<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>Libération</title>
  <description><![CDATA[Quotidien d'informations en langue française. Maroc. Parti Union Socialiste des Forces Populaires. ]]></description>
  <link>https://www.libe.ma/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-12T19:32:02+02:00</dc:date>
  <image>
   <url>https://www.libe.ma/var/style/logo.jpg?v=1430310004</url>
   <link>https://www.libe.ma/</link>
   <title>Libération</title>
  </image>
  <geo:lat>33.5333333</geo:lat>
  <geo:long>-7.5833333</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.libe.ma/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.libe.ma,2026:rss-96524774</guid>
   <title>Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu</title>
   <pubDate>Tue, 12 May 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Alain Bouithy</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entretien]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/96524774-67296220.jpg?v=1778596026" alt="Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu" title="Lucile Bernard : L’amour est la colonne vertébrale affective de tout individu" />
     </div>
     <div>
      <strong><em>Entre la France et le Maroc, Lucile Bernard poursuit son exploration de l’écriture avec une sensibilité qui lui est propre. Dans son nouveau roman, «&nbsp;Le monde peut tourner sans nous&nbsp;», paru aux Editions L’Harmattan (collection Amarante), la romancière, poétesse et nouvelliste explore les fragilités humaines, les non-dits familiaux, les liens qui nous unissent et ce qui demeure lorsque tout vacille. Alors qu’elle termine actuellement une série de rencontres en France, la &nbsp;fondatrice du Centre de création artistique Riad Sahara Nour à Marrakech s’apprête à retrouver, dès le mois d’octobre, ses lecteurs marocains lors de séances de signatures prévues notamment à Marrakech, Rabat et Tanger, dans ces librairies «qui ont une âme» auxquelles elle est profondément attachée. Entretien.</em></strong> <br />   <br />  <strong>Libé&nbsp;: Votre nouveau roman, «Le monde peut tourner sans nous», est désormais disponible en librairie. Avant d’y revenir, pourriez-vous nous parler de votre précédent ouvrage, «Carrousel d’automne», et nous dire ce qui a évolué dans votre écriture depuis ?</strong> <br />   <br />  <strong>Lucile Bernard&nbsp;:</strong> Chaque roman que j’écris est toujours pour moi une nouvelle expérience. C’est à la fois une histoire enfouie au plus profond de moi, toujours la même, qui m’habite avec ses thèmes récurrents, déclinés en différentes versions, et en même temps c’est une recherche inlassable, obstinée de l’écriture, un désir d’aller toujours plus loin dans cette exploration des mots, dans ce territoire infini de création. Dans «&nbsp;Carrousel d’automne» (L’Harmattan), ma recherche dans l’écriture a été de naviguer dans l’espace-temps en entremêlant les dates et par là même de perdre, de déstabiliser le lecteur, le faire sortir de ses points de repère. Moi-même en écrivant ce livre, j’avoue que je me suis aussi un peu perdue… J’ai été très fortement inspirée pour cela par l’immense écrivain William Faulkner, plus précisément par son roman «Le bruit et la fureur», par cette façon que ce génie de l’écriture a d’embarquer le lecteur à son insu, de brouiller les pistes. Dans mon nouveau roman «Le monde peut tourner sans nous&nbsp;», j’ai eu cette fois-ci envie de m’atteler à l’écriture de dialogues, de faire cette expérience qui mettrait en avant la communication orale entre les différents personnages, de planter un décor, qui ferait de ce roman un genre de littérature cinématographique. Mes sources d’inspiration furent à la fois le metteur en scène François Truffaut et l’écrivaine Marguerite Duras, deux grands géants eux aussi, chacun dans sa spécificité. C’est pour cela qu’on ne peut pas parler véritablement «&nbsp;d’évolution dans l’écriture&nbsp;» mais d’une recherche différente, tout aussi passionnante dans laquelle je m’aventure à chaque fois. <br />   <br />  <strong>Dans la famille d’Auguste, personnage central de votre nouveau roman, «on n’a jamais trop su se dire des mots d’amour». Ce manque d’expression des sentiments est-il, selon vous, à l’origine de sa détresse et des épreuves qu’il traverse ?