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  <title>Libération</title>
  <description><![CDATA[Quotidien d'informations en langue française. Maroc. Parti Union Socialiste des Forces Populaires. ]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-17T20:07:29+02:00</dc:date>
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   <title>Libération</title>
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   <title>Face à la majorité, l'exigence de responsabilité</title>
   <pubDate>Fri, 17 Apr 2026 15:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mohamed Assouali</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Horizons]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/96096659-67041498.jpg?v=1776432524" alt="Face à la majorité, l'exigence de responsabilité" title="Face à la majorité, l'exigence de responsabilité" />
     </div>
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      L’intervention du Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, lors de l’émission «Décryptage», a marqué un tournant dans le débat politique actuel. A une époque où l'instantanéité du commentaire l'emporte trop souvent sur la profondeur de l'analyse, une fraction de l'opinion publique tend à confondre l'agitation médiatique avec la pensée politique, et le tumulte avec l'action réelle. Le passage du leader socialiste a eu le mérite essentiel de rompre avec cette facilité ambiante. Sans jamais chercher à occulter la gravité de la crise ni à en banaliser les effets, il a tenu à rappeler que celle-ci s'enracine dans des causes identifiables, sous la responsabilité d'acteurs précis, au sein d'un cadre politique clairement défini. En ce sens, la prise de parole du Premier secrétaire ne relevait nullement de l'exercice de démagogie, mais bien d'un profond effort de clarification et de pédagogie. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La parole politique contre le vacarme médiatique</strong> <br />  &nbsp; <br />  La force de cette intervention réside avant tout dans la rigueur de sa méthode. Driss Lachguar ne s'est pas présenté sur le plateau pour flatter les passions éphémères ou s'enfermer dans le registre usé de l'indignation systématique. Il a fait le choix d'un discours que l'espace public semble de moins en moins tolérer : celui de la clarté, de la cohérence et de la corrélation des faits. Pour lui, la crise sociale, l'érosion du pouvoir d'achat, la montée du chômage, la lassitude démocratique et l'affaiblissement du pluralisme ne sont pas des phénomènes isolés. Ils sont les manifestations d'un même désordre structurel et de l'essoufflement d'une promesse publique non tenue. Là où beaucoup ne font qu'énumérer des symptômes, il s'est attaché à en mettre à nu l'architecture profonde. C'est précisément dans cette approche que se dessine la frontière entre la répétition d’un simple exercice narratif de plateau et la véritable parole politique. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L'échec de la gouvernance mis en évidence par la réalité sociale</strong> <br />  &nbsp; <br />  Lors de son passage dans l’émission "Décryptage", Driss Lachagar a démontré l’impossibilité de dissocier les souffrances quotidiennes des citoyens du cadre politique qui les façonne. La cherté de la vie, le déclin des services publics et la précarité croissante ne sont pas des fatalités, mais le produit de choix budgétaires délibérés. Il a fustigé un exercice du pouvoir autarcique, imperméable à toute vision alternative, qui instrumentalise sa majorité parlementaire comme un couperet pour étouffer toute voix dissidente, toute raisonnable qu’elle peut être. <br />   <br />  Dès lors, évoquer l’équilibre institutionnel n'est pas une figure de style&nbsp;; c’est, au contraire, une manière de pointer le lieu exact où se forgent les solutions ou les blocages qui rythment le quotidien des Marocains. <br />   <br />  Lorsqu'une démocratie voit ses contre-pouvoirs neutralisés, elle favorise l’injustice. Une opposition marginalisée paralyse, quant à elle, la capacité d’ajustement du système. Le verdict de Driss Lachguar est sans appel : le social est le révélateur le plus sévère du politique. A travers cette lecture, le Premier secrétaire du parti a rappelé qu’aucune souffrance durable ne peut être comprise si on la détache du mode de gouvernance qui l’alimente. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La motion de censure : un révélateur des rapports de force</strong> <br />  &nbsp; <br />  Dans cette perspective, l’épisode de la motion de censure prend une valeur de test de vérité. L’initiative portée par l’USFP ne fut pas un simple geste symbolique. Elle répondait à une volonté de réactiver les outils constitutionnels, de restaurer la fonction de contrôle du Parlement et de prouver qu’une opposition crédible agit au cœur même des institutions. <br />   <br />  Cette séquence a révélé deux grandes faiblesses : celle d'une majorité ayant préféré le verrouillage au débat ouvert, et celle d'une partie de l'opposition ayant cédé au calcul ou à l'hésitation. Si la réaction de la majorité semble s’inscrire tout naturellement dans la perception qu’elle a de l’exercice de la politique, celle de certains partis de l’opposition a révélé une sorte de désengagement qui a limité la portée de l'acte. Cette réaction a aussi érodé la crédibilité de ceux qui critiquent la domination gouvernementale tout en reculant devant l'usage des instruments permettant de la contester. En assumant seule le coût politique de cette audace, l'USFP a rappelé que la démocratie ne saurait se réduire à une simple gestion comptable des majorités numériques. <br />   <br />  Driss Lachguar, en rappelant cet épisode, a voulu mettre en avant la difficulté croissante à faire vivre les contre-pouvoirs et à accepter que la démocratie soit autre chose qu’une simple gestion de majorité numérique. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Diplomatie partisane et fidélité aux principes</strong> <br />  &nbsp; <br />  L’intervention a également permis de replacer la défense des intérêts nationaux dans une vision globale de l’engagement. Driss Lachguar a souligné qu’un grand parti ne saurait se cantonner aux affaires internes. Il doit investir le champ de la diplomatie parallèle pour porter la voix du Maroc, rectifier les perceptions biaisées et consolider les alliances stratégiques. <br />   <br />  Cette responsabilité ne s'arrête pas aux frontières nationales. Dans ce cadre, le soutien à la cause palestinienne n'est ni un ornement rhétorique, ni une figure de style. Le rappeler, comme l’a fait Driss Lachguar, ne contredit en rien la défense des intérêts du Maroc. C'est un impératif de justice et de fidélité morale qui coexiste parfaitement avec la défense du pays. Cette cohérence illustre un refus des doubles standards et une volonté d'inscrire l'action nationale dans un horizon de dignité universelle. En rappelant que cette articulation est possible, voire nécessaire, le Premier secrétaire du parti a montré qu’un parti historique peut défendre la nation sans renoncer à la solidarité avec les causes justes. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Pour une force d’opposition de proposition contre le vide politique</strong> <br />  &nbsp; <br />  Enfin, sur les dossiers brûlants du chômage et du pouvoir d’achat, le Premier secrétaire a rejeté le déni que le gouvernement affiche à cet égard. Sans transformer la détresse sociale en slogans faciles, il l'a analysée comme le marqueur d'un échec public persistant. <br />   <br />  Pour lui, la vérité des discours officiels ne se mesure pas aux statistiques, mais au vécu quotidien des ménages face aux dépenses de santé, de transport ou d'éducation. En déplaçant le curseur du simple constat vers la responsabilité et l'alternative, il a défini ce que doit être une opposition constructive : non pas celle qui se contente de crier pour occuper l'espace, mais celle qui pense et propose pour préparer une issue. <br />   <br />  En défendant une opposition de proposition, l’USFP rappelle que la critique n’a de sens que si elle s’accompagne d’un cap, d’une méthode et d’une volonté réelle de transformation. A travers cette ligne, le Premier secrétaire du parti a réaffirmé que l’opposition n’est pas condamnée à l’impuissance dès lors qu’elle choisit de penser et de proposer. <br />   <br />  En définitive, le passage de Driss Lachguar dans «Décryptage» fut une intervention réussie, car elle a tenté de réintroduire de l'ordre, du sens et une direction claire dans un paysage politique souvent marqué par la confusion. <br />   <br />  Le Premier secrétaire du parti n’y a pas manqué de relier les fractures sociales à leurs causes politiques, la souffrance des ménages à l’usure du modèle public, l’hégémonie de la majorité à l’affaiblissement du pluralisme, et le rôle de l’opposition à l’exigence d’une alternative crédible. <br />   <br />  Il a aussi rappelé, avec la motion de censure, que l’USFP a choisi d’assumer ses responsabilités pendant que le gouvernement se contentait de calmer sa majorité numérique chaque fois que ses membres sont interpellés sur leur bilan, et qu’une partie de l’opposition se dérobait. Enfin, le Premier secrétaire du parti a montré qu’un grand parti défend son pays sur tous les fronts, sans renoncer à sa fidélité à la Palestine. <br />   <br />  Dans une époque où tant de prises de parole se contentent de verser dans la confusion, cette intervention a tenté de réintroduire du sens, de la responsabilité et une ligne directrice. <br />   <br />  <strong>Par Mohamed Assouali</strong> <br />  <em>Membre du Bureau politique de l’USFP et Secrétaire provincial du parti à Tétouan</em>
