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  <title>Libération</title>
  <description><![CDATA[Quotidien d'informations en langue française. Maroc. Parti Union Socialiste des Forces Populaires. ]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-30T23:00:56+02:00</dc:date>
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   <title>Libération</title>
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   <title>Youssef Aïdi : L’exécutif ne dialogue qu'avec lui-même. Les syndicats ne font qu'entériner des décisions déjà actées</title>
   <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mourad Tabet</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entretien]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/96333084-67191277.jpg?v=1777559464" alt="Youssef Aïdi : L’exécutif ne dialogue qu'avec lui-même. Les syndicats ne font qu'entériner des décisions déjà actées" title="Youssef Aïdi : L’exécutif ne dialogue qu'avec lui-même. Les syndicats ne font qu'entériner des décisions déjà actées" />
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      <strong><em>Dans cet entretien sans détour, Youssef Aidi, secrétaire général de la FDT, nous&nbsp; livre une analyse critique de la situation sociale au Maroc. Il dénonce d’abord l’illusion d’un dialogue social qui, selon lui, tourne trop souvent au monologue gouvernemental. «Le gouvernement ne dialogue qu’avec lui-même», assène-t-il, déplorant que les syndicats ne soient conviés qu’à entériner des décisions déjà prises. Une logique qui, à ses yeux, vide le dialogue social de sa substance et trahit les aspirations de la classe ouvrière et de l’ensemble des salariés.</em></strong> <br />   <br />  <strong>Libé&nbsp;: Cette année, votre centrale syndicale, la FDT, célèbre la Fête du Travail sous le slogan inspirant : “La justice sociale, levier pour un Maroc émergent”. Quel est l’esprit et la raison de ce choix ?</strong> <br />   <br />  <strong>Youssef Aidi&nbsp;</strong>: Oui, effectivement, nous avons choisi ce slogan à la Fédération démocratique du travail parce que nous sommes profondément convaincus de l'importance d'une mobilisation nationale autour du projet « Maroc émergent ». Ce projet incarne une ambition collective et un enjeu fédérateur résumant les aspirations du Maroc, Etat et société, vers un horizon plus large, économique, social et même politique. Nous avons délibérément lié cette ambition aux conditions de sa réussite, en érigeant la justice sociale en condition sine qua non de sa réalisation et sa concrétisation. <br />   <br />  Certes, le Royaume a réalisé des progrès notables dans la mise en œuvre de la vision économique qui sous-tend le Maroc émergent, notamment à travers le développement industriel, le renforcement des infrastructures et l'amélioration de la logistique. Cependant, les faiblesses de cette dynamique de développement restent criantes : la situation précaire de l'ensemble des salariés et des couches vulnérables, la persistance d'un chômage élevé, et les carences flagrantes du système éducatif.  <blockquote><span style="color:#FF0000;"><strong>Durant ce mandat gouvernemental, la classe ouvrière a subi des augmentations en cascade concernant l’ensemble des biens de consommation. <br />  Alors que les taux d’inflation sont revenus à leur niveau antérieur, <br />  les prix, eux, sont restés obstinément élevés</strong></span></blockquote>  C'est pourquoi nous affirmons que la correction de ces déséquilibres sociaux et l'instauration d'une véritable justice sociale ne sont pas des options secondaires, elles accéléreront le développement et permettront au Maroc d'atteindre enfin le niveau auquel nous aspirons tous. <br />   <br />  <strong>Dans quelle mesure le gouvernement respecte-t-il ses engagements issus des précédents accords sociaux, s’agissant en particulier de l’amélioration des salaires?