</strong> <br />   <br />  Oui, je le pense sincèrement. L’amour, dès le plus jeune âge, est nécessaire à l’évolution, la structure psychique de tout individu. Il constitue la colonne vertébrale sur le plan affectif pour le devenir de l’enfant et de l’adolescent jusqu’à l’âge adulte. <br />   <br />  Dans certaines familles, un manque d’amour peut se faire cruellement ressentir pendant cette période et être la source de maux tels que le mal-être, la souffrance psychologique, le renfermement, l’agressivité. Il peut être à l’origine de déviations comportementales parfois graves qui peuvent perdurer tout au long de sa vie. Parfois l’amour est là mais il y a quelque part une incapacité à le dire, le formuler, mettre des mots dessus, soit par pudeur, soit parce dans la famille on n’a jamais trop su se dire «ces choses-là». Et cette incapacité à se le dire, ces non-dits peuvent engendrer chez l’autre un sentiment d’incompréhension, d’amertume, voire de colère, de regrets et être source de conflits. <br />   <br />  <strong>Auguste entretient des relations souvent tendues avec ses frères et sœurs et peine à trouver sa place au sein de la famille. A travers cette cellule familiale, quel regard portez-vous sur les dynamiques familiales contemporaines ?</strong> <br />   <br />  Chaque famille est une cellule familiale avec ses propres règles, ses propres fonctionnements, ses valeurs. Au sein de cette cellule, on retrouve des choses pérennes comme l’amour, le non-amour, le respect, la violence, l’indifférence, la jalousie, la tendresse, etc.&nbsp; A l’heure actuelle, il semblerait qu’il y ait une évolution vers une prise en compte des désirs de l’enfant, l’enfant devient sujet, (cf. les recherches de la psychanalyste Françoise Dolto «L’enfant est une personne»). Il paraît qu’il y ait moins de coercition dans l’éducation, on sort de l’emprise parentale, d’une autorité aveugle qui s’exerçait alors parfois au détriment de l’enfant. <br />   <br />  On voit aussi dans certains pays émerger une prise en compte de la femme quant à sa liberté, ses droits… Mais malheureusement dans cette société actuelle où tout va trop vite, dans cette accélération forcenée qu’on est en train de vivre à tous les niveaux, on peut être aussi confronté parfois à des cellules familiales qui éclatent du fait d’un manque de points de repères, voir s’installer un manque véritable de communication induite entre autres par cette prise de pouvoir monstrueuse qu’opèrent ces géants de l’informatique Microsoft, Apple, Meta… Il n’y a qu’à s’attabler sur une terrasse de café et voir le spectacle désolant de ces familles, assises autour d’une table, chacun sur son portable… <br />   <br />  <strong>Auguste, dit Gus, véritable orfèvre de l’imaginaire, multiplie les plans qu’il échafaude sans échapper à la solitude et aux désillusions. Comme dans «Carrousel d’automne», la joie reste rare. Est-ce un choix délibéré dans votre univers romanesque?