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   <title>Un chiffre : 11 millions de Marocains sous assistance. Loin d'être flatteur </title>
   <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 15:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mohamed Assouali</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/95628106-66819313.jpg?v=1774530751" alt="Un chiffre : 11 millions de Marocains sous assistance. Loin d'être flatteur " title="Un chiffre : 11 millions de Marocains sous assistance. Loin d'être flatteur " />
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      Quand près d’un tiers des citoyens dépend d’un soutien social direct, la question n’est plus seulement sociale : elle devient profondément politique. <br />   <br />  Rares sont les gouvernements qui ont le privilège de disposer d’une majorité aussi large que celle d’Akhannouch. Une telle configuration garantit au gouvernement d’appliquer son programme sans être obligé de composer avec d’autres acteurs politiques. Autrement dit, la majorité actuelle a eu, tout au long de la période de son investiture, toute la latitude pour honorer les engagements qu’elle avait pris devant les électeurs. <br />   <br />  Cette majorité large et confortable&nbsp; aurait pu constituer un levier puissant pour engager des réformes économiques profondes et réduire durablement les inégalités sociales. Cependant, un paradoxe s’impose aujourd’hui : alors que l’économie devrait produire davantage d’emplois et d’opportunités, le nombre de bénéficiaires du soutien social direct dépasse désormais 11 millions de Marocains. Ce chiffre interroge la nature même des politiques publiques mises en œuvre : assistons-nous à une véritable stratégie de lutte contre la pauvreté ou à l’installation progressive d’un modèle qui se contente d’en organiser la gestion ? <br />  &nbsp; <br />  <strong>Une majorité parlementaire sans véritable transformation économique</strong> <br />  &nbsp; <br />  Dans les systèmes démocratiques, une majorité parlementaire solide représente généralement un atout majeur. Elle offre au gouvernement la possibilité d’adopter des lois structurantes, d’engager des réformes ambitieuses et de conduire des politiques publiques cohérentes dans la durée. <br />   <br />  Mais l’expérience actuelle du gouvernement marocain montre que la force numérique au Parlement ne suffit pas à produire une dynamique de transformation. Malgré une majorité confortable, les résultats économiques et sociaux restent en deçà des attentes exprimées par une grande partie de la population. <br />  Ce décalage entre la puissance politique affichée et les résultats concrets nourrit un sentiment croissant de suspicion quant à la capacité des politiques publiques à améliorer réellement les conditions de vie des citoyens. <br />  &nbsp; <br />  <strong>11 millions de bénéficiaires : Le symptôme d’une fragilité sociale persistante</strong> <br />  &nbsp; <br />  Le programme de soutien social direct constitue, en principe, une mesure importante pour accompagner les ménages vulnérables face à l’augmentation du coût de la vie. <br />  Or, les chiffres interpellent. Plus de 1<span dir="RTL">1</span> millions de citoyens bénéficient en effet aujourd’hui de ce dispositif, soit près d’un tiers de la population nationale. <br />   <br />  Les indicateurs du Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirment cette fragilité. Le taux de chômage dépasse 13% au niveau national, tandis que celui des jeunes en milieu urbain avoisine les 35%. Dans le même temps, la croissance économique demeure insuffisante pour absorber la demande croissante de demandeurs d’emplois. <br />   <br />  Dans une économie dynamique, les programmes d’aide sociale devraient progressivement voir le nombre de bénéficiaires diminuer grâce à l’intégration des populations vulnérables dans l’activité économique. Or, la tendance actuelle semble indiquer le contraire. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L’aide sociale : Instrument d’émancipation ou gestion administrative de la pauvreté ?</strong> <br />  &nbsp; <br />  Dans les expériences internationales les plus réussies, l’aide sociale constitue un mécanisme transitoire. Elle accompagne les ménages dans une période difficile avant leur insertion durable dans le marché du travail. <br />   <br />  Mais lorsque des millions de citoyens deviennent durablement dépendants de transferts sociaux, la nature même de la politique sociale se trouve dénaturée. L’aide cesse d’être un levier d’émancipation économique pour devenir un instrument de stabilisation sociale. <br />  C’est dans ce contexte que certains économistes évoquent le risque d’une institutionnalisation de la pauvreté, c’est-à-dire une situation où la précarité est administrée par des dispositifs financiers plutôt que combattue à travers des politiques économiques structurelles. