Venue de Niamey à M’hamid El Ghizlane, la troupe musicale nigérienne Toumastine a marqué de son empreinte la 21e édition du Festival international des nomades, organisée récemment dans cette commune rurale de la province de Zagora, en proposant une expérience artistique et culturelle singulière qui reflète l'identité et les préoccupations des nomades.
Le groupe se présente comme un porte-étendard de l’identité touareg, un peuple amazigh nomade présent dans les vastes régions sahariennes de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, principalement au Niger, au Mali et en Libye.
Toumastine est formé de cinq copains issus de régions et de tribus différentes, allant de Tombouctou au Mali jusqu’à Agadez au Niger, qui composent et chantent des morceaux dans leur langue propre, le "tamasheq". Les jeunes artistes ont uni leurs voix et leur passion commune pour la musique pour servir leur héritage culturel touareg.
Les débuts ont été modestes, le groupe fraîchement constitué étant incapable de se procurer des instruments de musique professionnels. Tenaces et créatifs, les cinq amis ont vite trouvé la solution, en transformant les câbles d’embrayage des voitures en cordes de guitare et un thermos en instrument de percussion. C’est ainsi qu’ils ont réussi à concrétiser leur rêve en sortant leur premier album en 2018.
Dans une déclaration à la MAP, Hassan Chaïbou Nari, manager du groupe, explique que Toumastine est une expérience enracinée dans le patrimoine qui s'inspire des artistes touaregs et internationaux tels que Tamikrest, Bombino, Carlos Santana et Bob Marley. Une belle symphonie où les sonorités apaisantes de la musique touareg se mêlent aux rythmes énergiques du rock.
Selon Hassan, l'objectif premier de la formation influencée par le blues africain était de proposer une expérience créative qui célèbre le patrimoine local, d'où le nom "Toumastine" qui signifie "ma culture" en langue tamasheq.
Revenant sur les débuts de cette aventure artistique, le musicien précise que le groupe a été créé à Niamey en 2014 par des jeunes liés par une forte amitié et un ferme attachement à la culture nomade. La musique du groupe, porteuse d'un message de paix et de sérénité, consacre une vision à la fois humaine et nuancée du monde touareg, soutient Hassan.
Leur premier album "Tahnafet" a pour thème le vaste désert, tandis que le deuxième intitulé "Assouf" tourne autour du sentiment de nostalgie, un thème central dans l’expérience nomade, fait-il savoir.
Concernant le choix de chanter en tamasheq, Zouhair Aroudaïni, membre du groupe, indique à la MAP que la musique est un langage universel qui dépasse les frontières linguistiques et géographiques, affirmant que la langue n’a jamais constitué un obstacle pour le public international qui, "dès qu’il est touché par notre musique, cherche à comprendre le sens de ce que nous chantons".
A propos de la place de l’environnement désertique dans leur œuvre, le jeune artiste explique que le Sahara a profondément façonné leur vision artistique et humaine, ajoutant que, plus qu'un espace géographique, le Sahara est une muse. "Notre art éclot dans le vaste désert. L'inspiration ne naît pas entre quatre murs", assure-t-il.
Par ailleurs, Zouhair exprime sa crainte de voir la culture nomade disparaître progressivement avec le changement du mode de vie des nomades dont beaucoup se sont sédentarisés. Cette transformation, signale-t-il, engendre un sentiment d’inquiétude chez la nouvelle génération, élevée dans la tradition du nomadisme comme ses ancêtres, mais confrontée à une réalité différente qui impose de repenser le sens de l’appartenance et les modes de vie.
En tant que nomades, les Touaregs ne reconnaissent pas les frontières géographiques et sont présents dans plusieurs zones désertiques de la région, note Hassan, affirmant être fier de sa patrie qui incarne "un héritage et des racines auxquels on ne peut renoncer", même pour des gens qui se déplacent constamment.
Concernant son séjour au Maroc, l’artiste indique que le Royaume représente pour lui une seconde patrie, soulignant que lesliens humains sont plus forts que les frontières géographiques.
La 21ème édition du Festival international des nomades a eu lieu du 3 au 5 avril à M'hamid El Ghizlane sous le thème "Un héritage vivant, une édition tournée vers l’avenir".
