Une fresque chorégraphique entre transe, rituel et quête de libération

"La Terre en transe" de Taoufiq Izeddiou

Lundi 2 Mars 2026

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Le spectacle de danse contemporaine "La Terre en transe" du chorégraphe marocain Taoufiq Izeddiou a été présenté, vendredi soir au Centre Kan Ya Makan Rdda à Fès Jdid, dans le cadre de la 20è édition des Nuits du Ramadan, offrant au public une expérience chorégraphique immersive et cathartique, où les corps, les sons et les rythmes s’entrelacent dans une même pulsation collective.
 
Organisée en partenariat avec le Centre Kan Ya Makan Rdda et l’Institut Français à Fès, cette création s’inscrivant dans le cadre d’une tournée nationale reliant Tanger, Fès, Kénitra, Rabat, Casablanca et Marrakech, met en scène neuf danseurs et trois musiciens dans un rituel scénique intense, mêlant beats technos et percussions rituelles, où le mouvement devient un langage de résistance et d’émancipation.
 
Dans une déclaration à la MAP, Taoufiq Izeddiou, chorégraphe et concepteur de la pièce, a indiqué que "La Terre en Transe" constitue le troisième et dernier volet de la trilogie "Le Monde est en Transe", rappelant que le public avait découvert, il y a trois ans dans ce même espace, le premier opus "Hmadcha", suivi de "Hors du Monde", avant de présenter à Fès l’épisode final qui vient clore cette trilogie.
 
Il a précisé que cette création réunit neuf danseurs et trois musiciens, avec un important travail sonore et lumineux dans une scénographie immersive évoquant une vague enveloppante, notant que la pièce explore les notions de transe, de lâcher-prise et d’épuisement du corps par la danse, tout en interrogeant la dimension spirituelle et les mouvements en spirale, ainsi que ce qui semble aujourd’hui manquer à notre monde.
 
Née au lendemain du confinement, cette œuvre se veut, selon son concepteur, une réponse viscérale à la "folie du monde", proposant un espace de respiration et un remède dansé invitant le public à se reconnecter à soi et aux autres à travers le son, le souffle et le mouvement.
 
Portée par des mouvements tantôt chaotiques, tantôt circulaires, la chorégraphie convoque la transe comme un état de dépassement et de dépouillement, rapprochant les corps d’un rituel quasi sacré où l’épuisement devient purification et où la répétition gestuelle ouvre un espace de communion, entre spiritualité, mémoire collective et quête d’absolu.
 
De son côté, la Consule générale de France à Fès et directrice déléguée de l’Institut français à Fès, Carine Foeller-Viallon, a indiqué que la soirée est consacrée à la présentation du spectacle de danse contemporaine "La Terre en Transe" du chorégraphe Taoufiq Izeddiou, se disant "convaincue" que cette création saura séduire le public fassi.
 
Elle a souligné que l’Institut français demeure fortement mobilisé à Fès durant toute la période du Ramadan à travers une programmation culturelle diversifiée, rappelant l’organisation récente d’un ciné-concert au Centre des Etoiles de la Médina mêlant cinéma muet et musique, avec une séquence retraçant la Médina de Fès entre 1912 et 1925 qui a suscité un vif intérêt du public.
 
La diplomate a ajouté que la programmation se poursuivra cette semaine avec de la danse contemporaine puis de la musique du monde, relevant que l’activité culturelle s’intensifie durant le mois sacré afin d’animer les soirées et d’offrir au public une offre variée, incluant également des débats à la médiathèque, dans l’objectif de dynamiser la vie culturelle de la ville.

Libé
Lundi 2 Mars 2026
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