoyé et ne remit jamais les pieds à l’école. Au même moment, la famille déménagea au 21 Garfield Place. Ce changement eut un impact certain sur Al Capone puisque c’est dans ce quartier qu’il fit la rencontre des deux personnes qui allaient l’influencer le plus : sa femme Mae et le gangster Johnny Torrio.
 Malgré les relations d’Al Capone avec les gangs de rues et Johnny Torrio, rien ne laissait présager qu’il choisirait la voie du crime. Vivant chez ses parents, il fit ce qui était attendu de lui lorsqu’il quitta l’école : travailler et aider à faire vivre la famille. La famille Capone était prospère sous la férule de Gabriele. Le père était propriétaire de son salon de barbier ; la mère faisait des enfants, plusieurs garçons et deux filles, dont une mourut en bas âge. Le seul hic dans la vie tranquille de la famille fut lorsque Vincenzo (James) partit vers l’Ouest en 1908.
Personne alors ne pouvait croire qu’Al Capone deviendrait le tzar du crime qu’il devint. Pendant près de six ans, il occupa des emplois plutôt crades, en premier dans une usine de munitions puis comme coupeur de papier, et était considéré comme un très bon employé. C’était un bon garçon, bien élevé et sociable. Bergreen raconte qu’Al n’était pas le genre à jouer avec des armes ; il rentrait tous les soirs chez lui. Al était un garçon affable, ayant une voix douce et n’ayant du talent que pour la danse.
Comment ce jeune garçon respectable à la voix douce est-il devenu l’un des plus prospères et violents gangsters?

Libé
Lundi 12 Août 2013

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