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La 76e Berlinale a décerné l'Ours d'or à "Yellow Letters" du réalisateur allemand Ilker Catak, un film sur l'autoritarisme et la censure des artistes, en clôture d'un festival particulièrement agité par des polémiques politiques et la guerre à Gaza.
"Beaucoup de personnes sont arrivées en portant avec elles beaucoup de chagrin et de colère, ainsi qu'un certain sentiment d'urgence face au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", a entamé la directrice du festival Tricia Tuttle lors de la cérémonie de clôture.
"La Berlinale a été émotionnellement chargée", a-t-elle reconnu, visiblement émue, après des jours de polémique et d'accusation de censure visant la Berlinale, festival à la tradition très politique.
Le jury, présidé par le réalisateur allemand Wim Wenders, a finalement décidé de récompenser un film tourné en Allemagne, en langue turque. Les scènes censées se passer à Ankara et Istanbul ont été tournées à Berlin et Hambourg.
Il raconte le destin d'un metteur en scène turc et de sa femme actrice, soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.
Lors de la remise du prix, le producteur du film, l'Allemand Ingo Fliess, a tenu à rappeler une scène du film dans laquelle artistes et intellectuels poussés à bout se disputent.
Apaisement
"Ça m'a rappelé ces derniers jours à la Berlinale. Des réalisateurs contre d'autres réalisateurs, des artistes contre des créatifs (...). Nous sommes alliés", a-t-il insisté, appelant à concentrer les attaques sur les vrais ennemis: "Les autocrates, les partis de droite, les nihilistes de notre temps".
Le festival a notamment été accusé par certains artistes de censurer ceux "qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza".
Le président du jury Wim Wenders, cible d'attaques pour avoir dit que le cinéma devait "rester en dehors de la politique", a tenté d'apaiser la situation.
"Le langage du cinéma est empathique. Le langage des réseaux sociaux est efficace", a relevé le réalisateur allemand, saluant l'ardeur militante des activistes. "Vous faites un travail courageux et nécessaire. Mais est-ce que cela doit être une compétition ?", a-t-il interrogé.
Un peu plus tôt dans la cérémonie, le réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib, récompensé pour son film "Chronicles from the Siege" dans une catégorie parallèle du festival, a porté une parole offensive, accusant le gouvernement allemand d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël".
Ses propos ont été accueillis par des cris de soutien, mais aussi de réprobation, signe des tensions qui ont traversé la Berlinale cette année.
"Pas seuls"
Egalement récompensé du grand prix du jury - équivalent de la 2e place - pour son film "Salvation", le réalisateur turc Emin Alper a lu un message de solidarité pour "les Palestiniens à Gaza", "le peuple d'Iran qui souffre sous la tyrannie" mais aussi "les Kurdes au Rojava".
"Vous n'êtes pas seuls", a-t-il aussi lancé à l'adresse des opposants politiques turcs emprisonnés, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
Son film, inspiré d'une histoire vraie, raconte la descente vers la violence d'un village reculé de Turquie, confronté au clan d'un village voisin.
Le jury de la Berlinale a aussi choisi de récompenser l'actrice allemande Sandra Hüller d'un Ours d'argent de la meilleure interprétation (prix hommes et femmes confondus) pour sa performance dans "Rose", de Markus Schleinzer.
Dans ce drame en noir et blanc, elle incarne une femme se faisant passer pour un homme dans une petite communauté rurale de l'Allemagne du 17e sicèle, afin d'échapper au patriarcat.
Un autre film a particulièrement plu au jury puisqu'il a été distingué deux fois. "Queen at Sea", de l'Américain Lance Hammer, a notamment reçu le prix du jury.
Ce film avec Juliette Binoche raconte les ravages d'Alzheimer sur les proches des personnes atteintes de cette maladie. Anna Calder-Marshall, qui joue à 79 ans une dame atteinte de démence, et son partenaire à l'écran Tom Courtenay, 88 ans, ont conjointement reçu l'Ours d'argent du meilleur second rôle.
"Beaucoup de personnes sont arrivées en portant avec elles beaucoup de chagrin et de colère, ainsi qu'un certain sentiment d'urgence face au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", a entamé la directrice du festival Tricia Tuttle lors de la cérémonie de clôture.
