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  <title>Libération</title>
  <description><![CDATA[Quotidien d'informations en langue française. Maroc. Parti Union Socialiste des Forces Populaires. ]]></description>
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  <dc:date>2026-04-29T06:47:04+02:00</dc:date>
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   <title>Libération</title>
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   <title>Tensions exacerbées à Casablanca</title>
   <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
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      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/95109165-66607797.jpg?v=1772718775" alt="Tensions exacerbées à Casablanca" title="Tensions exacerbées à Casablanca" />
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      «Les récents incidents survenus à Casablanca, entre des migrants irréguliers et des habitants de plusieurs quartiers de la métropole (Hay El Farah, l’ancienne ville, Hay Tayssir), ne peuvent être réduits à de simples altercations de voisinage. Ils révèlent une tension plus profonde: la rencontre brutale entre une dynamique migratoire globale et une gestion locale insuffisamment structurée». C’est ce qui ressort du dernier communiqué de presse de la plateforme numérique Migrapress, spécialisée dans la diffusion et &nbsp;la vulgarisation des savoirs scientifiques sur la migration. <br />   <br />  <strong>Décalage </strong> <br />   <br />  Selon ce communiqué, «ce qui se joue aujourd’hui dans certains quartiers populaires de Casablanca renvoie d’abord à un décalage d’échelle. La migration irrégulière est un phénomène transnational, structuré par les politiques européennes d’externalisation des frontières, les réseaux de passage, les inégalités régionales et les crises politiques». «Pourtant, ses effets concrets se concentrent dans des espaces urbains précis, souvent déjà fragilisés socialement. Le niveau local — communes, quartiers, acteurs associatifs — se retrouve en première ligne, sans toujours disposer des ressources financières, institutionnelles et sécuritaires nécessaires», indique-t-il. <br />   <br />  Et de noter qu’«il faut éviter une lecture simpliste qui opposerait «Marocains» et «migrants». «Les tensions observées concernent principalement des migrants en situation irrégulière et en grande précarité, installés dans des quartiers périphériques ou populaires où le chômage, la promiscuité et la faiblesse des services publics constituent déjà des facteurs de stress social. Autrement dit, ce ne sont pas seulement des différences culturelles qui sont en jeu, mais une compétition perçue pour l’accès à des ressources rares: logement informel, petits emplois, espaces publics», constate ledit communiqué. <br />   <br />  Dans ce contexte, ajoute le même document, «le Maroc paie en partie le coût local d’une architecture migratoire européenne qui vise à contenir les flux au sud de la Méditerranée. Lorsque les traversées sont empêchées ou rendues plus difficiles, une partie des migrants reste plus longtemps sur le territoire marocain, souvent sans statut clair et sans perspectives d’intégration. L’absence d’un cadre stabilisé pour ces personnes — ni retour effectif, ni régularisation, ni insertion socio-économique — crée une zone grise propice aux tensions». <br />   <br />  <strong>Tension</strong> <br />   <br />  Le risque est double, alertent les rédacteurs du communiqué. «D’une part, la récurrence d’incidents localisés peut alimenter des discours de stigmatisation généralisée, brouillant la distinction entre migrants réguliers, réfugiés reconnus et personnes en situation irrégulière. D’autre part, elle peut fragiliser les acquis importants réalisés depuis une décennie: réforme de la politique migratoire, campagnes de régularisation, reconnaissance internationale du Maroc comme acteur engagé dans une gouvernance migratoire plus humaine». <br />   <br />  La question centrale devient alors stratégique: comment éviter que des tensions locales ne remettent en cause un positionnement national construit sur la durée? s’interrogent-ils avant de répondre: «Cela suppose un renforcement de la gestion territorialisée de la migration: coordination entre autorités locales et nationales, dispositifs d’accompagnement social dans les quartiers concernés, médiation communautaire, et clarification des statuts juridiques». <br />   <br />  «Sans une réponse intégrée, le risque n’est pas seulement sécuritaire. Il est politique et symbolique. A force de laisser s’installer des situations de précarité prolongée, on crée les conditions d’une polarisation sociale qui pourrait éroder le consensus fragile autour de la politique migratoire marocaine», précisent-ils. Et de conclure: «Autrement dit, les derniers incidents ne constituent pas un épisode isolé: c’est un signal. Reste à savoir s’il sera interprété comme un problème d’ordre public ponctuel, ou comme l’indicateur d’un besoin urgent de réajustement