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30 ans après Tchernobyl, la sécurité nucléaire n'est jamais "un acquis", rappelle l’AIEA


Les accidents peuvent ignorer les frontières et une coopération internationale efficace en matière de sécurité nucléaire est vitale



La sécurité nucléaire n'est jamais un "acquis", a rappelé mardi le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à l'occasion du 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.
"La leçon principale de Tchernobyl et de Fukushima Daiichi pour tous les acteurs du nucléaire --opérateurs, gouvernements et régulateurs-- est que la sécurité ne peut jamais être considérée comme un acquis", a déclaré Yukiya Amano dans un communiqué.
 "Les accidents peuvent ignorer les frontières, et une coopération internationale efficace en matière de sécurité nucléaire est vitale", a-t-il souligné.
 Le 26 avril 1986, le cœur de la centrale ukrainienne de Tchernobyl entrait en fusion, faisant des milliers de morts et contaminant une partie de l'Europe.
 A la suite de cette catastrophe, la pire de l'histoire du nucléaire civil, la communauté internationale avait rehaussé les critères de sécurité nucléaire.
 Mais "malgré les améliorations mises en œuvre après la catastrophe de Tchernobyl, le monde a été confronté à un autre accident grave, à la centrale de Fukushima Daiichi en 2011", au Japon, rappelle M. Amano.
 "Cela nous a rappelé dans la douleur qu'un accident grave peut se produire même dans un pays technologiquement avancé et au programme nucléaire mature", relève-t-il.
 L'organisation Greenpeace avait mis en garde la semaine dernière contre un risque nucléaire accru du fait du vieillissement du parc mondial, en particulier en Occident où la majorité des centrales ont été conçues dans les années 1960 et 1970.
 "Nous avons atteint la phase d'usure de la majorité des réacteurs dans le monde", notamment en France, selon Shawn-Patrick Stensil, un expert nucléaire de cette ONG. En outre, ces réacteurs ont été construits avant que le risque du terrorisme nucléaire "ait même été pensé", avait-il affirmé à l'AFP.
En cette occasion, l'Ukraine a célébré mardi le trentième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en rendant notamment hommage aux "liquidateurs", ces pompiers et soldats envoyés sur le site sans aucune protection dans les heures qui ont suivi l'explosion et dont beaucoup ont perdu la vie.
Aux premières heures du 26 avril 1986, la fusion du réacteur numéro 4 de la centrale a projeté dans l'atmosphère des nuages chargés de particules radioactives dont les effets sanitaires se font encore sentir aujourd'hui.
 La catastrophe la plus grave de l'histoire du nucléaire civil a contraint des dizaines de milliers d'habitants à fuir et mis en évidence les déficiences du système soviétique.
 Une cérémonie a été célébrée mardi matin dans l'église de Kiev bâtie à la mémoire des victimes et une autre s'est déroulée à Slavoutitch, ville construite à 50 km de la centrale pour reloger les riverains.
 Ce 30e anniversaire coïncide avec l'achèvement imminent d'une structure métallique de confinement en forme d'arche qui devrait permettre d'isoler le réacteur n°4 et son sarcophage endommagé pendant une centaine d'années.
 La structure, d'un coût de 1,5 milliard d'euros, a été financée par plus de 40 pays et le nouveau Premier ministre ukrainien Volodimir Groïsman a estimé que le monde entier devait tirer les leçons de la catastrophe.
 Le président Petro Porochenko va particulièrement rendre hommage aux "liquidateurs", ces quelque 500.000 civils ou militaires acheminés de toute l'Union soviétique pour nettoyer le site de la catastrophe, selon l'Organisation mondiale de la santé.
 Plusieurs dizaines d'entre eux sont morts dans les heures qui ont suivi l'accident, mais beaucoup d'autres ont succombé depuis à des maladies liées aux radiations auxquelles ils ont été exposés, notamment des cancers.
 Le nombre de victimes et les conséquences à long terme de leur exposition continuent de faire polémique, 30 ans après la catastrophe. Certains rescapés dénoncent l'absence totale d'informations au moment du drame et la culture du secret qui prévalait alors.

Libé
Mercredi 27 Avril 2016

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