</strong> <br />   <br />  Pour nous, à la Fédération démocratique du travail, la question ne se résume pas à savoir si le gouvernement s’engage ou non à améliorer les salaires. Car tant que cette amélioration n’aura pas d’impact réel et concret sur le pouvoir d’achat des salariés, elle restera lettre morte. Ce qui est véritablement en jeu aujourd’hui, ce sont les mesures sociales qui transforment durablement la réalité des travailleurs. <br />   <br />  Prenons un exemple : une éducation de qualité, qui libérerait la classe moyenne de l’engrenage coûteux de l’enseignement privé, pourrait avoir un effet bien plus bénéfique qu’une simple augmentation de mille dirhams par mois. Il en va de même pour la qualité et la gratuité de l’accès aux soins de santé et aux traitements. <br />  C’est pourquoi notre approche concernant la situation sociale des salariés dépasse largement la seule hausse des salaires. Elle intègre les exigences d’une vie digne et les moyens concrets de garantir une véritable justice sociale. Nous récusons cette logique viciée et absurde consistant à donner aux salariés d’une main ce qui leur sera aussitôt repris de l’autre. <br />   <br />  <strong>Quelle est votre analyse de la réalité des libertés syndicales au Maroc? Observez-vous un recul ou une avancée dans ce domaine? Et quelle est votre position quant au projet de loi organique relative au droit de grève ?</strong> <br />   <br />  Je pense qu'il existe des disparités flagrantes dans ce domaine. Le respect des libertés et des droits syndicaux varie non seulement entre le secteur public et le secteur privé, mais également d'une entreprise à l'autre au sein même du secteur privé. <br />   <br />  De manière générale, notre pays n'a pas encore atteint le niveau de protection auquel il pourrait prétendre quant au droit à l'exercice syndical dans toutes ses composantes. Il n'a pas su non plus élaborer une vision claire et équilibrée qui concilierait les droits des travailleurs avec l'activité syndicale, l'intérêt de l'entreprise nationale et la liberté du travail. L'Etat a plutôt privilégié ce qu'on pourrait appeler une politique de protection d'un certain nombre de secteurs et d'institutions du secteur privé contre l'action syndicale. Dans le meilleur des cas, il a toléré un syndicalisme sous tutelle, en imposant une couleur syndicale spécifique à tel ou tel secteur. <br />  Tous ces indicateurs négatifs affectent d'abord la compétitivité des secteurs productifs, puis le processus de construction démocratique dans notre pays. Il est inadmissible de continuer à entraver la création de bureaux syndicaux, à refuser de délivrer les récépissés de dépôt, ou à multiplier toute autre forme d'obstruction qui ne correspond plus au Maroc d'aujourd'hui. <br />   <br />  Dans ce contexte, on peut noter que ce que S.M le Roi a appelé « le Maroc des deux vitesses » s'applique également à la scène syndicale. En effet, alors que l'Etat a œuvré à encadrer la scène politique en adoptant un arsenal juridique complet, définissant les conditions de fonctionnement des partis, la périodicité de leurs congrès, leurs modes de financement et les mécanismes de contrôle de l'utilisation de ces fonds, tout cela pour renforcer leur performance et accroître leur compétitivité, les syndicats, eux, sont restés en dehors de tout encadrement juridique digne de ce nom. Un tel encadrement devrait prendre en compte leurs rôles constitutionnels et renforcer leur compétitivité, au service des travailleurs et de l'économie nationale. <br />   <br />  <strong>Vous avez dénoncé la flambée des prix des produits de première nécessité et l’érosion du pouvoir d’achat des travailleurs. Comment analysez-vous l’évolution de ce dossier ?</strong> <br />   <br />  Durant ce mandat gouvernemental, la classe ouvrière a subi des augmentations en cascade concernant l’ensemble des biens de consommation. Une flambée des prix qui n’a épargné aucun produit, pas même le lait pour nourrissons. Et contrairement au discours officiel, il ne s’agit pas d’une simple conséquence de l’inflation. En effet, alors que les taux d’inflation sont revenus à leur niveau antérieur, les prix, eux, sont restés obstinément élevés.  <blockquote><span style="color:#FF0000;"><strong>L’approche gouvernementale du dossier de la réforme des caisses de retraite est marquée par un problème structurel profond et les décisions prises pour les réformer ont été guidées par une logique politicienne et courtermiste&nbsp;plutôt que par une vision tournée vers l’avenir</strong></span></blockquote>  Nous pouvons affirmer, sans exagération, qu’il y a là une forme de complicité tacite entre un gouvernement aux ordres du patronat et un lobby de profiteurs sans scrupules. Dans ce contexte, plusieurs scandales ont éclaté, à l’image de celui de la viande et de l’importation du bétail, ayant mis en lumière les dérives d’un système où quelques-uns s’enrichissent sur le dos des plus fragiles. <br />   <br />  <strong>Quel bilan tirez-vous du dialogue social entre les syndicats et l’exécutif ? Est-il vraiment au niveau des aspirations de la classe ouvrière et des salariés ?</strong> <br />   <br />  C'est un dialogue à sens unique, car le gouvernement ne dialogue qu’avec lui-même. Les syndicats ne sont conviés que pour légitimer a posteriori ce que l'exécutif a déjà décidé d'accorder à la classe ouvrière. La preuve ? L'obstruction répétée de nombreux cycles de négociation et la falsification du concept même d'institutionnalisation. <br />   <br />  A la FDT, nous sommes convaincus qu'un véritable dialogue social suppose, d'abord, l'adoption d'une loi syndicale qui encadre l'action syndicale et permet une concurrence démocratique, transparente et loyale. Ensuite, une loi-cadre sur le dialogue social est indispensable. Elle doit fixer un calendrier précis, conférer un caractère obligatoire aux accords conclus, encadrer le règlement des points de désaccord, et établir un lien contraignant entre le dialogue central et les dialogues sectoriels. <br />   <br />  <strong>Comment percevez-vous le traitement réservé par le gouvernement aux partenaires sociaux, et quels sont, selon vous, les critères qui guident son action à cet égard ?</strong> <br />   <br />  Comme je l'ai souligné précédemment, en l'absence de textes juridiques encadrant le champ syndical, le traitement réservé aux organisations reste arbitraire, dépourvu de toute base normative. La FDT participe certes à la plupart des dialogues sectoriels dans le secteur public, mais elle est&nbsp; systématiquement exclue du dialogue central. Le critère invoqué ? Le Code du travail, un texte conçu pour organiser le secteur privé, dont les dispositions ne sauraient s'étendre au secteur public. Malgré nos mises en garde répétées sur cette absurdité juridique, le gouvernement persiste dans sa logique d’exclusion et refuse de nous associer aux rounds du dialogue social. <br />   <br />  <strong>Que pensez-vous du processus de réforme des régimes de retraite ? Les mesures avancées sont-elles à la hauteur des défis de pérennité, sans remettre en cause les droits des salariés ? </strong> <br />   <br />  De prime abord, l’approche de ce dossier est marquée par un problème structurel profond. En effet, malgré une série de mesures successives dont la classe ouvrière a fait les frais, ce dossier n’a toujours pas trouvé de solution durable. La raison, à notre sens, tient au fait que les décisions ont été prises dans une logique politicienne, dictée par l’urgence conjoncturelle plutôt que par une vision tournée vers l’avenir. Chaque gouvernement, semble-t-il, a cherché à renvoyer cette «bombe sociale» à son successeur. Sinon, comment expliquer que des mesures aussi sévères à l’encontre des salariés aient été adoptées sous prétexte de réformer les systèmes de retraite, pour qu’il s’avère quelques années plus tard qu’elles ne garantissent même pas la viabilité des caisses pour plus d’une décennie ? <br />   <br />  Cette situation relève clairement d’une forme de fuite de responsabilité et d’une vision courtermiste. Nous sommes convaincus que toute solution durable doit reposer sur une étude approfondie, scientifique et réaliste de l’état actuel des systèmes de retraite au Maroc, à savoir état des fonds déposés, modes de gestion, et possibilités d’amélioration des mécanismes de pilotage. Il convient ensuite d’élargir la base des bénéficiaires dans le cadre de la mise en œuvre de l’Etat social, afin d’accroître le nombre de cotisants, et d’envisager l’unification des régimes existants en un système unique articulé autour de deux pôles (public et privé). <br />  Rappelons d’ailleurs que l’unification de ces régimes figurait parmi les conclusions d’un précédent round de dialogue social, mais qu’elle n’a jamais été concrétisée. <br />   <br />  Enfin, il est impératif, lorsque nous examinons les scénarios de sauvetage des caisses de retraite, de placer la situation des retraités au cœur de toute réflexion. Leurs conditions de vie difficiles et le caractère souvent dérisoire des pensions perçues nous imposent de marquer un temps d’arrêt pour rendre justice à cette catégorie longtemps négligée. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Propos recueillis par Mourad Tabet</strong>