structurel». <br />   <br />  <strong>Asymétrie</strong> <br />   <br />  Dans une précédente note analytique de Migrapress, intitulée: «La politique migratoire au Maroc: Dysfonctionnements de gouvernance et perspectives de réforme», l’un des chercheurs de cette plateforme explique que «depuis 2014, la gestion des questions migratoires au Maroc a connu une transformation notable, inscrite dans un contexte de reconfiguration des politiques migratoires euro-méditerranéennes». «Cette évolution est étroitement liée à l’intégration progressive du Maroc dans des dispositifs de coopération avec l’Union européenne, caractérisés par une forte asymétrie institutionnelle et financière. <br />   <br />  Dans ce cadre, le Maroc est devenu un acteur central de la gestion régionale des mobilités, notamment dans le contrôle des flux migratoires et la mise en œuvre de programmes d’assistance aux migrants. Toutefois, cette dynamique s’est également traduite par une externalisation partielle de la gestion opérationnelle vers des organisations internationales et des organisations non gouvernementales, qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’accompagnement social, l’assistance humanitaire et certains dispositifs d’intégration. Si cette configuration a permis de mobiliser des ressources financières et techniques importantes, elle a également produit des déséquilibres structurels en matière de gouvernance publique, en affaiblissant la capacité de pilotage stratégique des institutions nationales et en fragmentant les responsabilités entre une multiplicité d’acteurs. Dans ce contexte, la politique migratoire marocaine apparaît parfois davantage structurée par des logiques de projets et de programmes que par un cadre institutionnel consolidé et durable». <br />   <br />  <strong>Intégration</strong> <br />   <br />  Le même document indique que l’un des éléments révélateurs de ces limites réside dans le flou conceptuel qui entoure la notion d’intégration. «Bien que ce terme soit largement mobilisé dans les discours institutionnels et les programmes de coopération, il ne fait pas l’objet d’une définition officielle clairement stabilisée ni d’un document de référence qui préciserait les principes, les objectifs et les instruments d’un modèle marocain d’intégration. <br />   <br />  Cette absence de cadrage stratégique contribue à transformer l’intégration en un consensus discursif relativement abstrait, sans indicateurs précis permettant d’en évaluer les résultats ou la portée réelle. Dans la pratique, l’intégration tend souvent à être réduite à une série d’interventions sociales ponctuelles — accès à certains services, soutien associatif, programmes de formation — plutôt qu’à un processus structuré reposant sur la reconnaissance progressive de droits, la stabilisation du statut juridique et l’insertion durable dans les structures économiques et sociales du pays&nbsp;», constate ledit document. Et de poursuivre&nbsp;: «&nbsp;Cette situation est étroitement liée à la fragilité persistante du cadre juridique applicable aux migrants. Dans plusieurs domaines clés, les dispositifs existants ne garantissent qu’une stabilité limitée. Dans le domaine de l’emploi, par exemple, la réglementation privilégie des autorisations de travail souvent temporaires et étroitement dépendantes de l’employeur, ce qui maintient une forte précarité administrative pour de nombreux travailleurs étrangers. L’accès aux services de santé demeure également largement dépendant de dispositifs spécifiques ou de programmes soutenus par des organisations partenaires, sans garantie juridique pleinement stabilisée. De manière plus générale, les conditions d’obtention et de renouvellement des titres de séjour restent marquées par une incertitude administrative qui limite les perspectives d’installation durable et fragilise les trajectoires d’intégration socio-économique&nbsp;». <br />   <br />  <strong>Hostilité</strong> <br />   <br />  Ces fragilités institutionnelles et juridiques ont progressivement produit des effets sociaux et discursifs préoccupants. «On observe notamment une visibilité croissante de discours hostiles aux migrants dans l’espace numérique, où circulent de plus en plus de récits alarmistes ou complotistes évoquant une prétendue «substitution démographique» ou une menace pour les ressources nationales. Ces représentations simplificatrices se développent souvent dans un contexte marqué par des tensions sociales préexistantes — chômage urbain, pression sur le logement informel ou accès limité aux services publics — dans lesquelles les migrants peuvent être perçus comme des concurrents pour des ressources déjà rares. L’absence d’un discours politique clair et structurant sur la place de la migration dans le projet national contribue également à laisser se développer ces narratifs sans véritable contre-discours institutionnel capable d’en recadrer les enjeux», observe Migrapress. <br />   <br />  En conclusion, la note analytique de Migrapress soutient que «la gestion migratoire marocaine se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Si les réformes engagées depuis 2013 ont permis d’inscrire le pays dans une approche plus ouverte et plus humaniste de la migration, la consolidation de cette orientation suppose désormais un approfondissement du cadre stratégique, juridique et institutionnel. Sans clarification du modèle d’intégration, sans stabilisation des droits fondamentaux et sans gouvernance publique plus cohérente, les tensions locales et les perceptions négatives risquent de fragiliser progressivement les acquis importants réalisés au cours de la dernière décennie». <br />   <br />  <strong>Hassan Bentaleb</strong>