"La Berlinale a été émotionnellement chargée", a-t-elle reconnu, visiblement émue, après des jours de polémique et d'accusation de censure visant la Berlinale, festival à la tradition très politique.
Le jury, présidé par le réalisateur allemand Wim Wenders, a finalement décidé de récompenser un film tourné en Allemagne, en langue turque. Les scènes censées se passer à Ankara et Istanbul ont été tournées à Berlin et Hambourg.
Il raconte le destin d'un metteur en scène turc et de sa femme actrice, soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.
Lors de la remise du prix, le producteur du film, l'Allemand Ingo Fliess, a tenu à rappeler une scène du film dans laquelle artistes et intellectuels poussés à bout se disputent.
Apaisement
"Ça m'a rappelé ces derniers jours à la Berlinale. Des réalisateurs contre d'autres réalisateurs, des artistes contre des créatifs (...). Nous sommes alliés", a-t-il insisté, appelant à concentrer les attaques sur les vrais ennemis: "Les autocrates, les partis de droite, les nihilistes de notre temps".
Le festival a notamment été accusé par certains artistes de censurer ceux "qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza".
Le président du jury Wim Wenders, cible d'attaques pour avoir dit que le cinéma devait "rester en dehors de la politique", a tenté d'apaiser la situation.
"Le langage du cinéma est empathique. Le langage des réseaux sociaux est efficace", a relevé le réalisateur allemand, saluant l'ardeur militante des activistes. "Vous faites un travail courageux et nécessaire. Mais est-ce que cela doit être une compétition ?", a-t-il interrogé.
Un peu plus tôt dans la cérémonie, le réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib, récompensé pour son film "Chronicles from the Siege" dans une catégorie parallèle du festival, a porté une parole offensive, accusant le gouvernement allemand d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël".
Ses propos ont été accueillis par des cris de soutien, mais aussi de réprobation, signe des tensions qui ont traversé la Berlinale cette année.
"Pas seuls"
Egalement récompensé du grand prix du jury - équivalent de la 2e place - pour son film "Salvation", le réalisateur turc Emin Alper a lu un message de solidarité pour "les Palestiniens à Gaza", "le peuple d'Iran qui souffre sous la tyrannie" mais aussi "les Kurdes au Rojava".
"Vous n'êtes pas seuls", a-t-il aussi lancé à l'adresse des opposants politiques turcs emprisonnés, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
Son film, inspiré d'une histoire vraie, raconte la descente vers la violence d'un village reculé de Turquie, confronté au clan d'un village voisin.
Le jury de la Berlinale a aussi choisi de récompenser l'actrice allemande Sandra Hüller d'un Ours d'argent de la meilleure interprétation (prix hommes et femmes confondus) pour sa performance dans "Rose", de Markus Schleinzer.
Dans ce drame en noir et blanc, elle incarne une femme se faisant passer pour un homme dans une petite communauté rurale de l'Allemagne du 17e sicèle, afin d'échapper au patriarcat.
Un autre film a particulièrement plu au jury puisqu'il a été distingué deux fois. "Queen at Sea", de l'Américain Lance Hammer, a notamment reçu le prix du jury.
Ce film avec Juliette Binoche raconte les ravages d'Alzheimer sur les proches des personnes atteintes de cette maladie. Anna Calder-Marshall, qui joue à 79 ans une dame atteinte de démence, et son partenaire à l'écran Tom Courtenay, 88 ans, ont conjointement reçu l'Ours d'argent du meilleur second rôle.
Bouillon de culture
Concert
Le Palais Bahia de Marrakech abritera, ce mercredi, un concert intitulé "Jnan Al Andalous", interprété par l’ensemble de musique soufie de Hamid Ajbar, dans le cadre du programme "Noches de Ramadan" organisé par l'Institut Cervantes.
Le spectacle propose un voyage spirituel à travers le patrimoine de la poésie soufie, puisant dans des qasidas et "mouachahates" de figures emblématiques telles que Ibn Arabi, Rabia al-Adawiyya, Muhammad ibn Ali al-Shushtari, Abdeslam Al-Harraq et Al-Busiri, tout en incarnant une vision artistique mêlant authenticité et renouveau, dans un itinéraire musical allant des jardins de Cordoue et de Grenade aux sphères spirituelles de Damas.