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le véritable défi : Créer des emplois</strong> <br />  &nbsp; <br />  Le problème ne réside pas dans l’existence de politiques de solidarité. Dans toutes les économies modernes, ces dispositifs sont indispensables pour protéger les populations vulnérables. <br />   <br />  La difficulté apparaît lorsque ces mécanismes deviennent la réponse principale à des déséquilibres économiques profonds. Une économie qui ne crée pas suffisamment d’emplois finit par élargir les politiques d’assistance pour compenser cette incapacité. <br />  Selon Bank Al-Maghrib, la croissance économique marocaine oscille ces dernières années autour de 3 à 3,5%, un rythme insuffisant pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. <br />  Sans une stratégie économique créatrice d’emplois, les politiques sociales risquent de devenir des mécanismes permanents de compensation. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Les expériences européennes : Réduire la pauvreté par l’activité économique</strong> <br />  &nbsp; <br />  Plusieurs pays européens confrontés à des crises sociales importantes ont choisi une stratégie différente. Le Portugal et l’Espagne, par exemple, ont combiné politiques sociales et relance économique. <br />   <br />  Au Portugal, le taux de chômage est passé de plus de 16 % en 2013 à moins de 7% aujourd’hui, grâce à une stratégie associant relance économique, soutien aux PME et valorisation du travail. <br />  En Espagne, les réformes du marché du travail et les investissements publics ont également contribué à stimuler la création d’emplois et à réduire progressivement la précarité. <br />  Ces expériences montrent qu’une politique sociale efficace ne peut être dissociée d’une stratégie économique productive. <br />  &nbsp; <br />  <strong>2026 : Un choix de modèle économique</strong> <br />  &nbsp; <br />  A l’approche des échéances électorales de 2026, cette question devra être au centre des débats publics. Les citoyens n’attendent pas seulement des mécanismes de soutien ponctuels. Ils attendent des politiques capables d’ouvrir de véritables perspectives économiques, fondées sur l’emploi, la dignité du travail et la réduction des inégalités. <br />  Le défi pour les forces progressistes consiste précisément à proposer une alternative crédible fondée sur la création d’emplois, la justice sociale et la relance de l’économie productive. C’est dans cet esprit que l’Union socialiste des forces populaires défend, au quotidien, un ensemble d’orientations économiques et sociales destinées à replacer le citoyen au cœur du modèle de développement. <br />   <br />  Parmi ces orientations figurent notamment le soutien actif aux petites et moyennes entreprises créatrices d’emplois, la valorisation de l’économie locale et territoriale, le renforcement des politiques industrielles productives, la réforme fiscale pour plus de justice et d’équité, ainsi que l’investissement massif dans l’éducation, la santé et la formation. Le parti plaide également pour une régionalisation économique plus effective, à même de réduire les inégalités territoriales et d’ouvrir de nouvelles dynamiques de développement dans l’ensemble des régions du pays. <br />   <br />  L’objectif est clair : passer d’une économie qui compense la précarité à une économie qui crée des opportunités. Une économie capable d’offrir aux jeunes des perspectives d’emploi, de renforcer les classes moyennes et de garantir une véritable justice sociale. <br />   <br />  <strong>Par Mohamed Assouali</strong> <br />  <em>Membre du Bureau politique <br />  Secrétaire provincial de l’Union socialiste des forces populaires – Tétouan</em>
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   <title>La censure comme ultime sursaut démocratique</title>
   <pubDate>Fri, 11 Apr 2025 17:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mohamed Assouali</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/87847691-62260855.jpg?v=1744379165" alt="La censure comme ultime sursaut démocratique" title="La censure comme ultime sursaut démocratique" />