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      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/96333084-67192056.jpg?v=1777559661" alt="Youssef Aïdi : L’exécutif ne dialogue qu'avec lui-même. Les syndicats ne font qu'entériner des décisions déjà actées" title="Youssef Aïdi : L’exécutif ne dialogue qu'avec lui-même. Les syndicats ne font qu'entériner des décisions déjà actées" />
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   <title>Les syndicats sur leurs gardes face à la précipitation du gouvernement concernant la réforme des retraites</title>
   <pubDate>Fri, 05 Dec 2025 17:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mehdi Ouassat</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/93023576-65088410.jpg?v=1764938932" alt="Les syndicats sur leurs gardes face à la précipitation du gouvernement concernant la réforme des retraites" title="Les syndicats sur leurs gardes face à la précipitation du gouvernement concernant la réforme des retraites" />
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      La scène politique marocaine se trouve une fois encore devant un dossier qui n’a cessé de s’alourdir au fil des années, celui de la réforme des retraites. Le gouvernement, après des mois de silence ponctués d’ajournements successifs, convoque désormais les centrales syndicales autour d’une nouvelle réunion technique censée éclaircir l’avenir d’un chantier devenu synonyme de controverse et de rupture de confiance. Ce retour soudain à la table du dialogue intervient dans un climat chargé de tension sociale, où chaque geste officiel est scruté avec prudence et où l’ombre d’un scénario déjà ficelé en coulisses plane sur les esprits.  <blockquote><span style="color:#FF0000;">Sous le poids des déséquilibres accumulés et l’ombre des échéances électorales, l’Exécutif cherche un raccourci tandis que les Marocains <br />  réclament une réforme juste et assumée</span></blockquote>  Certains responsables syndicalistes confirment avoir reçu un appel direct du chef du gouvernement pour assurer leur présence. En apparence, un signe d’ouverture. En profondeur, une tentative pressée de cadrer un processus qui devrait normalement s’appuyer sur une négociation réelle et une transparence totale. Le spectre de pratiques antérieures ressurgit, notamment la manière dont le projet de loi concernant le droit de grève avait été avancé malgré les mémorandums syndicaux. Ce souvenir alimente une inquiétude persistante. La crainte de voir émerger une réforme paramétrique prête à l’emploi, calibrée pour combler les déficits immédiats sans résoudre les déséquilibres structurels, nourrit un sentiment que l’histoire pourrait se répéter. <br />   <br />  Les informations disponibles laissent percevoir une volonté gouvernementale de trancher avant les prochaines échéances électorales. L’exécutif voudrait inscrire un scénario final au plus tard au printemps 2026, comme si le temps politique dominait l’impératif social. Pourtant, quiconque connaît les arcanes de cette réforme sait que la bataille est vaste, complexe et éminemment sensible. Les mécanismes financiers sont fragiles, les enjeux sociaux profonds et la dimension politique particulièrement inflammable. Aucun calendrier électoral ne peut servir de boussole unique face à un sujet qui déterminera les droits et la dignité de millions de travailleurs et de futurs retraités. <br />   <br />  Les chiffres renforcent ce sentiment d’urgence mais ne sauraient justifier une approche unilatérale. Le régime des pensions civiles de la Caisse marocaine des retraites a affiché en 2024 un déficit technique dépassant 7 milliards de dirhams. Le régime des pensions militaires accuse pour sa part un déficit proche de 2 milliards.  <blockquote><span style="color:#FF0000;"><strong>Aucun calendrier électoral ne peut servir de boussole dans un sujet qui déterminera les droits et la dignité de millions&nbsp;de travailleurs et de futurs retraités</strong></span></blockquote>  Les projections annoncent que les réserves pourraient s’épuiser avant 2031 si aucune réforme significative n’est menée. Le gouvernement brandit ces données comme preuve que des ajustements paramétriques sont indispensables. Pourtant, ces chiffres, aussi alarmants soient-ils, ne disent rien des choix politiques qui ont longtemps retardé une réforme structurelle globale. <br />  Car la crise actuelle ne se limite pas à un simple déséquilibre financier. Les caisses de retraite ont été maintenues pendant des années dans des schémas de placement peu ambitieux, avec une rentabilité qui dépassait rarement 3%. Le débat sur la gestion et la gouvernance revient donc avec force, notamment à la lumière d’opérations contestées comme l’acquisition de 5 Centres hospitaliers universitaires pour un montant de plus de 6 milliards de dirhams. Ce type de décisions a pu affaiblir la confiance envers la capacité à protéger l’épargne sociale avec rigueur et cohérence. <br />   <br />  Le flou entoure également le projet de régime unifié articulé autour de deux pôles, public et privé. La philosophie affichée se veut modernisatrice. La réalité, elle, risque de produire une fusion cosmétique qui déplacerait les fragilités au lieu de les résoudre. Les caractéristiques des déséquilibres ne sont pas les mêmes d’un organisme à l’autre. Le régime du secteur privé souffre principalement du faible nombre d’adhérents déclarés et de carrières discontinues. Le régime du secteur public porte le poids financier de l’intégration de milliers d’enseignants contractuels. Seul le régime professionnel affiche une solidité remarquable, avec un excédent technique supérieur à 4 milliards de dirhams et des réserves avoisinant 91 milliards. <br />   <br />  Les institutions nationales indépendantes confirment toutes ce diagnostic. Conseil de la concurrence comme Conseil économique, social et environnemental ont à maintes reprises appelé à une réforme intégrée reposant sur la transparence, la convergence des règles de gouvernance et la refonte de la politique d’investissement. Pourtant, rien n’indique aujourd’hui que ces recommandations structurantes inspirent la démarche gouvernementale. L’impression qui domine est celle d’un processus conduit dans des cercles techniques étroits, sans engagement clair sur la préservation des droits acquis, ni volonté affirmée de construire un consensus national durable. <br />  Dans ce contexte, les regards se tournent vers la réunion technique annoncée. Beaucoup redoutent qu’elle ne soit qu’un décor destiné à légitimer une décision déjà prise. <br />   <br />  L’absence de documents officiels détaillant la vision gouvernementale renforce la frustration de partenaires sociaux qui se sentent placés devant un fait accompli. La situation économique et sociale ajoute une note supplémentaire d’inquiétude. Le coût de la vie s’envole, la croissance marque le pas, la précarité gagne du terrain et les travailleurs subissent une pression qui rend tout recul de leurs droits particulièrement explosif. <br />   <br />  Le Maroc se trouve aujourd’hui à un carrefour délicat. Réformer les retraites est une nécessité, nul ne peut en douter. La question porte sur la manière. Le pays ne peut se permettre une réforme improvisée, calculée uniquement pour combler un déficit comptable. Une réforme durable appelle à réinventer la gouvernance, à redéfinir les équilibres entre générations, à placer la transparence au cœur du modèle financier et à protéger sans ambiguïté les droits sociaux, qui ne sont ni un privilège ni une variable d’ajustement. <br />   <br />  Plusieurs sources syndicales ont indiqué qu’elles ne rejettent pas l’effort collectif mais refusent qu’il repose toujours sur les mêmes catégories sociales. Le Maroc d’aujourd’hui mérite une réforme lucide, structurée, équitable