</strong> <br />   <br />  J’ai toujours une vision assez pessimiste sur l’amour mais aussi sur le monde actuel, même si cela n’enlève en rien à cette foi irréductible que j’ai en eux. Nous vivons en ce moment dans un monde hanté par les guerres, les catastrophes écologiques, asservi à la cause du profit, la toute-puissance des médias. <br />   <br />  Nous vivons dans un monde en pleine perte de sens. Et c’est justement ce que dénonce Auguste dans le roman, une des raisons pour laquelle il aboutit à ce constat amer de désillusions, «les autres, ils se sont bien foutus de nous». Avec ces mots, il porte par là même sur le monde un regard visionnaire, le roman se passe dans les années soixante-dix. Il pressent avant l’heure avec toute la sensibilité d’un garçon de vingt ans, ce lent dérèglement du monde dans lequel nous vivons à l’heure actuelle et qui ne fait que s’accentuer. <br />   <br />  C’est la raison pour laquelle aussi une voix s’est élevée en septembre 2019, celle d’une toute jeune Suédoise, Greta Thunberg, criant, du haut de ses tout juste 16 ans, son indignation, sa colère lors d’une conférence à l’ONU sur le climat&nbsp;: <em>«Comment osez-vous&nbsp;? … Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle&nbsp;! Comment osez-vous!».</em> <br />   <br />  C’est aussi ce que dénonce à présent la jeune génération qui peine à se retrouver dans ce monde que leur ont &nbsp;laissé les adultes, ce monde déboussolé où ils sont condamnés à vivre et dont ils ont du mal à percevoir la finalité, d’où leur colère à eux aussi : «&nbsp;Vous, les autres avant nous, qu’avez-vous fait de notre monde&nbsp;?» <br />   <br />  <strong>Le seul moment où Auguste se sent profondément heureux est celui où son père l’encourage à devenir écrivain. Quelle portée symbolique donnez-vous à cet instant dans le parcours du personnage ?</strong> <br />   <br />  Pour Auguste, la reconnaissance du père dans son désir de devenir écrivain est capitale. C’est à la fois une découverte du père, qu’il a toujours vu, en colère, énervé, mal dans sa peau, il se sent enfin compris. Et en même temps aussi c’est comme une libération, une porte qui s’ouvre, une sorte d’enracinement dans son devenir, dans sa structure mentale, à travers le regard bienveillant que lui porte le père, son acquiescement quant à son devenir d’écrivain. <br />   <br />  <strong>Prévoyez-vous des rencontres avec les lecteurs ou des dédicaces, notamment à Marrakech où vous résidez ?</strong> <br />   <br />  Je termine en ce moment une série de signatures en France. Je rentrerai au&nbsp; &nbsp;Maroc début octobre pour une période de deux mois. J’ai d’ores et déjà, pour les mois d’octobre et de novembre, des rencontres-signatures prévues dans de belles librairies mythiques que j’affectionne particulièrement, ces fameux endroits qui ont une âme, telles que la librairie Chatr à Marrakech, la librairie Carrefour des Livres à Rabat, la librairie des Colonnes à Tanger. Je me réjouis dès à présent de ces rencontres, de renouer avec ce public marocain qui m’est si cher et auquel je dois tant… <br />   <br />  <strong>Propos recueillis par&nbsp;</strong><strong>Alain Bouithy</strong> <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.libe.ma/photo/art/imagette/96524774-67296220.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.libe.ma/Lucile-Bernard-L-amour-est-la-colonne-vertebrale-affective-de-tout-individu_a161270.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.libe.ma,2026:rss-81429467</guid>
   <title>Lucile Bernard: « Mes livres sont tous ancrés dans une réalité bien palpable, puissante, tangible à laquelle j’ajoute parfois une part de fiction»</title>
   <pubDate>Mon, 08 Jul 2024 13:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Alain Bouithy</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entretien]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.libe.ma/photo/art/default/81429467-58652364.jpg?v=1720443046" alt="Lucile Bernard: « Mes livres sont tous ancrés dans une réalité bien palpable, puissante, tangible à laquelle j’ajoute parfois une part de fiction»" title="Lucile Bernard: « Mes livres sont tous ancrés dans une réalité bien palpable, puissante, tangible à laquelle j’ajoute parfois une part de fiction»" />
     </div>
     <div>
