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1,6 million de Marocains en situation de pauvreté absolue

Le milieu rural regroupe 79,4% des pauvres et 64% des vulnérables, selon le HCP




« 1,6 million de Marocains sont en situation de pauvreté absolue et 4,2 millions en situation de vulnérabilité », selon l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages au Maroc, menée par le Haut-commissariat au plan (HCP) et dont les résultats ont été présentés avant-hier à Rabat.
Selon Ahmed Lahlimi Alami, Haut commissaire au plan, l’enquête a été réalisée sur l’ensemble du territoire national auprès d’un échantillon de 16.000 ménages, entre juillet 2013 et juin 2014 pour tenir compte, d’après lui, des effets des saisons et des évènements socio-religieux sur les comportements de consommation.
L’étude a révélé que le milieu rural regroupe 79,4% des pauvres et 64% des vulnérables. Cela veut dire, en d’autres termes, que la croissance profite plus aux habitants de l’urbain que du rural. Pour cela, il a proposé que « la croissance pro-pauvres devrait avoir vocation à devenir une croissance pro-ruraux dans notre pays ».
En dépit de ces chiffres, le modèle de consommation des ménages marocains a connu durant cette période une amélioration, en plus d’une tendance à la réduction des inégalités sociales et territoriales.
Ainsi, l’étude a montré que le pouvoir d’achat a connu une progression annuelle moyenne de 3,4% au cours de cette période, et que le niveau de vie a connu une progression en passant de 3,3%, entre 2001 et 2007 à 3,6% entre 2007 et 2014. Cette croissance a été respectivement de 2,7% et 3,5% en milieu urbain et de 4,7% et 2,8% en milieu rural.
Le niveau de vie par habitant a connu, au cours de chacune des périodes 2001-2014 et  2007-2014, des améliorations annuelles significatives. Il s’agit notamment de 3,8% et 4% pour les 20% des ménages les plus défavorisés, de 3,3% et 3,3% pour les 20% des ménages les plus favorisés et de 3,6% et 3,9% pour la catégorie sociale intermédiaire.
Concernant l’indice des inégalités sociales, mesurées par l’indice de Gini, il est passé de 40,6% en 2001 à 40,7% en 2007 et à 39,5% en 2014. « Cette inflexion à la baisse est plus prononcée en milieu urbain où cet indice est passé de 41,1% en 2007 à 38,8% en 2014, contre 33,1% et 31,7% en milieu rural.
En ce qui concerne le modèle de consommation, dans sa double composante alimentaire et non-alimentaire, l’enquête a connu une évolution significative. En effet, la part des dépenses de consommation alimentaire dans le budget des ménages entre 2001 et 2014 est passée de 41% à 37%, à l’échelle nationale. Elle a continué à en représenter 47,3% en milieu rural et 33,3% en milieu urbain, variant de 50% dans la catégorie des 10% les plus défavorisés à 26% parmi les 10% les plus aisés.
Les dépenses concernant « l’enseignement,  la culture et les loisirs », « les transports », «l’hygiène et les soins médicaux» sont passées, dans le budget global des ménages, de 16,7% à 21,4%.
Néanmoins, l’étude a souligné que des disparités sociales et territoriales existaient. Ainsi, dans les budgets des ménages ruraux et urbains, «l’enseignement, la culture et les loisirs » représentent respectivement 2,8% et 6,6%, « l’habitat et l’énergie» 19,8% et 24,2%, «l’hygiène et les soins médicaux» 7,5% et 9,2%.
L’enquête a également mis en exergue une différence importante de la consommation entre la catégorie sociale placée en haut de la hiérarchie  et celle qui se situe en bas de l’échelle sociale. Ainsi, l’étude a-t-elle révélé que les 10% des ménages aisés et les 10% qui ne le sont pas consacrent, respectivement, 3,5% et 0,4% de leur budget aux loisirs, 5,3% et 2,7% à l’enseignement, 2,7% et 1,3% à la communication et 11% et 2,9% aux transports. En plus « la valeur des dépenses réalisées par la première catégorie sociale pour l’enseignement est de 24 fois supérieure à celle de la seconde, pour les loisirs 105 fois, pour les communications 24 fois et pour les transports 44 fois ».
A titre de rappel, l'examen de la concentration des dépenses en 2007 (date de la dernière enquête similaire réalisée par le HCP),  selon les différentes catégories socioéconomiques, avait mis en relief le fait que la moitié la plus aisée de la population marocaine réalisait 76,3% de la masse totale des dépenses de consommation alors que l'autre moitié n’en réalisait que 23,7%, que le cinquième de la population le plus aisé réalisait presque la moitié (48,1%) des dépenses de consommation alors que les 20% les moins favorisés de la population n'en effectuent que 6,5%. Ladite enquête avait également mis en lumière que les ménages appartenant aux 10% les plus favorisés dépensaient annuellement 20.388 DH par personne en moyenne, soit 25 531DH en milieu urbain et 13.516 DH en milieu rural, qu’ils réalisaient 33,1% de la masse globale des dépenses au niveau national (33,7% dans les villes et 26,0% dans la campagne) et que les personnes relevant des 10% les moins favorisés vivaient avec une dépense de 3 801 DH par personne et par an (4.829 DH en milieu urbain et 3.157 DH en milieu rural) tout en ne réalisant que 2,63% de la masse globale des dépenses à l'échelle nationale (2,73% en milieu urbain et 3,17% en milieu rural).
Résultat des courses, l’écart entre les 10% les plus aisés et les 10% les moins aisés était  de 12,6 fois au niveau national, tout en étant  plus accentué dans les villes (12,1 fois) que dans les campagnes (10,3 fois).
Quant aux écarts géographiques du niveau de vie, l’enquête a distingué deux  catégories de régions. Il y a tout d’abord les régions où la dépense annuelle de consommation par tête d’habitant est supérieure à la moyenne nationale. Il s’agit en l’occurrence des régions de «Dakhla-Oued Eddahab» avec 28.627 DH, «Casablanca-Settat» avec 19.006 DH, «Lâayoune-Sakia-El Hamra» avec 17.729 DH, «Rabat-Salé-Kénitra» avec 17.717 DH,  «Tanger-Tétouan-El Hoceima» avec 17.082 DH et la région de l’«Oriental» avec 15.972 DH.
Il y a, d’autre part, les régions où la dépense annuelle par habitant est inférieure à la moyenne nationale. Il s’agit, en particulier, des régions de «Draa-Tafilalet»  et «Béni Mellal-Khénifra»  avec respectivement 11 923 DH et 11.745 DH.
A noter, par ailleurs, que le but de ces enquêtes réalisées pour les années 1990/91, 1998/99, 2006/07 et 2013/2014 est de déterminer la situation socioéconomique globale des divers groupes sociaux; mesurer les inégalités des niveaux de vie entre les différents groupes sociaux et les diverses régions du pays; fournir une base de données sur l’accès de la population aux services sociaux de base (alphabétisation, éducation, logement, santé, emploi, etc.); identifier et analyser les caractéristiques des groupes sociaux les plus vulnérables et obtenir des données intégrées sur un grand nombre de variables pour faire ressortir les liens existant entre les différents déterminants démographiques, culturels et socioéconomiques des niveaux de vie des ménages et évaluer les progrès réalisés en ce qui concerne l’amélioration des niveaux de vie des ménages.

H.T
Vendredi 28 Octobre 2016

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