et capable d’harmoniser la viabilité financière avec la justice sociale. Toute démarche qui contourne cette équation risque de fragiliser davantage la confiance déjà mise à rude épreuve. <br />   <br />  L’histoire récente nous a appris qu’une réforme conçue dans la précipitation ouvre la voie à un cycle de tensions dont le pays ne sort pas indemne. Pour éviter un nouvel épisode de crispation semblable à celui de 2016, il faut choisir la voie la plus exigeante mais aussi la plus saine, celle du dialogue loyal, de la transparence totale et du courage politique. <br />  C’est seulement ainsi que la retraite, au lieu d’être perçue comme une menace, redeviendra ce qu’elle doit être: la promesse d’une fin de carrière digne pour celles et ceux qui ont construit ce pays. <br />   <br />  <strong>Mehdi Ouassat</strong>
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   <title>Réunion entre le MEN et les syndicats pour suivre l’application des accords de décembre 2023</title>
   <pubDate>Sun, 10 Aug 2025 17:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Libé</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
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      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/90420072-63765546.jpg?v=1754834258" alt="Réunion entre le MEN et les syndicats pour suivre l’application des accords de décembre 2023" title="Réunion entre le MEN et les syndicats pour suivre l’application des accords de décembre 2023" />
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      Une réunion du Comité supérieur du dialogue social sectoriel entre le ministère de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports et les cinq syndicats de l’enseignement les plus représentatifs s’est tenue, mercredi dernier, pour faire le point sur la mise en œuvre des accords des 10 et 26 décembre 2023 ainsi que sur l’application du statut particulier des fonctionnaires de ce Département. <br />   <br />  Un communiqué conjoint publié samedi indique que cette réunion, présidée par le ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, s’est déroulée en présence de Sadik Rghioui, SG du Syndicat national de l’enseignement – FDT, Miloud Maassid, SG de la Fédération nationale de l’enseignement - UMT, de Mohamed Sghir représentant le SG du Syndicat national de l’enseignement - CDT, de Youssef Allakouch, SG de la Fédération libre de l’enseignement – UGTM et de Abdellah Ghmimat, SG de la Fédération nationale de l’enseignement – FNE. <br />   <br />  Y ont également pris part le secrétaire général par intérim du ministère, Houssine Kodad, du directeur des ressources humaines, Mohamed Aderdour, et du directeur de la formation et du développement des compétences, Ahmed El Karimi. <br />   <br />  A cette occasion, le ministre a salué le rôle des syndicats dans l’encadrement des enseignants, au service de l’école publique et de l’ensemble de ses personnels, ainsi que l’esprit d’engagement et de responsabilité dont a fait preuve la famille de l'éducation tout au long de l’année scolaire. <br />   <br />  Il a aussi affirmé que le ministère, conformément aux Hautes Orientations Royales, est engagé dans la mise en œuvre de la réforme éducative prévue par la feuille de route 2022-2026 et veille à créer les meilleures conditions pour assurer la réussite de la prochaine rentrée scolaire. <br />   <br />  M. Berrada a rappelé les mesures entreprises au niveau central, régional et provincial, portant sur la mise à disposition des infrastructures, équipements, matériels, manuels et programmes dès début septembre, insistant sur l’importance de maintenir un dialogue social sectoriel permanent afin de répondre aux attentes pédagogiques du secteur. <br />   <br />  Il a réitéré l’engagement de son département à appliquer les accords de décembre 2023 et le décret relatif au statut particulier des fonctionnaires du ministère, afin de garantir l’adhésion pleine et entière des cadres pédagogiques et administratifs à la réussite des chantiers de réforme éducative. <br />   <br />  Lors de la réunion, le secrétaire général par intérim et le directeur des ressources humaines ont présenté un bilan