      <em><strong>Romancière, poétesse et nouvelliste, Lucile Bernard vit au Maroc depuis près de 25 ans. L’autrice française signe son sixième romain, «Carrousel d'automne» aux éditions L’harmattan, centré sur l’histoire de Jules et Jeanne.</strong></em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <strong>Libé&nbsp;: «Carrousel d'automne» est votre nouveau roman sorti en avril dernier. Comment avez-vous vécu le processus d'écriture et de publication de cet ouvrage ?</strong> <br />   <br />  <strong>Lucile Bernard</strong>&nbsp;: L’écriture pour moi commence par un processus de maturation, c’est un enfantement. Je ne sais jamais quand le livre est prêt, quand il va sortir, quand les mots vont enfin venir courir sur la feuille, tous ensemble, dans ce débordement, cette urgence. Pour cela, il me faut de la disponibilité, la solitude aussi, un espace intérieur où les idées puissent venir, s’engranger, faire surgir cet accouchement, embrasser ce territoire de liberté qui vient s’offrir. <br />   <br />  Comme pour tous mes précédents livres, cela a été une aventure, une recherche assidue, une exploration&nbsp;: toucher l’essence, écrire au plus près de ce qui traverse, quant aux mots, ces mots qui vont venir se bousculer sur la page, avec ce silence parfois rempli de cris, ce silence comme une respiration. Les mots et le silence ne font qu’un, ce sont eux qui font justement, à proprement parler, l’écriture et son histoire. Curieusement, j’ai commencé ce livre en ayant l’intention de perdre le lecteur, le dérouter, le déstabiliser, le sortir de son confort, de ses points de repères, en bousculant l’ordre chronologique des choses, en basculant d’un personnage à l’autre, et ce au risque de déplaire, de le voir quitter l’histoire, une expérience difficile et ardue où étrangement il m’est arrivé de me perdre moi aussi. <br />   <br />  Ce roman est aussi le fruit d’une rencontre avec un autre livre, «Le bruit et la fureur» écrit par William Faulkner, cet immense écrivain. Ce livre m’a bouleversée, j’y ai trouvé comme une résonnance à ma propre histoire. Il m’a définitivement convaincue que l’écriture, comme toute forme d’art et de créativité, était avant tout une prise de risque, qu’il s’agissait de rester fidèle à cette création qui nous habite dans toute sa spécificité.&nbsp;Puis vient le temps de la publication, cette séparation toujours difficile, comme le dit Marguerite Duras&nbsp;: «<em>Sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé».</em> <br />   <br />  <strong>La trame du livre est construite autour de la rencontre entre Jules et Jeanne. Que pouvez-vous nous dire de plus sur ces deux personnages ?</strong> <br />   <br />  Jules et Jeanne, ce sont deux êtres malmenés par la vie, en dérive. Ils ont vécu tous deux une enfance bancale qui les a meurtris. Jules, dans ce vide, cette absence, des parents inexistants, qui deviendra plus tard un écrivain à succès,&nbsp;«un pauvre type, un minable» comme il dit, puisque quelque part il a trahi l’écriture. Jeanne, dans son enfance fracassée par la violence de ce non-amour de ses parents qui se déchirent, ce petit frère qu’elle tente de protéger, cet enfant né «&nbsp;idiot&nbsp;» qui n'a pas eu de chance. Jeanne et son impossibilité de croire en l’amour qui va la pousser à quitter Jules, à vivre, malgré elle, une séparation qui va l’embarquer dans une descente aux enfers inexorable. <br />   <br />  <strong>Un peu comme Lou et Simon dans un de vos livres, « A l’aube de nos rêves », ces deux personnages se trouvent livrés au chaos de la vie et à la noirceur des jours. Seriez-vous plus portée sur des histoires sombres</strong>&nbsp;? <br />   <br />  Je ne sais pas. Les histoires me viennent, me traversent, je ne fais que les suivre. C’est l’inspiration qui fait tout, cette étrange alchimie qui s’opère entre intériorité, extériorité. Qu’il y ait de la noirceur dans mes livres, certainement, mais il y a toujours quelque part une formidable flambée de lumière malgré tout, l’amour qui transcende et qui sauve. <br />   <br />  <strong>Solitude et amour fou complètent la trame de votre livre. Quel aspect du livre avez-vous trouvé le plus aisé à écrire, et pourquoi ?