Originaire de Chefchaouen et installé à Grenade, Hamid Ajbar figure parmi les voix majeures de la scène soufie contemporaine, fort d’un parcours international riche en collaborations.
Le programme "Noches du Ramadan", organisé en partenariat avec l’ambassade d’Espagne à Rabat et le réseau des Instituts Cervantes au Maroc, avec le soutien de la Direction régionale du ministère de la Culture de Marrakech-Safi et de l’administration du Palais Bahia, vise à mettre en valeur la richesse des musiques spirituelles et andalouses ainsi que celle des "trois cultures", tout en renforçant le dialogue culturel entre le Maroc et l’Espagne.
Exposition
L’Institut français de Marrakech accueille, jusqu’au 26 mars prochain, l’exposition "Regards croisés - Parures de la femme amazighe", à l’initiative de l’association "Notre langue citoyenne" (We Speak Citizen) et de la Maison du patrimoine oral "Tigmi N Wawal".
L’exposition met en lumière les tenues et bijoux traditionnels de la femme amazighe, rendant hommage aux artisans et gardiens des savoir-faire transmis de génération en génération.
Elle présente une sélection de photographies d’Ilham Fouad et des illustrations de Kami, reflétant la diversité des tribus rencontrées lors de la résidence artistique, notamment les Aït Ouazguit, Aït Atta, Ida Ousemlal et Ida Ounidif.
Les œuvres exposées saisissent l’intensité des émotions et les gestes des artisanes, tout en révélant l’esthétique des vêtements et accessoires traditionnels ayant traversé le temps.
Incarnant un patrimoine vivant, chaque pièce de cette exposition met en lumière le rôle central de la femme amazighe dans la préservation de ce savoir-faire ancestral.
Le Palais Bahia de Marrakech abritera, ce mercredi, un concert intitulé "Jnan Al Andalous", interprété par l’ensemble de musique soufie de Hamid Ajbar, dans le cadre du programme "Noches de Ramadan" organisé par l'Institut Cervantes.
Le spectacle propose un voyage spirituel à travers le patrimoine de la poésie soufie, puisant dans des qasidas et "mouachahates" de figures emblématiques telles que Ibn Arabi, Rabia al-Adawiyya, Muhammad ibn Ali al-Shushtari, Abdeslam Al-Harraq et Al-Busiri, tout en incarnant une vision artistique mêlant authenticité et renouveau, dans un itinéraire musical allant des jardins de Cordoue et de Grenade aux sphères spirituelles de Damas.
Originaire de Chefchaouen et installé à Grenade, Hamid Ajbar figure parmi les voix majeures de la scène soufie contemporaine, fort d’un parcours international riche en collaborations.
Le programme "Noches du Ramadan", organisé en partenariat avec l’ambassade d’Espagne à Rabat et le réseau des Instituts Cervantes au Maroc, avec le soutien de la Direction régionale du ministère de la Culture de Marrakech-Safi et de l’administration du Palais Bahia, vise à mettre en valeur la richesse des musiques spirituelles et andalouses ainsi que celle des "trois cultures", tout en renforçant le dialogue culturel entre le Maroc et l’Espagne.
Exposition
L’Institut français de Marrakech accueille, jusqu’au 26 mars prochain, l’exposition "Regards croisés - Parures de la femme amazighe", à l’initiative de l’association "Notre langue citoyenne" (We Speak Citizen) et de la Maison du patrimoine oral "Tigmi N Wawal".
L’exposition met en lumière les tenues et bijoux traditionnels de la femme amazighe, rendant hommage aux artisans et gardiens des savoir-faire transmis de génération en génération.
Elle présente une sélection de photographies d’Ilham Fouad et des illustrations de Kami, reflétant la diversité des tribus rencontrées lors de la résidence artistique, notamment les Aït Ouazguit, Aït Atta, Ida Ousemlal et Ida Ounidif.
Les œuvres exposées saisissent l’intensité des émotions et les gestes des artisanes, tout en révélant l’esthétique des vêtements et accessoires traditionnels ayant traversé le temps.
Incarnant un patrimoine vivant, chaque pièce de cette exposition met en lumière le rôle central de la femme amazighe dans la préservation de ce savoir-faire ancestral.








A l’European Film Market, le Maroc ouvre la voie au cinéma africain

