A la FLSH Dhar El Mehraz, le CREDIF célèbre l'art comme pensée vivante

Rencontre chaleureuse par temps froid

Mardi 27 Janvier 2026

A la FLSH Dhar El Mehraz, le CREDIF célèbre l'art comme pensée vivante
Un samedi pluvieux, une salle bondée, et une université bien vivante : à la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz de Fès, chercheurs, artistes et étudiants se sont retrouvés pour faire de l'art et de la poésie un véritable espace de réflexion et de savoir, lors d'une journée d'études dédiée au parcours poétique et pictural du professeur Monssef Sedki Alaoui.

Malgré un ciel gris et une pluie qui ne cessait pas, la salle des conférences Al Quaraouiyine de la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz était pleine à craquer ce samedi 18 janvier 2026, dès neuf heures du matin. Etudiants de master, doctorants, enseignants-chercheurs, journalistes universitaires et invités avaient répondu présent pour cette journée d'étude organisée conjointement par le laboratoire de recherche CREDIF de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et l'équipe de recherche Didactiques, arts et littératures (DALI) de l'Université Hassan II de Casablanca. Le thème choisi était à la fois classique et résolument moderne : Ut picturapoesis : le parcours poétique et pictural du Pr. Monssef Sedki Alaoui.
 
Une salle pleine malgré la pluie
 
En ouvrant la journée, le président de l'USMBA, Mustapha Ijjaali, ne cachait pas sa fierté. Pour lui, voir «un samedi, sous la pluie, les structures de recherche qui travaillent, les étudiants présents, et la salle pleine» est un vrai «signe de vitalité académique». La preuve, dit-il, d'une université engagée, dynamique et qui prend la recherche au sérieux. Après avoir salué l'accueil réservé au professeur Monssef Sedki Alaoui, il a tenu à remercier le doyen de la Faculté et toute son équipe pour leur soutien constant aux initiatives portées par les laboratoires de recherche, tout en félicitant le directeur du CREDIF pour «l'esprit d'innovation» qui souffle sur les activités scientifiques de l'université.
 
L'art, bien plus qu'une décoration
 
Le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz a profité du 50e anniversaire de l'université pour rappeler l'importance des sciences humaines et des arts dans le rayonnement de l'établissement. Pour lui, le choix du thème Ut picturapoesis n'est pas anodin : cette formule latine d'Horace ne renvoie pas seulement à un héritage culturel, mais à une idée profonde qui place la poésie et la peinture sur un même plan, comme deux langages qui peuvent dialoguer et créer du sens ensemble. L'œuvre de Monssef Sedki Alaoui, selon lui, offre justement une belle occasion de réfléchir à ces passerelles entre les arts et à leur dimension spirituelle.

De son côté, le directeur du laboratoire CREDIF, le professeur Chakib Tazi, a rappelé que cette journée s'inscrit pleinement dans la vision du laboratoire : croiser les disciplines, analyser les méthodes, et refuser les lectures trop simples. Étudier le parcours de Monssef Sedki Alaoui, c'est explorer les liens entre littérature, arts visuels, linguistique et didactique de la création, à une époque où les frontières entre les disciplines s'effacent de plus en plus. Il a insisté sur le rôle de l'université : un lieu où naissent de nouvelles idées, où se forge la pensée critique, et où se forme un étudiant créatif, capable de naviguer dans une société du savoir en pleine mutation.
 
Un moment d'émotion pour l'invité d'honneur
 
Visiblement ému, le professeur Monssef Sedki Alaoui, invité d'honneur de la rencontre, a confié avoir vécu cette journée comme une vraie reconnaissance, à la fois intellectuelle et humaine. Touché par l'intérêt porté à son travail artistique, poétique et scientifique, il a salué l'engagement des chercheurs et des étudiants dans cette réflexion riche et variée. Pour lui, l'art et la littérature ne sont pas de simples ornements, mais des outils essentiels pour comprendre notre monde, marqué par la diversité des médias. Il voit dans cette initiative un vrai tournant pour l'université marocaine, désormais pleinement intégrée dans les courants internationaux de la recherche, où l'art et la littérature jouent un rôle central dans la formation des chercheurs créatifs.
 
Quatre panels, une journée bien remplie

La séance d'ouverture, présidée par Mustapha Ijjaali, a été animée avec brio par la professeure Asmae Senhaji, dont la gestion fluide et rigoureuse des échanges a donné le ton d'une journée à la fois exigeante et conviviale. Le coordinateur de la journée, le professeur Hicham Belhaj, a précisé que cette rencontre n'était pas qu'un hommage : c'est un vrai travail scientifique qui vise à explorer l'œuvre de Monssef Sedki Alaoui sous différents angles — esthétique, mémoire des lieux, spiritualité, regard social.

Les quatre panels ont proposé une lecture très riche de cette œuvre, en mobilisant la sémiotique, la sociologie de l'art, la philosophie, la didactique et l'histoire culturelle. On a parlé d'intermédialité, de transmodalité, d'Essaouira comme carrefour de civilisations, de l'art comme chemin spirituel et outil de résilience. La présence nombreuse et attentive des étudiants de master et des doctorants a donné à cette journée une vraie dimension pédagogique, confirmant ce que le président de l'université avait souligné dès le début : des jeunes qui choisissent la recherche, même un samedi sous la pluie.
 
Une université qui fait de l'art un objet de pensée
 
Au-delà de l'événement lui-même, cette journée d'étude a montré que l'université marocaine peut être un lieu où l'art n'est ni marginal ni simplement décoratif, mais un véritable objet de réflexion scientifique. A Fès, le dialogue entre poésie et peinture s'est imposé comme une façon d'interroger le monde d'aujourd'hui, ses transformations et ses possibilités. De nouvelles pistes de recherche, de création et de transmission se dessinent, bien au-delà des murs de la salle Al Quaraouiyine.

Dans cette rencontre chaleureuse, portée par la force des idées et l'enthousiasme des présents, malgré le froid et la pluie dehors, l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah a prouvé une chose simple mais essentielle : la pensée n'a pas de saison... et l'art, quand on le prend au sérieux, devient un lieu de sens et un laboratoire d'avenir.

Par Hajar Karim El Alaoui

Hajar Karim El Alaoui

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