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A Tafraout, Anzi, Lakhssas




Les élèves grelottent à l’école

C’est une saison exceptionnelle dans les annales des périodes des plus froides qu’ont connues les contrées de Tafraout, Lakhssas et Anzi , sises dans les fins fonds de l’Anti-Atlas. Le mercure baisse pour atteindre des températures avoisinant zéro degré pendant la nuit. Du jamais vécu de la mémoire des habitants !. Du coup, le froid glacial balayant les plateaux montagneux, fait souffrir aux élèves le martyr, dans leurs classes perchées sur les flancs de ces massifs culminants à plus de 2000m d’altitude. Comme, ici, à l’école El Maârri, à Tighirt dans la commune de Lakhssas. Depuis les premières bourrasques de vent annonçant l’arrivée de l’hiver, chaque nuit, le givre et le verglas couvrent la nature de leur manteau blanc. Et à cette bâtisse en préfabriqué, de s’apparenter à un véritable frigo invivable.
« Cela fait deux ans que j’enseigne dans ce groupement scolaire ;cette saison est extrêmement rude; j’ai l’impression que c’est un froid polaire qui s’abat sur ces lieux », s’exclame un instituteur. Dans la classe, les élèves grelottent et claquent des dents. «Ils arrivent tous avec des coulées nasales ininterrompues, plein le visage », ajoute-t-il sur un ton de profonde pitié ressentie. Les bruits de reniflements et de toux ne cessent de retentir dans les enceintes des classes tout au long des cours.  « Lors des rentrées matinales, c’est à ce moment que l’intensité du froid atteint le pic, on se sent complètement transis sur ces bancs de bois glacials», se plaint une enseignante dont le visage devenu totalement bleu de vent piquant qui souffle dans ces hauteurs.
En effet, la température descend pendant les premières heures de la matinée jusqu’à 4°c. Les petits bouts de doigts des enfants n’arrivent plus à tenir les stylos correctement. Tellement, tous souffrent l’onglée à cause de l’air glacial qui squatte les locaux de leur école et engourdit leurs corps fragiles. Ce qui entrave très souvent la classe en imposant des pauses prolongées. Le déchaînement effréné de cet élément de la nature, parvient même à arrêter les tenues de cours dans d’autres régions. Comme la journée d’avant-hier, personne n’a pu tenir tête à la baisse subite et abyssale de la température. Dont l’instituteur lui même, nous déclarent les parents d’élèves d’un groupement scolaire dans la région de Tifermite, connue pour ses hivers redoutables , car elle se trouve sur la colline élevée qui domine le haut massif de Kardouss. Durant toute la journée , les élèves n’ont pas pu quitter leurs maisons. Autant dire, un véritable couvre-feu décrété par ce froid qui sévit dans cette région ; d’autant plus que la plupart des classes ne sont pas raccordées au réseau de l’électricité. Ce qui prive les occupants de l’éventuel usage du chauffage électrique. Pour ainsi faire chauffer un tant soit peu l’air dans ces locaux devenus infréquentables, les débrouillardises sont de rigueur. On allume un brasero. Et toute la classe est invitée par l’instituteur à prendre place autour de la chaleur provoquée par les charbons de bois. Mais vu l’ampleur de la forte baisse de température, tout le monde se sent désarmé. Un enseignant excédé par la persistance de cette situation climatique intenable dans la région se sent désespéré. Mais aussi par le manque de prévoyance de la part les autorités scolaires. Il se demande pour quelle raison ces dernières n’ont pas prévu l’aménagement de cheminées dans ces classes. Sachant bien qu’elles sont bâties dans des régions montagneuses où les saisons hivernales seront synonymes de calvaires pour les usagers.
En effet, le manque de moyens appropriés pour rendre la vie « chaleureuse » dans les classes réputées pour être glaciales pendant la saison incriminée pose problème. Et la plupart, à quelques encablures pourtant proches de la ligne de raccordement électrique, sont laissés sans lumière ni aucun recours chauffage électrique. Les autorités scolaires, devant le fait accompli, font semblant de se démener pour parer aux désagréments consécutifs à ce mauvais temps. Mais cela reste sans effet concret sur le terrain. Pour toutes mesures prises, à leur actif dans ce registre, une vague correspondance à l’utilité incertaine, émanant de l’Académie régional de l’enseignement. Où les responsables exhortent les élèves et enseignants à faire preuve de vigilance.
Quand aux moyens de chauffage , « les directeurs des écoles sont tenus de trouver ces dispositifs et doter les classes en besoins, et ce, en coordination avec les autorités locales et les élus ». Une solution désespérante. Sachant que l’improbable collaboration de ces « partenaires », au «lâchage» facile, est un secret de polichinelle. Tant que le prétexte de manque de moyens est sorti à tout va pour échapper aux ponctions dans leurs budgets, dès qu’il s’agit de dépenses du genre. Entre temps, les enfants et le corps enseignant exerçant dans les régions montagneuses, continueront à se morfondre de froid dans l’attente du retour d’un soleil radieux pour enfin reprendre la vie normale.
IDRISS OUCHAGOUR

Liberation libe
Dimanche 7 Décembre 2008

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