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      Alors que le Maroc traverse une période marquée par une tension sociale grandissante, une inflation persistante et une désillusion croissante vis-à-vis de l’action gouvernementale, une question s’impose avec acuité : jusqu’à quand l’opposition parlementaire continuera-t-elle de se contenter d’observer sans agir ? Malgré la possession d’outils constitutionnels puissants tels que la motion de censure et la commission d’enquête, l’opposition semble prisonnière de ses propres calculs partisans, transformant son inertie en une forme de complicité silencieuse. <br />   <br />  La Constitution de 2011, perçue à son adoption comme une avancée démocratique majeure, confère pourtant à l’opposition les leviers nécessaires pour peser dans le jeu institutionnel. Encore faut-il en faire usage. Dans un tel contexte, oser la censure ne relève plus de la simple stratégie politique, mais devient un impératif démocratique et éthique. <br />   <br />  1 – Une opposition morcelée : entre postures symboliques et ambitions contrariées <br />   <br />  Les signes de fragmentation au sein de l’opposition sont manifestes. L’initiative conjointe du PPS, du MP et du PJD visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur les importations controversées de moutons s’est heurtée à un obstacle de taille : l’incapacité à atteindre le quorum constitutionnel requis. L’adhésion de l’USFP, bien que symbolique, n’a pas suffi à inverser la tendance. Cet épisode a mis en lumière les limites d’une opposition désunie, peinant à constituer un front cohérent et déterminé, capable de rééquilibrer les rapports de force parlementaires. <br />   <br />  2 – Le scandale des importations ovines : symptôme d’une crise politique plus profonde <br />   <br />  L’affaire des têtes ovines importées en 2023 et 2024, subventionnées à coups de millions de dirhams à la veille de l’Aïd al-Adha, a cristallisé les critiques autour des priorités gouvernementales. Les tensions internes au sein de l’exécutif ont ravivé le débat sur la transparence, tout en soulignant l’absence d’un contre-pouvoir parlementaire efficace, capable de passer de la parole à l’action. <br />   <br />  3 – La commission d’enquête : un outil constitutionnel verrouillé <br />   <br />  L’article 67 de la Constitution exige le soutien d’un tiers des députés (132) pour initier une commission d’enquête. Or, l’opposition actuelle ne dispose que de 110 sièges. Cette réalité rend toute initiative dépendante d’un soutien venu de la majorité, notamment du parti de l’Istiqlal. Ce dernier se retrouve face à un dilemme stratégique : soutenir la transparence au risque d’ébranler la majorité ou rejeter l’initiative et assumer une posture de repli. <br />   <br />  À titre de comparaison, les seuils exigés en Allemagne (25 %) ou en France (10 %) rendent l’outil beaucoup plus accessible. Le seuil marocain, à l’inverse, semble dissuasif, posant la question de la réelle volonté institutionnelle d’instaurer une culture de reddition des comptes. <br />   <br />  4 – La motion de censure : un levier oublié ? <br />   <br />  Contrairement aux commissions d’enquête, la motion de censure ne requiert que le soutien d’un cinquième des députés (soit 79), un seuil que l’opposition a déjà atteint. Pourtant, cet outil demeure lettre morte : seules deux tentatives ont été enregistrées depuis l’indépendance, en 1964 et en 1990, toutes deux infructueuses. Ce désintérêt traduit une forme de frilosité démocratique dans l’exercice du contrôle parlementaire. <br />   <br />  Driss Lachguar n’a cessé d’appeler à la réhabilitation de cet instrument, en tant que levier de débat national structurant, bien au-delà des simples joutes oratoires. L’inaction actuelle, malgré des conditions réunies, témoigne d’une hésitation stratégique qui interroge la sincérité de l’opposition plurielle. <br />   <br />  5 – L’USFP : vers une opposition active et structurée <br />   <br />  Sous la conduite de Driss Lachguar, l’USFP s’attèle à conjuguer les attentes sociales à une stratégie politique crédible. En apposant sa signature à la demande de commission d’enquête, tout en soulignant les failles de cohésion de l’opposition, le parti affiche un positionnement lucide et résolument combatif. <br />   <br />  L’USFP œuvre également à bâtir des passerelles avec les syndicats et les acteurs de la société civile, renouant ainsi avec son rôle d’opposant constructif dans un paysage politique trop souvent figé. <br />   <br />  6 – Médias et opinion publique : les grands absents du contrôle parlementaire <br />   <br />  Les médias publics, peu enclins à couvrir sérieusement les débats parlementaires, laissent un vide médiatique que les réseaux sociaux tentent de combler. La mobilisation numérique autour du prix des moutons en constitue une illustration frappante, révélatrice d’une exigence populaire de transparence. <br />   <br />  Dans ce contexte, l’opposition se doit de réinventer sa communication politique. Elle gagnerait à exploiter les dynamiques du numérique pour relayer ses combats, expliquer ses positions, et retisser un lien de confiance avec les citoyens. <br />   <br />  7 – Une crise structurelle avant d’être procédurale <br />   <br />  La