</strong> <br />   <br />  C’est une question difficile. Sur le point de vue de l’histoire en elle-même, je n’ai pas rencontré de réelles difficultés. La solitude et l’amour fou sont deux thèmes qui vont ensemble, se complètent, se tournent le dos parfois, ou bien ils ne font qu’un, c’est selon.&nbsp; La seule difficulté pour moi était le va et vient entre deux vies, deux époques qui s’entremêlaient, s’épousaient, se confondaient parfois. Arriver à conserver une unité, une cohérence, d’un bout à l’autre du livre. <br />   <br />  <strong>«&nbsp;L’auteur raconte toujours la même histoire, sous des formes différentes, il y met un peu de sa vie, de ce qui le traverse via ses expériences, ses rencontres…&nbsp;», confiez-vous dans un précédent entretien. Existe-t-il des moments dans votre roman qui représentent une part importante de votre propre expérience personnelle ?</strong> <br />   <br />  Oui. Il y en a tout au long du livre. Mes livres sont tous ancrés dans une réalité bien palpable, puissante, tangible à laquelle j’ajoute parfois une part de fiction. Ce la peut être un peu de ma vie, celle des autres aussi. Mais cela se fait toujours à mon insu. La fiction permet de s’évader, raconter une histoire vraie qui fait mal, échapper à la souffrance insupportable. Elle permet de raconter une histoire qui aurait pu être, mais qui n’a jamais été cependant tout à fait, de soulever une part d’ombre, de silence, de non-dits. <br />   <br />  <strong>Vous êtes romancière, poétesse et nouvelliste. Comment ces différentes formes d'écriture ont-elles pu influencer l’écriture de ce roman ?</strong> <br />   <br />  Mes romans sont toujours traversés par un souffle poétique. On n’échappe pas à la poésie quand elle nous habite, quand elle fait partie de nous. Je n’hésite pas à mélanger des textes purement poétiques à une autre écriture plus âpre, plus rugueuse, terre à terre, outrancière, dérangeante parfois. L’écriture de nouvelles m’a donné ce style concis, non encombré de fioritures, avec peu de descriptions, une écriture parfois elliptique, presque de scénarios. Ces deux aspects en font quelque part ma signature. <br />   <br />  <strong>Quel genre de lecteurs espérez-vous toucher avec ce roman et où peuvent-ils se la procurer au Maroc ?</strong> <br />   <br />  Le roman est une rencontre, on ne peut jamais dire quel en sera le lecteur. Je n’ai pas de cibles prédéfinies. Jamais. J’ai l’unique exigence de rester fidèle à moi-même, aller au plus près de l’écriture, de l’histoire, ne pas trahir cette écriture que j’aime tant par complaisance, souci de plaire. Peut-être, un jour, une main poussera la porte d’une petite librairie cachée au fond d’une cour, elle prendra, au milieu des autres, ce roman qui attendait, l’ouvrira. Et c’est comme ça que commencera l’histoire. <br />   <br />  <strong>Propos recueillis par </strong><strong>Alain Bouithy</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Bon à savoir : </b></div>
     <div>
      Lucile Bernard est la fondatrice des «Rencontres internationales de la poésie» à Marrakech et du «Prix Sahara Nour» (concours de poésie ouvert aux jeunes Marocains âgés de 16 à 25 ans). Son nouveau roman, «&nbsp;Carrousel d’automne », paru en avril 2024, est disponible au Maroc dans les librairies Chatr à Marrakech ainsi qu’en commande sur le site <a class="link" href="https://qitab.ma/fr/">https://qitab.ma/fr</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.libe.ma/photo/art/imagette/81429467-58652364.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.libe.ma/Lucile-Bernard-Mes-livres-sont-tous-ancres-dans-une-realite-bien-palpable-puissante-tangible-a-laquelle-j-ajoute_a145873.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
