​Quand les arts plastiques se mettent au service de l’Histoire

Mercredi 10 Décembre 2014

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Un événement culturel très fort pour la ville de Kénitra, en cette fin de novembre 2014. Des étincelles culturelles qui ont rompu la monotonie de la capitale du Gharb. Un triple évènement de haut niveau a eu lieu, au grand bonheur des férus des Beaux-Arts. Il s’agit de trois «expositions phare»  dont le thème principal est «Les arts plastiques au service de l’Histoire» qui met  en exergue des toiles, des fresques murales, des photographies, relatant des faits historiques de la mémoire collective de la capitale du Gharb ainsi que celle du Maroc. 
Ainsi, depuis le 24 novembre, les cimaises de la municipalité de Kénitra ont vu accrocher une vingtaine de tableaux relatant l’évolution de la ville et son histoire durant la première moitié du 20ème  siècle. Ces tableaux appartiennent à la Fondation Sidi M’Chiche El Alami, mais sont réalisés par des peintres chevronnés dont Ahmed Benyessef, Mylli Corica, Léonardo Caposiéna et d’autres plasticiens talentueux de Kénitra, notamment Mehdi Ichar, Mohmed Akhatiou, Hayder Mohamed El Mehdi, et Mounir Hajouj. Créées pour servir  l’histoire du Maroc, ces œuvres immortelles ont ajouté un «plus» à son patrimoine artistique et culturel en matière d’arts plastiques.  
Parmi les tableaux de la collection de la Fondation, exposés dans le hall de la municipalité, l’on peut citer des toiles concernant «La guerre de Tétouan» de 1859 à 1860, dont celui de F. Latorre datant de 1864, «La guerre du Rif» (1921-1926) dont un tableau représente «l’usage des gaz toxiques par l’armée espagnole sur les civils»,  «La Résistance de Kénitra au colonialisme» (1911-1937)  retraçant une bataille (mai 1911) qui s’est déroulée près de la Kasbah de Kénitra, opposant les tribus Zemmours et Béni Hsen aux «troupes françaises de l’occupation», et une autre, montrant le Martyr Larbi Ould Zemmouri, le premier résistant fusillé le 7 mai 1911 par la France. Dans la même lignée, des tableaux de grand format sur la mouvance de la révolution sont signés par l’artiste Ahmed Benyessef. 
«Les visiteurs favorablement surpris par cet évènement insolite, ont joyeusement accueilli cette prestation, tout en constatant que l’espace du conseil de la ville pourrait également se transformer en musée, et donc un  lieu de culture», a indiqué Dr Mustapha Mechiche Alami, président de la Fondation Sidi M’Chiche El Alami. Initiateur de cette triple «exposition phare» marquée par le centenaire de l’urbanisme au Maroc (1914—2014), Mustapha Mechiche a également pris part au centenaire de l’urbanisme commémoré à Kénitra, par une exposition de 300 photographies installées devant la wilaya de Kénitra.
Dans la foulée de son 20ème anniversaire, la Fondation a organisé dans son propre siège, une magnifique exposition de 27 tableaux de  et de fresques murales portant sur le thème de «La lutte du Maroc contre la colonisation franco-espagnole aux 19ème et 20ème siècles», suivie par une journée d’étude ayant réuni de nombreux peintres, artistes,  hommes de lettres, historiens et anciens combattants, pour débattre de l’Art au service de l’Histoire. Réalisé conjointement avec «Le Forum Abdelkrim Khettabi pour la pensée et le dialogue», cet évènement remarquable prendra fin le 31 décembre courant.
Très ambitieuse, la Fondation Sidi M’Chiche El Alami disposera très bientôt de cartes postales de ses principaux tableaux pour porter le message aux différentes regions du pays et partout dans le monde, en publiant aussi des ouvrages sur les arts plastiques au service de l’Histoire. Au-delà de ces objectifs, elle compte organiser l’année prochaine des expositions itinérantes de ses œuvres artistiques et culturelles, à travers les villes du Royaume, avec la ferme intention d’œuvrer pour la création de son musée à Kénitra.  

Mustapha Elouizi
Mercredi 10 Décembre 2014
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