crise actuelle de l’opposition dépasse les contraintes techniques ou procédurales. Elle est d’abord structurelle, culturelle et stratégique. Elle tient à l’absence de vision commune, au manque de courage collectif et à l’incapacité de dépasser les logiques partisanes. Les citoyens attendent une opposition agissante, non de simples porte-voix institutionnels. <br />  Trois scénarios peuvent se dessiner : <br />   <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une montée en tension politique par le biais d’une motion de censure portée par un front élargi, comme l’a évoqué l’USFP en mars 2024. <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une réforme de la Constitution, notamment de l’article 67, pour faciliter la mise en place de commissions d’enquête. <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le maintien du statu quo, synonyme d’un fossé démocratique toujours plus profond entre institutions et citoyens. <br />   <br />  8 – Pour une opposition efficace : les jalons d’une feuille de route <br />   <br />  Pour retrouver sa légitimité, l’opposition doit s’engager dans une démarche proactive et concertée : <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rédiger une déclaration commune d’engagements inter partisans, comme celle en cours d’élaboration à l’issue du débat organisé par HEM Casablanca avec les chefs des partis de l’opposition. <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mettre en place des commissions d’experts internes pour formuler des propositions concrètes et réalistes. <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Organiser des forums citoyens à l’échelle régionale afin d’identifier les priorités politiques en lien avec les attentes du terrain. <br />  •&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Déployer une stratégie numérique ambitieuse, avec des contenus clairs, engageants, pédagogiques et en temps réel. <br />   <br />  9 – Une épreuve éthique autant que politique <br />   <br />  L’opposition marocaine est aujourd’hui face à un moment de vérité : assumer son rôle ou s’enfermer dans une inertie coupable. La motion de censure, désormais à portée de main, représente bien plus qu’un simple outil de contestation : elle peut devenir le catalyseur d’un sursaut démocratique nécessaire. <br />   <br />  Comme l’a si justement formulé Driss Lachguar : « Une opposition sincère ne redoute pas l’échec, elle redoute le silence. » Cette parole remet au cœur du débat la notion de devoir démocratique : la motion de censure n’est pas une arme de destruction, mais un instrument de clarification, un test de cohésion pour la majorité, et une opportunité de réhabiliter le débat politique. <br />   <br />  L’opposition dispose aujourd’hui d’une chance historique de redevenir une force d’alternance crédible. Il lui revient de dépasser les querelles d’appareil, de saisir la dynamique portée par l’USFP et de faire enfin entendre la voix que la Constitution lui reconnaît. <br />   <br />  <strong>Par Mohamed Assouali</strong> <br />  <strong>Membre de la commission nationale d’arbitrage et d’éthique de l’USFP.</strong> <br />  &nbsp;
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   <title>Les composantes de la majorité se renvoient la balle d'un échec consommé</title>
   <pubDate>Wed, 19 Feb 2025 13:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mourad Tabet</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
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      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/86729197-61644619.jpg?v=1740319914" alt="Les composantes de la majorité se renvoient la balle d'un échec consommé" title="Les composantes de la majorité se renvoient la balle d'un échec consommé" />
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      Il semble que l’homogénéité gouvernementale n’est qu’une chimère. En attestent les récentes déclarations de responsables ou figures de premier rang des partis composant la majorité gouvernementale (RNI, PI et PAM) présidée par Aziz Akhannouch. <br />   <br />  Le Parti de l’Istiqlal (PI) qui fait&nbsp;partie de cette majorité s’est désolidarisé du gouvernement. En effet,&nbsp;Nizar Baraka, secrétaire général du&nbsp;PI et ministre de l'Equipement et de&nbsp;l'Eau, a tenu un discours digne d’un&nbsp;parti d’opposition et non pas d’une formation faisant partie d’une coalition gouvernementale quand il a critiqué la baisse du pouvoir d'achat des Marocains lors d’un meeting organisé samedi dernier à Ouled Frej,&nbsp;dans la province d’El Jadida, à l’occasion du lancement officiel du programme «2025, année du bénévolat». <br />   <br />  « Le revenu mensuel ne suffit plus à subvenir aux besoins des familles »,&nbsp;a-t-il fait savoir, alors que les prix de&nbsp;la viande rouge, des