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   <title>Le coût exorbitant des crèches aux Etats-Unis pèse sur l'emploi des femmes</title>
   <pubDate>Wed, 09 Oct 2024 14:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Libé</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Expresso]]></dc:subject>
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      Le coût élevé et croissant de la garde d'enfants aux Etats-Unis contraint de nombreux parents, le plus souvent les mères, à travailler moins, voire plus du tout, creusant le fossé des inégalités. <br />   <br />  Le prix de la garde d'enfants n'a pas échappé à l'inflation: Bank of America relève, selon ses données internes, des dépenses en hausse d'un tiers pour les familles, entre 2019 et janvier 2024. <br />   <br />  Le prix des crèches a grimpé de 6,2% en un an seulement, entre août 2023 et août 2024, selon l'indice d'inflation CPI. <br />  La garde d'enfants "est en compétition avec le loyer, dans les coûts les plus élevés auxquels les familles font face", relève Elise Gould, économiste pour l'Economic Policy Institute (EPI). <br />   <br />  Plus de la moitié des ménages américains (60%) dépensent au moins 20% de leurs revenus pour faire garder leurs enfants, selon l'enquête 2024 du site de recherche de garde d'enfants Care.com. Bien loin des 7% maximum, considérés comme un niveau "abordable" par le ministère de la Santé. <br />   <br />  Les prix sont "intenables" pour les ménages, avait même commenté le ministère du Travail (DoL) dans une étude de janvier 2023. <br />  "De nombreux parents sont incapables de travailler parce qu'ils ne peuvent pas se permettre financièrement de faire garder leurs enfants", relève Elise Gould. <br />   <br />  Or, "les responsabilités en matière de garde d'enfants incombent traditionnellement de manière disproportionnée aux mères", souligne Taylor Bowley, économiste pour Bank of America, dans une interview à l'AFP, évoquant "des inquiétudes quant à la participation des femmes au marché du travail à l'avenir". <br />   <br />  "Il existe un risque très réel que cela bloque les progrès réalisés par les femmes", avertit également Julia Pollak, cheffe économiste pour le site d'annonces d'emploi ZipRecruiter.com. <br />   <br />  Les conséquences? Des revenus moins élevés pour ces mères et leurs familles, une retraite moindre, mais aussi une incapacité à économiser, "donc des revenus inférieurs à vie, ne pas être en mesure d'obtenir les mêmes avancées au travail, les mêmes chances d'être promue", détaille Elise Gould. <br />  Le coût, notamment, "limite l'accès des familles aux revenus les plus bas", note encore Taylor Bowley. <br />   <br />  Le taux de participation des femmes de 25 à 54 ans au marché du travail, qui avait chuté avec la crise du Covid, est désormais revenu à son niveau de 2019, et atteint même des records historiques, avec 78,4% en août. <br />  Mais cela reste bien moins élevé que chez les hommes: 89,5%. Et la garde d'enfants reste un frein majeur à l'emploi des femmes. <br />   <br />  "Le manque d'infrastructures (...) robustes pourrait continuer d'empêcher les mères de réaliser leur plein potentiel sur le marché du travail", détaille le ministère américain du Travail (DoL) dans une étude publiée en mai. <br />   <br />  D'autant plus, précise cette enquête, qu'"un facteur qui pourrait avoir contribué à la croissance de l'emploi pour certaines mères américaines est la prévalence croissante du télétravail". <br />   <br />  La comparaison entre les Etats-Unis et les autres pays de l'OCDE est également défavorable pour la première économie du monde. <br />  "Les États-Unis comptent moins de femmes sur le marché du travail que la plupart des pays de l'OCDE", détaille Bank of America. Mais occupent la deuxième place du podium en termes de coûts des crèches, dépassés par la Nouvelle-Zélande uniquement. <br />   <br />  "La participation des femmes aux Etats-Unis avait augmenté parallèlement à celle du Canada et d'autres pays comparables comme la France, mais ces pays ont connu une augmentation constante, alors que la nôtre a stagné et s'est stabilisée", détaille Julia Pollak. <br />  "Certaines études suggèrent que le coût de la garde d'enfants est un facteur majeur", souligne-t-elle.
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