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19.204 cas d’intoxications médicamenteuses au Maroc : S.O.S médicaments danger




19.204 cas d’intoxications médicamenteuses au Maroc : S.O.S médicaments danger
Les médicaments tuent ! En effet, ils contiennent des substances toxiques (toxines) qui peuvent affecter l’organisme lorsqu’ils sont absorbés en grandes quantités. Il suffit seulement de quelques comprimés d’un produit dosé pour provoquer une intoxication médicamenteuse qui peut se révéler parfois mortelle, car elle peut atteindre tous les systèmes du corps humain.
Au Maroc, l’intoxication médicamenteuse est fréquente. Elle entraîne une activité importante des services des urgences dans l’ensemble du Royaume. Selon une étude du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), établie sur une période de 29 ans (1980-2008), près de 19.204 cas d’intoxications médicamenteuses sont recensés depuis 1980, soit 21,9% de l’ensemble des intoxications survenues au pays. Un chiffre qui reste très faible, selon le CAPM, du fait d’abord de l’absence de notification des cas d’intoxications malgré l’existence d’une circulaire ministérielle datant de 1980 (N°19 829DR/BF/MM), rendant obligatoire la déclaration de tout cas d’intoxication par les professionnels de la santé. Et d’autre part, cela est dû à la faiblesse du taux de consommation des médicaments par la population marocaine par rapport aux autres pays.  Pourtant, les intoxications médicamenteuses sont la deuxième cause d’intoxication après celles des aliments, exclusion faite des piqûres et des envenimations scorpioniques.
Elles touchent en grande partie les bébés marcheurs (46,0%) et prédominent surtout chez le garçon et à domicile. L’étude du CAPM a indiqué qu’elles sont accidentelles et peuvent être imputées à la négligence des parents et au défaut de rangement des médicaments dans les foyers qui facilitent l’accès des enfants à ces produits.
Les adultes, jeunes et adolescents de sexe féminin, sont également les plus touchés. Ils représentent 20,8% des intoxications volontaires, souvent suicidaires. Son utilisation en cas de suicide est fréquente car le médicament est facile à obtenir et à consommer.
L’étude des caractéristiques cliniques de ce type d’intoxication a montré que 47,7% des cas étaient accidentels et 52,3% volontaires.
L’ensemble de ces intoxications sont de provenance urbaine (92,8%) et surviennent à domicile dans 96,7% des cas. Les déclarations provenaient d’abord de la région de Rabat-Salé- Zemmour-Zaer (15,5 pour 100.000 habitants) suivie de la région du Grand Casablanca (6,8 pour 100.000 habitants).
L’incidence cumulée élevée des cas d’intoxication au niveau des régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et du Grand Casablanca peut s’expliquer par l’accessibilité aux structures sanitaires et le transfert des malades présentant une intoxication médicamenteuse sérieuse vers les CHU et hôpitaux de ces régions.
Les familles médicamenteuses les plus incriminées, selon l’étude du CAPM, sont celles du système nerveux central (59,6% des cas), suivies par celles du système respiratoire (9,1%), des médicaments du système génito-urinaire (6,9% des cas) et du système digestif et métabolisme (6,2%).
Concernant l’évolution des intoxications médicamenteuses signalées par le CAPM pendant cette période, elles étaient d’évolution favorable, du fait que la guérison sans séquelles représente 97,7% des cas et la guérison avec séquelles (1,6%). Le décès est survenu dans 0,5% des cas (73 décès).
L’étude du CAPM a indiqué, par ailleurs, que le nombre total des médicaments disponibles au Maroc selon un inventaire de 2009, était de 3701 dont 47% sont des génériques. Il existe 855 DCI (Dénomination commune internationale) appartenant à 75 familles thérapeutiques couvrant les pathologies les plus fréquentes : infectieuses, gastro-intestinales et cardiovasculaires. 75% d’entre eux ont un SMR majeur (Service médical rendu) ou important et 40% sont indiqués dans une ALD (Affection de longue durée). Les 3/4 des spécialités sont remboursables.
Pourtant, la consommation des médicaments reste largement insuffisante. Elle est inférieure à 20 dollars par personne et par an, du fait d’un pouvoir d’achat limité de la majorité de la population.

Hassan Bentaleb
Lundi 22 Novembre 2010

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