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Le Nigeria arrive dans ce dernier carré avec l’allure d’une machine lancée à pleine vitesse.
Une équipe qui écrase, qui impose et qui score presque mécaniquement. Un collectif bâti sur la puissance, la verticalité et une confiance débordante, nourrie par une série de victoires spectaculaires. Osimhen attaque les espaces comme un fauve, Lookman frappe quand on le croit enfermé, Adams surgit là où personne ne l’attend. Mais réduire le Nigéria à ses attaquants serait une erreur. Le danger commence bien plus tôt, dans cette capacité à presser haut, à étouffer l’adversaire et à le priver d’oxygène jusqu’à provoquer la faute.
Face à ce rouleau compresseur, le Maroc n’a pas le droit à l’hésitation. Il ne peut ni subir ni attendre. Ce match ne se gagnera pas en reculant. Il se jouera dans l’audace, dans la maîtrise et dans la capacité à imposer son propre tempo. Et c’est là que les Lions de l’Atlas puisent leur plus grande force, celle qu’ils ont révélée avec éclat face au Cameroun. Ce soir-là, le Maroc n’a pas seulement gagné. Il a dominé. Il a asphyxié. Il a imposé une intensité que peu de sélections africaines sont capables de soutenir.
Cette intensité sera encore une fois la clé. Une intensité mentale avant tout. Car dans ce type de rendez-vous, les jambes ne suffisent pas. Il faut accepter la pression, l’embrasser, la transformer en énergie. Le Maroc joue à domicile, devant un public qui ne se contente pas d’encourager mais qui pousse, qui porte, qui exige. Cette ferveur peut être un fardeau pour certains. Elle est une arme pour cette génération. Depuis plus d’une décennie, les Lions de l’Atlas n’ont plus perdu le moindre match officiel sur leur sol. Cette invincibilité n’est pas une statistique creuse. Elle est le reflet d’une confiance profonde, presque viscérale, qui s’exprime quand le maillot rouge est porté à la maison.
Sur le plan tactique, ce duel s’annonce très riche. Le Nigeria aime presser haut et jouer dans la moitié de terrain adverse. Le Maroc devra donc montrer une grande personnalité à la relance. Sortir proprement, attirer le pressing, puis frapper dans les espaces laissés libres.
Les profils techniques au milieu de terrain offrent cette possibilité. El Aynaoui, par son volume et son intelligence de jeu, El Khannouss par sa justesse, Saibari par sa projection, peuvent permettre au Maroc de garder le ballon et d’obliger le Nigeria à courir après lui. Et le Nigeria, quand il court derrière le ballon, perd une grande part de sa dangerosité.
Un nom s’impose déjà comme un point de bascule potentiel : Iwobi. Le véritable métronome nigérian. Celui par qui tout transite, celui qui alimente les attaques et déclenche les tempêtes. Le Maroc le sait. Comme il a su neutraliser Baleba face au Cameroun, il devra penser un plan précis pour limiter l’influence d’Iwobi. Le couper de ses attaquants, l’empêcher de se retourner et l’obliger à jouer tout le temps vers l’arrière. Ce combat du milieu de terrain sera l’un des théâtres décisifs de la rencontre.
Mais ce match ne se résumera pas à un duel tactique. Il sera aussi une affaire de corps et de cœur. Le Nigeria impose un défi physique colossal. Le Maroc devra répondre par la solidarité, par la répétition des efforts, par cette capacité à défendre et attaquer en surnombre. Les courses défensives de Brahim Diaz, l’abnégation d’Abdé, l’activité incessante des latéraux seront essentielles pour contenir les vagues adverses. C’est dans ces détails, souvent invisibles, que se gagnent les grandes demi-finales africaines.
Il existe bien sûr des zones d’ombre. Des interrogations légitimes. Une défense parfois exposée, des entames de match timides, une dépendance créative à Brahim Diaz que le Nigeria tentera forcément d’exploiter. Mais ce serait oublier une vérité fondamentale du football de tournoi. Les grandes équipes ne sont pas celles qui dominent tout le temps. Ce sont celles qui savent s’adapter, souffrir, puis frapper au moment juste. Et dans cet exercice, Walid Regragui a déjà prouvé qu’il savait guider son groupe avec pragmatisme et lucidité.
Maroc – Nigeria ne promet pas un spectacle tiède ou calculé. C’est un choc frontal. Une opposition où aucune des deux équipes ne peut renier son style de jeu sans se mettre en danger. Le Nigeria sait qu’en reculant, il perd sa force. Le Maroc sait qu’en subissant, il s’expose. Tout annonce un match tendu, intense, parfois étouffant, où chaque duel comptera et où chaque sortie de balle pourra faire basculer le destin.
Ce soir, au coup d’envoi, il n’y aura plus ni statistiques ni débats. Il n’y aura qu’un stade en fusion, un peuple debout et une équipe face à son rêve. Le Maroc ne joue pas pour prouver qu’il est favori. Il joue pour prouver qu’il est prêt. Prêt à aller au bout. Prêt à écrire une page majeure de son histoire. Prêt à faire trembler, une fois de plus, toute l’Afrique. Allez les Lions !
Mehdi Ouassat









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