synthétique de la mise en œuvre des volets organisationnels et administratifs des accords de décembre 2023 et du statut particulier, faisant état d’un rythme d’application en progrès positif. <br />   <br />  Le secrétaire général par intérim a exposé les dernières nouveautés de plusieurs dossiers, précisant que le ministère a décidé d’organiser, à partir d’octobre 2025, une formation spéciale au profit des enseignants exerçant en dehors de leur cycle d’origine depuis quatre ans ou plus et n’ayant pas bénéficié de la première session de cette formation. Le département s’est également engagé à rembourser, à compter d’octobre 2025, les montants prélevés sur les salaires des administrateurs pédagogiques "assignés". <br />   <br />  Concernant l’indemnité pour zones éloignées (5.000 dirhams), le responsable a expliqué que les résultats de l’étude consacrée à ce dossier devraient être soumis en octobre prochain à la commission technique, pour examen et décision sur leur mise en œuvre. <br />   <br />  Il a aussi noté que le processus de sélection du concours dédié aux titulaires d’un doctorat exerçant dans le secteur de l’Education nationale a atteint un stade avancé, précisant que les services centraux procéderaient à l’annonce des résultats après vérification. <br />   <br />  Le ministère a souligné que le traitement des dossiers relatifs à la prise en compte des années de service antérieures des anciens enseignants vacataires est à "un stade avancé", avec l’engagement de régulariser les cas restants. Il s’est également engagé à examiner les situations des animateurs de l’éducation non formelle, des enseignants chargés de combler les déficits et de ceux dans des situations similaires prévues par les deux accords. <br />   <br />  Il a en outre promis de publier les résultats définitifs du concours professionnel pour les titulaires de diplômes supérieurs ainsi que du concours d’accès aux centres régionaux et nationaux de formation (administration pédagogique, inspection, orientation et planification éducative), une fois les données finalisées. <br />   <br />  Le ministère s’est également engagé à mettre en œuvre toutes les dispositions des accords de décembre 2023, ainsi que celles du statut particulier des fonctionnaires du département chargé de l'Education nationale, notamment l’examen d’une amélioration de la rémunération des enseignants du primaire et du collège, des cadres spécialisés en éducation et en action sociale, ainsi que des assistants pédagogiques, via une indemnité complémentaire. <br />   <br />  Par ailleurs, le ministère œuvre à faciliter les travaux de la commission permanente de rénovation et d’adaptation des curricula et programmes, afin d’accélérer l’émission de son avis sur la fixation des horaires de travail. Le ministère s’est aussi engagé à régler l’ensemble des arriérés dus aux enseignants mutés entre régions ou au sein de leur région, ainsi qu’à accélérer le paiement des sommes dues aux enseignants recrutés après 2016, précisant que les décisions d’intégration de certains cadres avaient déjà été soumises à la validation du Trésor. <br />   <br />  Pour leur part, les syndicats de l’éducation ont insisté notamment sur l’octroi de deux années bonifiées aux inspecteurs des affaires financières lésés par le processus d’intégration, l’affectation de la promotion 2025 dans leurs régions d’origine, la fixation du 1er janvier 2024 comme date d’effet matériel et administratif de l’article 76, et l’application de son dernier alinéa pour inclure la promotion 2024, avec l’ajout de deux années bonifiées dans le grade, y compris dans l’échelon. <br />   <br />  Le communiqué conclut qu’il a été convenu entre le ministère et les syndicats de reprendre, début septembre, les réunions de la commission technique afin de poursuivre l’examen des dossiers relatifs aux enseignants, aux administrateurs pédagogiques, aux inspecteurs, aux assistants pédagogiques, aux spécialistes, aux cadres communs, aux responsables de la gestion matérielle et financière, ainsi qu’aux conseillers et planificateurs pédagogiques, et de suivre les autres questions de gestion.
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