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32 familles humiliées à Essaouira par Barid Al-Maghrib

Les bénéficiaires du programme Tissir souffrent le martyre pour encaisser leurs subsides


Abdelali Khallad
Lundi 22 Septembre 2014

32 familles humiliées à Essaouira par Barid Al-Maghrib
«Je viens de rencontrer une proche venue d’une commune rurale située à 40 kilomètres d’Essaouira, elle est là pour encaisser la subvention de deux mois du programme Tissir. Elle a fait la queue depuis 9h du matin sans parvenir à toucher les 120 DH dont elle a déjà dépensé la moitié ! Elle m’a raconté en larmes la peine et l’humiliation qu’elle endure à chaque fois … Elle est maintenant obligée de passer une autre nuit à Essaouira pour tenter sa chance demain à la première heure.. », nous a déclaré un citoyen commentant la file de femmes et d’hommes devant le bureau de poste d’Essaouira.
Ils sont là depuis le matin, des dizaines de citoyens issus du monde rural, hommes et femmes, attendent leur tour pour  bénéficier  d’une médiocre et amère subvention. Car on assiste toujours à la même scène d’humiliation et de désolation à cause du « châtiment collectif » infligé aux ruraux par Barid Al-Maghrib qui refuse toujours de remettre en service les guichets mobiles.
«  Barid Al-Maghrib ne fait pas de charité aux ruraux bénéficiaires de Tissir ; il profite même d’un chiffre d’affaires annuel de plusieurs centaines de millions de dirhams en exclusivité sans faire le moindre effort sur le plan logistique pour servir les 32.000  familles dans les normes requises », s’indigne un syndicaliste à Essaouira. 
Effectivement, Poste Maroc gère les gros transferts financiers du programme Tissir en exclusivité depuis le démarrage de cet ambitieux projet qui a largement contribué à la lutte contre la déperdition scolaire, mais il ne fait rien pour contribuer à la conjugaison de la vision sociale et pédagogique du programme. Il n’est plus admissible d’imposer à des milliers de familles de se déplacer dans des conditions pénibles au lieu de mobiliser un fonctionnaire et une voiture de service aux centres des communes.  « On ne comprend toujours pas l’attitude passive du ministère de l’Education nationale ! C’est un problème qui se pose à chaque fois sans réaction aucune des services compétents qui se contentent de mots de compassion stérile», nous a  déclaré le président d’une APTE à Essaouira.
Certes, Tissir a amélioré le statut et le revenu des femmes rurales qui disposent presque toutes actuellement de cartes d’identité nationale, mais il ne  parvient toujours pas à leur assurer des conditions de paiement en respectant leur dignité humaine.
 


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