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Une victoire au rabais : Un Onze national sans l’art ni la manière

Une victoire dans la douleur pour les protégés de Hervé Renard




Le Onze national doit s’estimer heureux et chanceux d’avoir gagné son match contre les Iles Comores par 1 à 0, rencontre disputée samedi au Complexe sportif Mohammed V à Casablanca et comptant pour la 3ème journée, groupe B, des éliminatoires de la CAN 2019 dont les phases finales sont prévues l’été prochain au Cameroun.
Une victoire dans la douleur pour les protégés de Hervé Renard qui ont beaucoup peiné avant de s’offrir un Petit Poucet du football continental. Après avoir manqué lamentablement de nombreuses occasions, ils ont dû attendre les extra-times (90+6) pour débloquer une situation «inattendue» sur penalty transformé par Fayçal Fajr, après qu’Achraf Hakimi fut fauché en pleine surface de réparation.
Tout le monde s’accordait à dire que ce serait tâche aisée pour l’EN face à une sélection comorienne qui, sur le papier, ne faisait aucunement le poids. Même les forfaits de certains cadres de la trempe de Hakim Ziyech et Younès Belhanda n’étaient pas faits pour susciter de l’inquiétude et l’on s’attendait déjà à une partie scellée sur un score confortable. Sauf que la réalité du terrain s’est avérée tout autre, d’autant plus que l’équipe alignée avait du mal à développer son jeu, surtout avec la présence d’éléments qui manquent terriblement de compétition, à l’instar de Mbark Boussoufa qui n’a plus joué depuis la Coupe du monde en juin dernier, Nabil Dirar, éloigné de son club de Besiktas depuis août ou encore Roman Saïss qui compte zéro minute de jeu avec Wolverhampton.
Une équipe complètement à côté de la plaque et un sélectionneur qui, apparemment, s’est emmêlé les pinceaux en alignant trois attaquants de pointe, En-Nesyri, El Kaabi et Azarou qui se marchaient sur les pieds. L’adversaire a trouvé son compte et était tout près de décrocher un résultat que les parieurs avisés n’auraient pas imaginé. 
Sauf qu’en Afrique, l’arbitrage maison reste de mise. Cela ne veut pas dire que le penalty sifflé en faveur du Maroc n’existait pas. Un tir au but valable en dépit des vives protestations des Comoriens lésés au préalable par quelques décisions de l’arbitre mauritanien Bouchaab Lemghaifry qui aurait pu leur accorder non pas un petit quelque chose mais un penalty suite à une charge de Dacosta sur l’attaquant des Iles Comores (76è mn). 
Un match qui devrait servir de leçon pour cette équipe du Maroc qui se voit plus forte que ce qu’elle est réellement, n’en déplaise au président de la FRMF, Fouzi Lekjaâ, qui parle de consécration africaine alors qu’il y a encore trois autres matches à disputer lors de cette phase éliminatoire. Fort heureusement que le Onze national est tombé dans un groupe renfermant le Cameroun, pays hôte déjà qualifié, le Malawi et les Comores, deux formations sans chance aucune de faire partie de la messe continentale.
Après trois actes, l’EN est deuxième du classement avec 6 points, derrière le Cameroun (7 pts) qui a battu, samedi à Yaoundé, le Malawi par 1 à 0. 
A noter que le Onze national s’est envolé à bord d’un avion spécial pour la capitale Moroni en vue d’affronter ce mardi à 13 heures cette même sélection des Comores pour le compte de la 4ème manche des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations. Cette rencontre, qui aura pour cadre le stade Said Mohamed Cheikh à Mitsamiouli, sera sifflée par un trio d’arbitrage kényan conduit par Davies Ogenche Omweno, secondé par Gilbert Cheruiyot et Tony Kidiya.  

Déclarations des entraîneurs

Hervé Renard 
Sélectionneur du Maroc 


«L’équipe a manqué de beaucoup de créativité et, dans ce registre, l’entraîneur est le premier fautif. Mais au moins, elle a su bien défendre en deuxième mi-temps sur les contres quand elle risquait d’être crucifiée. 
Elle a aussi joué trop long démontrant une forme d’impuissance. Cependant, le groupe a eu la force de croire jusqu’au bout grâce au public qui a été le meilleur ce soir tout comme l’équipe des Comores.
Le Onze national a aussi manqué de solutions, de mobilité et de coordination entre les lignes et le manque d’inspiration a été criant face à une sélection qui a montré que toutes les équipes sont difficiles à jouer.
 «Les Comoriens, une très bonne et solide formation, ont fait montre d’abnégation, de rigueur tactique et ont confirmé qu’ils sont loin d’être une équipe médiocre.
C’était un match pénible, du genre qui fait du bien des fois, mais ça aurait été plus mal et les trois points restent l’essentiel».

Amir Abdou 
Sélectionneur des Comores


Ce résultat laisse un sentiment d’injustice et nous sommes très déçus de ce qui s’est passé dans les dernières minutes.
Les joueurs comoriens ont réalisé un très grand travail, produit une prestation relevée mais prendre un but dans les dernières minutes, c’est difficile d’accepter.
MAP

Mohamed Bouarab
Lundi 15 Octobre 2018

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