céréales, du gaz,&nbsp;du sucre et du carburant et bien d’autres produits de première nécessité&nbsp;ont connu une hausse vertigineuse&nbsp;au cours des dernières années. <br />   <br />  Et d’ajouter : «Aujourd’hui, un ménage moyen consacre plus de&nbsp;45% de son revenu mensuel aux dépenses alimentaires. C’est un seuil&nbsp;critique qui menace la stabilité économique des foyers. Le revenu mensuel ne suffit plus à couvrir les&nbsp;besoins de base, ce qui nous impose&nbsp;d’agir avec fermeté ». <br />   <br />  Le PI semble, donc, prendre ses&nbsp;distances avec la coalition gouvernementale. Il critique ouvertement plusieurs aspects des politiques&nbsp;socioéconomiques mises en place&nbsp;depuis 2021. <br />  Certains observateurs ont souligné que le secrétaire général du PI&nbsp;aurait dû consacrer cette sortie aux&nbsp;mesures préconisées par le gouvernement pour faire face à cette situation sociale difficile pour la majorité&nbsp;des Marocains au lieu de tenir un discours digne d’un opposant. <br />   <br />  Ce n’est pas la première fois que des dissensions éclatent au grand&nbsp;jour entre les partis de la majorité&nbsp;gouvernementale prouvant que la&nbsp;cohésion de celle-ci n’est qu’un&nbsp;leurre. <br />   <br />  Tout récemment, une polémique a éclaté entre le PI et le RNI autour du projet d’interconnexion entre les&nbsp;barrages d’Oued El Makhazine et&nbsp;Dar Khrofa à Larache, visant à assurer l’approvisionnement en eau potable de Tanger et des autres villes du Nord, chaque parti revendiquant la paternité de ce projet. <br />   <br />  En plus, en janvier dernier, Mohammed Oujar, l’un des membres dirigeants du RNI, a tiré à boulets rouges sur le département de l'Aménagement du territoire national, de&nbsp;l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville dirigé par la coordinatrice nationale du PAM, Fatima&nbsp;Ezzahra El Mansouri. <br />   <br />  Son parti a répondu indirectement à ces critiques en rendant public un communiqué de presse dans&nbsp;lequel le bureau politique du PAM&nbsp;s’est dit «fier de l’impact positif et&nbsp;tangible des mesures prises dans le&nbsp;secteur de l’habitat et de l’urbanisme,&nbsp;considéré comme le plus important&nbsp;et le plus performant dans le parcours du gouvernement actuel ». <br />   <br />  Avant les critiques de Mohammed Oujar, l’ancien SG du PAM, Hassan Benaddi, a dit tout haut ce que peut-être beaucoup au sein de son parti&nbsp;pensent tout bas. Lors d’un entretien&nbsp;avec nos confrères de «Le360» au&nbsp;début du mois de janvier, Hassan Benaddi a affirmé que « le parti ferait&nbsp;mieux de prendre ses distances avec&nbsp;la majorité actuelle et de quitter le&nbsp;gouvernement Akhannouch qui peine à sortir du «déni de la réalité »». <br />   <br />  Pour sauver la face, le chef du&nbsp;gouvernement s’est empressé de&nbsp;tenir la réunion de l’Instance de la&nbsp;présidence de la majorité fin janvier&nbsp;dernier. Lors de cette rencontre, les partis de la majorité ont exprimé «&nbsp;leur volonté commune et leur pleine mobilisation pour poursuivre la réussite de l’expérience gouvernementale&nbsp;actuelle et accélérer la réalisation des&nbsp;différents chantiers en application du&nbsp;programme gouvernemental ». <br />   <br />  Toutefois, les discours lénifiants, les photos de famille et les sourires&nbsp;de façade ne peuvent masquer les&nbsp;dissensions au sein de la majorité&nbsp;gouvernementale, lesquelles risquent de s’exacerber à l’approche des&nbsp;échéances électorales. <br />   <br />  <strong>Mourad Tabet</strong>
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   <title>Le silence radio d’une majorité quasi-muette</title>
   <pubDate>Tue, 04 Feb 2025 13:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mehdi Ouassat</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité]]></dc:subject>
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      Dans une démocratie moderne, la réactivité de l’exécutif face aux questions des représentants du peuple constitue un baromètre essentiel de la transparence et de la bonne gouvernance. Pourtant, une étude récente menée par l’Association «Tafra», en partenariat avec l’Union européenne, jette une lumière crue sur une réalité préoccupante: au Maroc, plusieurs ministères brillent davantage par leur silence que par leur diligence lorsqu’il s’agit de répondre aux interrogations des parlementaires. <br />   <br />  Le constat dressé par le rapport est sans appel. Certains ministères affichent des taux de réponse dramatiquement bas, à l’image du ministère du Tourisme, de l’Artisanat, de l’Economie sociale et solidaire, qui n’a répondu qu’à 5% des 127 questions qui lui ont été posées. Ce silence quasi-absolu n’est pas un cas isolé. Le ministère de l’Aménagement du territoire national et de l’Urbanisme n’a pris la peine de répondre qu’à 6% des interrogations des députés, et toujours hors délai. <br />   <br />  Mais la situation devient encore plus inquiétante lorsqu’on regarde du côté du chef du gouvernement et du secrétariat général du gouvernement, ils n’ont tout simplement répondu à aucune des questions qui leur ont été adressées lors de la sixième session de la législature actuelle. Ce mutisme interroge : est-il le fruit d’un désintérêt pour l’exercice parlementaire ou d’une volonté délibérée d’esquiver certains débats ? <br />   <br />  En contraste, quelques ministères se démarquent par un taux de réponse plus élevé. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques arrive en tête avec 65% de réponses, suivi de près par le ministère de la Justice (60%) et celui de l’Éducation nationale (57%). Le ministère de l’Intérieur affiche, quant à lui, une réactivité de 50%. <br />   <br />  Le rapport souligne également un écart entre l’opposition et la majorité en termes d’initiatives parlementaires. Les députés de l’opposition posent presque deux fois plus de questions que ceux de la majorité, bien que les taux de réponse restent bas et similaires des deux côtés, n’excédant pas 33%, en tout. <br />   <br />  Au-delà du simple taux de réponse, le document de «Tafra» met en évidence un autre problème majeur : le non-respect des délais imposés par le règlement interne de la Chambre des représentants. Celui-ci stipule un délai de 20 jours pour fournir une réponse aux interrogations parlementaires. Or, les ministères prennent bien souvent des semaines, voire des mois, pour répondre. <br />   <br />  Ainsi, le ministère de l’Education nationale a mis en moyenne 44 jours pour traiter 57% des questions reçues, tandis que le ministère des Habous et des Affaires islamiques, pourtant le plus réactif, a pris en moyenne 91 jours pour répondre aux 65% des questions qui lui ont été soumises. Une lenteur administrative qui soulève des questions sur l’efficacité des processus internes du gouvernement et sur la considération accordée aux préoccupations soulevées par les élus du peuple. <br />   <br />  Ce rapport met en évidence une problématique majeure qui dépasse la simple question de la réactivité ministérielle : celle de la responsabilité politique. Dans une démocratie représentative, les ministres et le chef du gouvernement sont tenus de rendre des comptes aux parlementaires, qui, à leur tour, sont les porte-voix des citoyens. Un gouvernement qui tarde à répondre, ou pire, qui ignore les interpellations du Parlement, affaiblit l’un des principes fondamentaux du fonctionnement démocratique : la reddition des comptes. <br />   <br />  Le risque est double. D’une part, ce manque de transparence alimente un sentiment de défiance vis-à-vis des institutions. Si les députés eux-mêmes peinent à obtenir des réponses aux préoccupations des citoyens, comment espérer que la population ait foi en l’efficacité du système politique? D’autre part, une telle inertie fragilise le travail parlementaire, en privant les élus d’informations essentielles pour orienter le débat public et proposer des réformes adaptées aux réalités du pays. <br />   <br />  Loin d’être un simple problème technique, cette situation révèle un défi structurel qui appelle des réformes urgentes. Premièrement, il semble essentiel d’instaurer des mécanismes contraignants pour garantir le respect des délais de réponse. Pourquoi ne pas envisager des sanctions pour les ministères qui, de manière répétée, ne répondent pas dans les temps ? <br />   <br />  Deuxièmement, la digitalisation des procédures pourrait constituer une solution pour accélérer la circulation des informations et fluidifier les échanges entre le gouvernement et le Parlement. Une plateforme transparente permettant de suivre en temps réel l’état des questions et des réponses pourrait inciter les ministères à respecter leurs obligations. <br />  Enfin, cette étude souligne une nécessité fondamentale : renforcer la culture de la reddition des comptes au sein de l’exécutif. Car au-delà des chiffres, ce que révèle cette enquête, c’est une certaine conception du pouvoir, où le dialogue avec les élus de la nation semble encore perçu comme une contrainte plutôt qu’un devoir démocratique. <br />   <br />  Il appartient désormais aux parlementaires de faire entendre leur voix et d’exiger des réformes pour que la transparence et l’efficacité gouvernementale ne soient plus de simples principes théoriques, mais bien des réalités concrètes. Car une démocratie ne se mesure pas seulement aux discours de ses dirigeants, mais aussi à leur capacité à écouter et à répondre à ceux qui les interpellent. <br />   <br />  <strong>Mehdi Ouassat</strong>
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