Par Bilal Joufi (MAP)
Le groupe se présente comme un porte-étendard de l’identité touareg, un peuple amazigh nomade présent dans les vastes régions sahariennes de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, principalement au Niger, au Mali et en Libye.
Toumastine est formé de cinq copains issus de régions et de tribus différentes, allant de Tombouctou au Mali jusqu’à Agadez au Niger, qui composent et chantent des morceaux dans leur langue propre, le "tamasheq". Les jeunes artistes ont uni leurs voix et leur passion commune pour la musique pour servir leur héritage culturel touareg.
Les débuts ont été modestes, le groupe fraîchement constitué étant incapable de se procurer des instruments de musique professionnels. Tenaces et créatifs, les cinq amis ont vite trouvé la solution, en transformant les câbles d’embrayage des voitures en cordes de guitare et un thermos en instrument de percussion. C’est ainsi qu’ils ont réussi à concrétiser leur rêve en sortant leur premier album en 2018.
Dans une déclaration à la MAP, Hassan Chaïbou Nari, manager du groupe, explique que Toumastine est une expérience enracinée dans le patrimoine qui s'inspire des artistes touaregs et internationaux tels que Tamikrest, Bombino, Carlos Santana et Bob Marley. Une belle symphonie où les sonorités apaisantes de la musique touareg se mêlent aux rythmes énergiques du rock.
Selon Hassan, l'objectif premier de la formation influencée par le blues africain était de proposer une expérience créative qui célèbre le patrimoine local, d'où le nom "Toumastine" qui signifie "ma culture" en langue tamasheq.
Revenant sur les débuts de cette aventure artistique, le musicien précise que le groupe a été créé à Niamey en 2014 par des jeunes liés par une forte amitié et un ferme attachement à la culture nomade. La musique du groupe, porteuse d'un message de paix et de sérénité, consacre une vision à la fois humaine et nuancée du monde touareg, soutient Hassan.
Leur premier album "Tahnafet" a pour thème le vaste désert, tandis que le deuxième intitulé "Assouf" tourne autour du sentiment de nostalgie, un thème central dans l’expérience nomade, fait-il savoir.
Concernant le choix de chanter en tamasheq, Zouhair Aroudaïni, membre du groupe, indique à la MAP que la musique est un langage universel qui dépasse les frontières linguistiques et géographiques, affirmant que la langue n’a jamais constitué un obstacle pour le public international qui, "dès qu’il est touché par notre musique, cherche à comprendre le sens de ce que nous chantons".
A propos de la place de l’environnement désertique dans leur œuvre, le jeune artiste explique que le Sahara a profondément façonné leur vision artistique et humaine, ajoutant que, plus qu'un espace géographique, le Sahara est une muse. "Notre art éclot dans le vaste désert. L'inspiration ne naît pas entre quatre murs", assure-t-il.
Par ailleurs, Zouhair exprime sa crainte de voir la culture nomade disparaître progressivement avec le changement du mode de vie des nomades dont beaucoup se sont sédentarisés. Cette transformation, signale-t-il, engendre un sentiment d’inquiétude chez la nouvelle génération, élevée dans la tradition du nomadisme comme ses ancêtres, mais confrontée à une réalité différente qui impose de repenser le sens de l’appartenance et les modes de vie.
En tant que nomades, les Touaregs ne reconnaissent pas les frontières géographiques et sont présents dans plusieurs zones désertiques de la région, note Hassan, affirmant être fier de sa patrie qui incarne "un héritage et des racines auxquels on ne peut renoncer", même pour des gens qui se déplacent constamment.
Concernant son séjour au Maroc, l’artiste indique que le Royaume représente pour lui une seconde patrie, soulignant que lesliens humains sont plus forts que les frontières géographiques.
La 21ème édition du Festival international des nomades a eu lieu du 3 au 5 avril à M'hamid El Ghizlane sous le thème "Un héritage vivant, une édition tournée vers l’avenir".
Par Bilal Joufi (MAP)









Oujda à l’heure du Festival de la musique gharnatie

